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Les commerçants de la place Carnot en 1926.

Beaucoup de commerces sont situés sur la place Carnot.

La boucherie est tenue par M. Perisse, qui fait aussi une tournée avec sa charrette et son cheval dans tous les lieux-dits de Macau et même sur les communes voisines.

Juste à côté, il y a M. Pic, le coiffeur. De l'autre côté de la place, avec son balcon et sa maison à étage, « la Coopérative du Sud-Ouest » qui est tenue par M. Guillaume Soum, que l'on appelle tous Louis, et son épouse. Comme M. Raymond, M. Soum possède une voiture et transporte les Macaudais vers Blanquefort ou Bordeaux.

Pour se désaltérer, il y aussi le café de M. et Mme Pevrau. Ce dernier est à l'angle de la place Carnot et de la rue du Général du Preuil. Dans la rue Thiers, il y a la forge de M. Pierre Joyeux et de son fils et la boulangerie de M. et Mme Escat. Auparavant, il y avait aussi une pâtisserie qui était tenue par M. Dejean et qui se trouvait rue du Général du Preuil, en remontant vers Labarde. M. Dejean est aussi le propriétaire de l'ancien relais de poste qui se trouve sur la place Carnot, à côté de la « Coop ». Pour mettre les chevaux à l'abri, leurs propriétaires les faisaient passer par la rue du Général du Preuil. Aujourd'hui, l'ancien relais de poste est loué à M. Darvan qui fabrique des barriques.

Dans ce même lieu, il y a quelques années, il y avait un café et une grande salle de bal, dans laquelle on dansait avec chapeaux hauts de forme et gants blancs. Les personnes qui y allaient danser étaient surnommées les « croumires ». Il y avait deux groupes de Macaudais : les « croumires » et les « culs blancs ». Ces derniers, moins aisés, se réunissaient dans la salle qui se trouve dans la rue du Général du Preuil, appartenant à M. et Mme Gaudry. C'est dans cette salle que s'organisent aujourd'hui les bals publics. Juste en face du café Gaudry, il y a le café de M. et Mme Cadre. Notre village compte plusieurs cafés et tous travaillent, personne ne se plaint !

Le 2 août 1914, l'ordre de mobilisation générale ayant été donné et la guerre étant imminente, le conseil municipal délibéra afin de prévoir le cas où les boulangers ne pourraient pas, pour une raison quelconque, pourvoir à la fourniture du pain nécessaire à la population. Il fut décidé que, si besoin était, la commune procéderait elle-même aux achats de farine ou de blé et ferait fabriquer le pain. Dans le cas où ces matières premières seraient remises aux boulangers, ce serait à titre d'avance, à charge pour ces derniers d'en rembourser le prix sur le montant de la vente du pain, lequel serait fourni aux seules familles habitant la commune. Le 23 août 1914, M. le maire Bascle avisa le conseil municipal du fait que les boulangers rencontraient des difficultés pour se procurer de la farine, tandis que leurs stocks étaient bientôt épuisés. Leurs fournisseurs les avaient prévenus que les minoteries étaient réquisitionnées et qu'ils ne pourraient leur livrer les quantités de farine demandées. M. le maire s'adressa alors à la préfecture et cette dernière permit à la commune de Macau d'obtenir 50 balles de 100 kilos de farine, à livrer dans les plus brefs délais. Cette livraison eut lieu dans les locaux de la mairie et les boulangers furent livrés au fur et à mesure de leurs besoins. La commune prit à sa charge les frais de livraison et la différence de prix dû à la hausse du coût de la farine, ceci afin que les boulangers n'augmentent pas le prix du pain vendu aux Macaudais. C'est par là aussi que sont nos boulangers. Les deux hautes cheminées des fournils des boulanger dominent le village et chaque soir leur filmée rougeoyante rassure les habitants. Dans la rue, on aime croiser les mitrons, André Duboscq pour Robert, et Louis, le mari de Lucie la blonde pour Escat, avec leurs habits enfarinés de la veille. La nuit est longue, procurer la farine, pétrir, travailler la pâte, faire les miches, enfourner. C'est à l'odeur que le maître boulanger arrêtait sa fournée. C'est du bon pain ! Le patron portait le pain dans chaque maison, ouvrait la porte et déposait la miche sur la table en ramassant ses sous. Le cheval connaissait les arrêts, il avançait tout seul. Le 7 août 1921, le conseil municipal dut prendre un arrêté quant au tarif du pain. Quatre élus furent choisis pour surveiller le poids et la qualité du pain fait par les boulangers macaudais. Ce même arrêté fixait à 1,10 franc le prix du kilo pour la vente du pain : 1 kg 500, 2 kg, 3 kg et au dessus.

Une pensée de Macau, Marie-Christine Corbineau, Les Enrasigaïres, 2012, p.97.109.

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