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Les sapeurs-pompiers.

Le corps des sapeurs-pompiers de Macau a été créé par arrêté de M. le préfet de la Gironde en date du 27 juin 1856. C'était alors une subdivision de corps de sapeurs pompiers qui dépendait de la Garde Nationale. Il était composé d'un sous lieutenant, deux sergents, quatre caporaux, dix huit sapeurs et un tambour. Cette création fut proposée par courrier à M. Alphonse Chadeuil, maire de Macau, par M. Alphonse Bertrand qui proposait ses services en indiquant qu'il avait avec lui plusieurs personnes portées de bonne volonté pour créer une compagnie de pompiers. Il offrait même le logement et l'entretien de la future pompe à incendie. Un sinistre survenu le 19 mai précédent, rue du Castéra (aujourd'hui rue Camille Godard) avait sans doute accéléré l'idée qu'avait déjà le Maire de créer un corps de sapeurs pompiers. M. Chadeuil, le maire, propose à M. le préfet de la Gironde, le 24 juin 1856, la nomination de M. Bertrand comme sous-lieutenant officier pour commander la subdivision de compagnie de sapeurs-pompiers de Macau. En suivant, le 27 juin 1856, M. le préfet prenait un arrêté nommant MM. Bertrand, David Jean et Fauché Étienne comme membres du conseil de recensement pour désigner les citoyens qui doivent faire partie de la subdivision. Le 3 août 1856, une lettre de la Préfecture arrive accompagnée du décret qui décide de la nomination de M. Bertrand comme sous-lieutenant pour commander la subdivision. Ce décret fut signé par Napoléon III à Plombières, lieu de villégiature de l'Empereur. Il fallut acheter une pompe à incendie. Pour ce faire, divers appels d'offres furent lancés et c'est la Maison Darasse à Paris qui fut retenue avec une offre de 1 300 francs. Les finances de la commune étant sans doute faibles, une souscription fut faite auprès de la population. À l'époque il y avait 1 547 habitants sur la commune et 146 ont participé. Outre M. Chadeuil, on retrouve des personnalités, comme MM. Duffour-Dubergier, Betge de Lagarde, propriétaire du château Cambon la Pelouse, qui fut aussi maire, Bailloud, curé de Macau. Les sommes versées allant de 1 franc à 100 francs, une somme de 1 889 francs fut récoltée, ce qui permit d'acheter la pompe, l'équipement pour la pompe et l'habillement pour les hommes. La pompe arriva à Bordeaux par la Compagnie des chemins de fer de « Paris à Orléans », le coût du transport fut de 20,70 francs.

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Entretemps, le recrutement des 18 sapeurs avait été effectué et un règlement de service établi. Le 9 mai 1857 il était attribué à la compagnie un armement de 20 fusils à silex de voltigeur. (fusil à silex de voltigeur : type d'arme utilisée à partir du XVIIème siècle. Le choc du silex contre la « batterie » engendre des étincelles qui s'enflamment et laisse partir la balle. Ce nom de voltigeur provient d'une compagnie créée en 1806 par l'Empereur Napoléon 1er. Ce modèle, plus court que les fusils courants, permet d'incorporer des recrues qui jusqu'alors, de par leur petite taille, échappaient à la conscription). En 1885, 1886 et 1887, on trouve ces armes toujours présentes au corps. Les dépenses pour leur entretien et celui de la pompe figurent au budget communal pour la somme de 25 francs, payée à M. Paucot. En 1860, il fut acheté un avant-train pour la pompe afin de permettre de la tirer avec un attelage et de transporter ses servants. Il fut détruit, il y a peu de temps. Le 12 mai 1861, lors du conseil municipal, le sieur Bertrand, sous-lieutenant des sapeurs-pompiers de Macau, s'engage vis-à-vis de la commune de Macau à lui faire le prêt pendant 10 ans sans intérêt d'une somme de 2 000 francs, remboursable par annuité de 200 francs, pour compléter l'habillement et l'équipement de la subdivision des sapeurs-pompiers. Tout en remerciant le sieur Bertrand de son offre, le conseil municipal décline cette aide. Le 9 mai 1863 il est évoqué en séance du conseil municipal des problèmes au sein de la subdivision, une première réorganisation est faite. Dans les années 1865 à 1870, M. Bertrand était adjoint et M. Rabet avait pris la direction du corps de Macau. En 1875, de nouveaux textes sortaient concernant les pompiers et une réorganisation s'imposait. Le 7 juillet 1887, M. le préfet écrivit à M. le maire pour lui rappeler qu'il n'avait pas pris les dispositions qui s'imposaient pour la réorganisation du corps et que faute de décision rapide, il considérait que le corps n'existait plus et qu'il était désarmé. La réorganisation s'est donc faite, ce fut la troisième en 24 ans d'existence.

Le 25 avril 1900, M. le maire indiqua à son conseil municipal qu'il serait temps de profiter de l'opportunité qu'il y avait à organiser définitivement la Compagnie des sapeurs-pompiers de Macau, surtout au point de vue des avantages accordés par l'État aux compagnies régulièrement constituées. Le conseil municipal fut tout à fait favorable à cette requête et vota à l'unanimité cette constitution. Le 14 novembre 1900, M. le préfet créa officiellement le corps des sapeurs-pompiers de Macau et c'est encore à cet arrêté que les sapeurs-pompiers font référence à ce jour. En 1902, le conseil municipal décida à la suite d'une demande du corps des sapeurs-pompiers l'achat d'effets d'habillement des hommes qui le composaient. Le conseil municipal à l'unanimité décida d'habiller complètement avec casque tous les sapeurs-pompiers de Macau. Cet achat fut fait à la maison « La Belle Jardinière», cours de l'Intendance à Bordeaux.

Lors de ces dernières années, Macau a subi quelques incendies qui restent dans nos mémoires ou racontés par nos parents. En 1860, la tuilerie de Macau pris feu, en 1903 c'était au château des Trois-Moulins, en 1905 un feu éclata dans les chais du château Monbrun à Cantenac au lieu-dit « lssan », ce fut spectaculaire et de mémoire, il paraît que les sapeurs-pompiers étaient dans un état assez alcoolisé ! En 1909, c'était au tour de l'atelier de charpente de M. Toubey, en 1919 au restaurant de M. Teyssonneau, en 1920 à la mercerie de Mme Tournier et en 1921 à la boulangerie de M. Robert, le tout sur Macau. En 1921, à la suite d'une imprudence, tout le massif forestier de Macau brûla en trois heures de temps. En 1923, c'est au tour d'une maison à Cantelaude et en 1925, tout dernièrement, c'est la maison de M. et Mme Bonnifait qui brûla.

Comme aujourd'hui encore, les sapeurs-pompiers étaient rassemblés au son de la cloche, (tocsin) et du clairon, ils tiraient la pompe en courant, l'alimentation en eau se faisait au puits le plus proche par une chaîne faite par les habitants avec des seaux en toile, parfois c'était un attelage de bœufs qui amenait l'eau avec des barriques ! La pompe pouvait être appelée dans les communes voisines ; la commune de Macau facturait alors les prestations. Les sapeurs-pompiers de Macau assuraient la protection de la tuilerie d'Arsac. Jusqu'à nos jours, le corps des sapeurs pompiers a eu six chefs de corps : MM. Bertrand, Rabet, Chopin, Rolland Saturnin, qui fut lieutenant ainsi que Blays Louis. Aujourd'hui [en 1926] et ce depuis 1924 c'est Bordes Henri, qui officie au grade de lieutenant.

Texte écrit par M. Roger Dulas, et photographie extraits du livre : Une pensée de Macau, Marie-Christine Corbineau, Les Enrasigaïres, 2012, p.50.53.

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