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Le port et l’allée du port en 1926.

La vie économique du village a longtemps dépendu de l'activité du Port de Macau.

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Les pêcheurs de Macau font construire leur bateau dans les chantiers de marine de Bordeaux ou Lormont. M. Chaize, qui habite au « Marchand », construit également des bateaux pour les Macaudais. Sans plan, sans chiffre, se fiant uniquement au savoir ancestral transmis de génération en génération, c'est un charpentier de marine. Roi du chantier naval, ce charpentier a perdu progressivement ses prérogatives au cours du XVIIIème siècle.

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Pendant la Révolution, le samedi 26 février 1791, les membres du Conseil Municipal de Macau, ainsi que les membres des conseils municipaux de Ludon, du Pian et de Labarde, membres du canton de Macau, se réunirent pour débattre d'un problème qui intéressait tout le territoire du canton. Il concernait la réparation du port-peyrat et l'allée de Macau. Ces travaux étaient d'une nécessité absolue à l'intérêt commun pour tout le territoire, compte tenu du commerce et des besoins continuels de toutes ces paroisses. Tous furent d'accord, mais l'argent manquait. Il fut donc décidé que seule l'allée du port, qui commençait au mur du cimetière et qui arrivait au port-peyrat, serait restaurée pour l'instant. Le 14 messidor de l'an trois (2 juillet 1795), un agent maritime de Bordeaux se présenta devant le corps municipal pour demander la réquisition de tous les bateliers de Macau, afin qu'ils transportent du bois de « feu » ou de chauffage pour les besoins de la République. Tous les bateliers se portèrent volontaires pour prendre du bois au port de Soussans et le transporter à Bordeaux.

Les gabares ont tout transporté d'une rive à l'autre, d'un port à l'autre. En 1850, on ne pouvait effectuer les embarquements des marchandises qu'à certaines heures de la marée et seulement pour une ou deux embarcations à la fois. Aucun endroit sûr n'était réservé pour la conservation des denrées et marchandises avant enlèvement. Le conseil municipal a donc voté des travaux complémentaires pour améliorer la cale du port. L'espoir des bateliers et de toute la commune était d'obtenir, en moins d'une année, une cale pour le chargement simultané de quatre gabares et un quai pour recevoir deux ou trois cents barriques. À cette époque, le budget de la commune était consacré à la reconstruction de l'école, de la mairie et à la restauration intérieure de l'église. Tous les bateliers alors en activité, Guillaume Camus, Jeanty Camus, Pierre Camus, Pierre Eyrin, Maurice Cot et Bernard Barbouteau ont proposé de transporter gratuitement, avec leurs gabares les 100 mètres cubes de terre de remblai afin de permettre des économies à la commune, pour que l'agrandissement de la cale ait lieu, « et qu'en attendant l'utile, on ne soit pas plus longtemps privé de l'indispensable » ! En 1883, le port de Macau fut doté d'un poste de sauvetage. La municipalité de l'époque souhaitait inscrire le président de ce comité, M. Rigouleau au tableau des bienfaiteurs de la commune. En 1888, à l'occasion du passage sur la Garonne du Président de la République, Marie-François Sadi-Carnot, le port de Macau fut paré de ses plus beaux atours. On installa des mâts garnis d'oriflammes et de drapeaux.

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La grande maison en bordure du fleuve fut construite en 1865 et appartient à Mme Irène Terlé. Ancien hôtel-restaurant, il s'est appelé : Restaurant de la Marine, Restaurant du Port et en dernier lieu, Café Restaurant du Port. Les gabariers, les marins ou les gens de passage pouvaient s'y désaltérer et même y coucher. Il a fermé ses portes en 1919.livre-35

Les deux premiers bancs furent placés sur l'allée du port en 1902.

Emile, le tailleur de pierres doit être méticuleux et précis dans toutes les étapes de son travail. En effet, la précision requise lors de la taille de la pierre est de l'ordre du millimètre, c'est-à-dire de l'épaisseur du trait réalisé, à la pointe à tracer et au crayon. Dans l'idéal, le ciseau doit couper le trait en deux. Avec ces pierres, nous pouvons construire nos maisons et tous les bâtiments dont la communauté a besoin. Ce sont, en grande partie, des pierres qui arrivent par gabares des carrières de Bourg. Presque sur le port, il y a M. Milpied qui avec toutes les chutes de pierres fabrique de la chaux et nous la vend. En 1853, il y avait à Macau quatre maîtres maçons qui avaient tous un four à chaux. En 1896, avec l'autorisation de la municipalité, M. Jean Labatut a construit un autre four à chaux dans les dépendances de la maison de son beau père, M. Dutruch. En novembre 1909, la municipalité décida de la construction d'un édicule en ciment, au port, pour abriter les noyés repêchés dans le fleuve. C'est M. Louis Blays, maçon, mais aussi spécialiste dans l'art des constructions ou autres objets en ciment imitant le bois, qui construisit cette morgue, pour la somme de 256,87 francs.

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Le chemin du Tayet fut lui aussi construit par le biais d'une souscription recueillie auprès des propriétaires riverains. Le 26 juin 1870, le maire de l'époque, M. de La Vergne, annonça à son conseil que les travaux pouvaient commencer. Les propriétaires viticoles de cette voie étaient : Mme Veuve Grenier avec 15 tonneaux, M. Raymond, avec le cru « Noé » et ses 30 tonneaux et Mme Veuve Jules Rabet avec ses 15 tonneaux.

Au port de Macau et plus précisément dans la maison de M. Richoux, tonnelier de son état, les gens pouvaient prendre des douches ou des bains sulfureux. Il avait fabriqué des baignoires en bois et construit 12 cabines. L'eau arrivait de la Garonne par une canalisation et était filtrée afin d'avoir une eau claire. Pour ceux qui souhaitaient entretenir leur peau, Mme Richoux ajoutait du soufre dans l'eau du bain.

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En 1901, un puits fut aussi construit au port pour tous les habitants du quartier. L'eau potable est importante pour nous tous et la corvée d'eau est une tâche quotidienne des plus fastidieuses. Les puits ou les fontaines sont les lieux les plus fréquentés du village. Tous les 15 jours, une gabare arrive au port, pleine de farine, jonc et autres produits nécessaires à la population. Juste à côté de chez M. Eyrin, M. Coiffard est toujours présent dans son épicerie. Il y a aussi notre cordonnier à la « Villa Bottine » et M. Foster Rabet qui habite au bout du Chemin du Tayet, plus précisément à la « Villa Mortel ». Cette appellation n'est pas difficile à retenir tant c'est étrange et de plus, il a nommé son vin « Cru Mortel » !

Les gabariers transportaient toutes sortes de choses nécessaires aux habitants du Médoc, ainsi que du vin. On disait des gabarriers qu'à cette occasion, ils prélevaient « la Buffette » ! un genre de taxe directe prélevée dans la barrique !

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Sur un vieux registre du conseil municipal, on lit qu'en 1820 un employé fut embauché pour laver, tenir propre la cale du Peyrat, et veiller avec soin que rien, qui puisse contribuer à la dégrader, n'y soit déposé. Cette même personne était également, employée très utilement au soin des chemins et notamment à celui du port. Ce fut le premier cantonnier de la commune.

M. Rolland, une fois par semaine, brûle ou plutôt torréfie du café. Comme à son habitude, il doit être sous les marronniers de la place Duffour-Dubergier, devant son magasin. Cette odeur est très agréable et embaume une grande partie de la commune ! M. Eyrin qui habite là, au port de Macau, vend des produits servant aux travaux de la vigne : sulfate, soufre, carrassons, jonc, vîmes et fils de fer.

Texte et photographies extraits du livre :  Une pensée de Macau, Marie-Christine Corbineau, Les Enrasigaïres, 2012, p.23.28.

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