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Les marchandes de poissons.

Claverine est la marchande de poissons qui crie « aou merlus ». Elle se rend à la gare pour aller chercher sa marchandise et ensuite s'en retourne cahin-caha, dans toutes les rues de Macau avec sa brouette pour vendre du poisson, un peu de glace dans le fond de la caisse. Le merlu que vend Claverine... quel régal ! et pourtant, cet excellent poisson arrive tout simplement par le train. Claverine s'en revient de la gare en longeant les rues et en criant « aou merlus », et aussi quand c'est la saison de l'alose Claverine crie : « aou coulac, aou coulac ! » (poisson, mâle de l'alose, d'une plus petite taille) ; elle criait aussi « aou l'esquire, aou l'esquire » (crevettes) ; il y avait aussi « qu'il sont beaux mes royans, qu'ils sont beaux mes royans, mes royans d'Arcachon » ! (grosses sardines). Les marchandes de poissons passent dans Macau avec leur brouette et vendent les poissons pêchés dans le fleuve, ou bien, comme Claverine, ceux qui arrivent de Bordeaux par le train, car ils ont été pêchés en mer. Pour que les dames sortent de leur maison, elles crient « poisson vivant ! » et citent le nom des poissons qu'elles ont à vendre. Mmes Anna Laborde et Marguerite Dupin possèdent quant à elle un petit magasin situé dans l'impasse de la rue Gambetta, avec un étal devant la porte où l’on voit souvent un arrivage de harengs. À la saison, elles vendent même des cèpes.

Le 29 floréal de l'an 2 (18 mai 1794), le conseil général et le conseil municipal se réunirent à la maison commune afin de débattre d'un problème qui intéressait toute la population de notre village. Les citoyens se plaignaient des prix pratiqués par les marchandes de poisson : ces dernières ne vendaient que des gattes, (poissons ressemblant à l'alose) à un prix égal, quels que soient leur taille et leur calibre. Dans les communes voisines, les plus belles prises telles que saumons, aloses et belles gattes de gros calibre étaient vendues au même tarif. Le conseil général prit donc la décision de faire vendre le poisson au poids (livre : ancienne unité de poids de valeur variable, à ne pas confondre avec l'ancienne monnaie « la livre ». La livre en tant que monnaie a été remplacée par le franc. Au Moyen-âge, la valeur d'une livre variait suivant les provinces entre 380 gr et 552 gr. La livre est une unité de masse divisée en « onces » tombée en désuétude dans de nombreux pays depuis l'adoption du système métrique. La livre, de nos jours est plus connue sous l'appellation de demi-kilogramme, ce mot est encore utilisé dans la pratique non officielle), les poissonnières, avant d'aller vendre leur marchandise dans les communes voisines, étant désormais obligées de les vendre sur la place marchande de Macau. Ceci permettrait à la population macaudaise d'acheter de beaux et bons poissons. Le conseil définit donc que le saumon devrait être vendu à 20 sous la livre, les aloses et gattes à 15 sous la livre. Si, par hasard, l'une des poissonnières était prise à vendre son poisson en dehors de la place marchande de Macau, elle serait condamnée à payer 50 livres d'amende, la moitié revenant aux pauvres de la commune, l'autre moitié restant disponible pour les besoins de la commune. Le 25 prairial de l'an 2 (13 juin 1794), en raison d'une très forte quantité de gattes pêchées, le citoyen Thomas demanda l'autorisation de baisser le prix de vente des dits poissons. Reconnaissant que la requête du citoyen Thomas était justifiée, le conseil décida de passer le prix de vente des gattes de 15 à 10 sous la livre. Si une poissonnière venait à passer outre cette décision, elle serait condamnée à une amende de 25 livres.

Une pensée de Macau, Marie-Christine Corbineau, Les Enrasigaïres, 2012, p.142.143.

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