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Le vétérinaire en 1926.

L'autre jour, Yves, le valet du château Cantemerle m'a parlé d'un besterinaire (vétérinaire) qu'il y avait autrefois à Macau. Il avait fait quelques études à Toulouse, mais pourtant il soignait ses bestiaux par routine. Il savait passer une main amicale sur les cornes des vaches et même des taureaux ainsi que sur les naseaux des chevaux. Il traversait allègrement, en évitant les bouses, les parcs pleins d'animaux. Point besoin de lui expliquer où était la malade, il y allait tout droit, « la fièvre du lait, a trop mignat » (la fièvre du lait, elle a trop mangé). Il allait alors à sa voiture chercher un petit instrument, muni d'aiguilles qu'il introduisait dans chaque tétine et il pompait, la mamelle se gonflait. Il fallait attendre un moment, il blaguait avec le vacher et sa femme. « Bas li quère quaouques patates, en ben réuchit à quessete anade, é tabé, bas quère lou can esse malaoud ii (va lui chercher des patates et aussi le chien il est malade). La vachère revient avec un grand sac de pommes de terre et le chien. Le vétérinaire le regarde, doucement il le couche avec son gros soulier. « Toun can a das piouses, bas lou labat embèque dé l'aïgue caoude é das saboun » (ton chien a des puces, tu vas le laver avec de l'eau chaude et du savon). Si vos bêtes sont malades, il faut faire venir le vétérinaire. Il faut choisir celui que n'a pas peur des animaux, il faudrait même qu'il les aime.

Une pensée de Macau, Marie-Christine Corbineau, Les Enrasigaïres, 2012, p.161.

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