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L’historique de l’église.

C'est ici que se sont déroulés plusieurs actes importants de la commune, ainsi que tous les événements religieux de la plupart des familles. L'église, date du XIème siècle.

C'est Guillaume V (960-1030), comte d'Aquitaine et duc de Gascogne, dit Le Bon, ainsi que sa femme Aremberge, qui firent donation, au monastère de Sainte-Croix de Bordeaux, de la chapelle Sainte-Marie à Macau, avec l'île adjacente. Ce texte est extrait de la traduction d'un acte rédigé en latin se terminant comme suit : « Hec datio quippe facta est anno millesimo vigesimo septimo Incarnationis domini nostri Jesus Christi, assis/ente (assistentibus) monastiris in primi Sancti Crucis », traduction : Cette donation a été faite en l'an mille vingt sept de l'incarnation de Jésus-Christ Notre-Seigneur, aux moines de Sainte-Croix ».

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D'après l'Abbé Pierre Brun, dans son livre « Les églises de Gironde », (Bordeaux, éditions Delmas, 1957), notre église consistait, à la fin du premier millénaire, en une croix latine dont le clocher s'élevait à la croisée du transept, comme l'église du Pian-Médoc, dont le chevet était carré. Aujourd'hui, ce clocher représente le seul vestige de l'ancienne église romane.

Au XIIème siècle, Macau jouissait du droit de Sauveté. C'était une paroisse riche. Plus particulièrement dans le Médoc, les « sauvetés », souvent fondées par des maisons religieuses, étaient des territoires délimités par des croix dans lesquels les violences étaient interdites et la sécurité renforcée. La plus ancienne est très certainement Macau. Les villages fondés près des abbayes qui disposaient de reliques, jouissaient d'un prestige considérable. L'activité de son port était intense grâce au commerce du vin, des céréales, du bois.

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La générosité des habitants de Macau et leur ferveur chrétienne permirent de bâtir une nouvelle église. Par bonheur, on garda le clocher et comme le nouvel édifice ne fut pas rebâti à la même place, il se trouve placé à l'angle nord-est. Toujours en croix latine, avec abside semi-circulaire, sacristie à droite et clocher sur le bras gauche, telle était la nouvelle apparence de l'église de Macau d'après la description de 1846 de M. Pellet, membre de la commission des Monuments Historiques de la Gironde.

Au XVème siècle, la population du village s'accroît et l'église va suivre cette évolution ; des bas-côtés sont ajoutés, les murs de la nef et le portail sont refaits. Celui-ci, orné de dessins en relief, est caché par un porche en saillie d'au moins huit mètres, à toit aigu, recouvert de tuiles plates posées sur une charpente légère et élégante présentant de nombreux assemblages. Au début du règne du roi Louis XV, notre pays est ruiné. Le peuple n'a plus rien à manger, les hivers sont terribles et les paysans meurent de froid autant que de faim. Cependant, le rétablissement du pays entrepris par le roi « bien aimé », ainsi que la foi régnant dans les campagnes permettent de poursuivre l'embellissement de l'église paroissiale. Des fenêtres extérieures sont percées, on surmonte la façade d'un clocheton et l'abside circulaire fait place à une construction carrée. Le 26 mai 1793, le conseil municipal demanda au citoyen curé d'annoncer à la première messe qu'il y aurait une assemblée de paroisse pour le dimanche suivant à l'issue des vêpres. Cette assemblée avait pour but de faire savoir à la commune que le corps municipal n'avait rien à se reprocher et qu'il prouverait ses achats au vu des quittances.

Depuis toujours, l'église de Macau a été le lieu de rendez-vous, ou plutôt le lieu d'information, pour tous les habitants de la commune. C'est en 1847 que l'on constate un regain d'intérêt pour notre église. M. Brun, architecte bordelais, fut chargé de ces travaux : le porche fut détruit et remplacé par l'avancée existante. Les murs de la nef furent rehaussés d'environ 1,80 mètre. La charpente, dont les pannes reposaient sur des arcs transversaux formant pignons, fut refaite. M. Pierre Hostains, fils aîné, maître couvreur, demeurant sur la place de l'église, fit généreusement don à la commune de toute la main-d’œuvre pour la réfection de la toiture. Après quelques incidents lors de ces travaux, c'est en 1854 que le chantier repris : les deux avancées circulaires, conservées depuis le XIIème siècle, furent détruites (elles ne pouvaient supporter la construction des voûtes gothiques du sanctuaire). Inutiles à l'église déjà trop grande, les deux avant-corps des chapelles latérales furent également démolis. L'escalier extérieur du clocher, en mauvais état, fut détruit et reconstruit entre le mur du sanctuaire et le dit clocher.

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De manière à trouver une harmonie avec la façade, les murs et le toit des bas-côtés furent rehaussés. Des contreforts extérieurs furent ajoutés, destinés à épauler la charge des nouveaux murs. Les piliers initiaux furent complétés par des dosserets et arcs construits entièrement en pierre de Bourg, fine et dure, posée sur un léger lit de mortier fin, de chaux et de sable. Les moulures et les bas de piliers furent taillés avec le plus grand soin d'après des contre profils en zinc. Les chapiteaux Louis XV des bas-côtés et de la nef disparurent au cours de ces transformations. Tous les plafonds des bas-côtés, autrefois inclinés en lambris, furent refaits horizontalement, en plâtre. Une tribune, supportée par des arcades ogivales en pierre de Bourg et reposant sur des soliveaux de 8 cm sur 16 cm (récupérés dans les bois de l'ancienne charpente) fut créée, formant ainsi un nouveau porche. Tous les carrelages du sol en terre cuite d'Arsac furent posés en losange. Les études faites par M. Brun démontrèrent que l'humidité de l'église ne provenait pas de son encaissement par rapport à la voie, mais qu'elle était occasionnée par l'absence d'air et de lumière. Il proposa l'ouverture et l'agrandissement de diverses portes et croisées destinées à assainir l'église en « permettant à l'air et à la lumière de pénétrer partout et à chaque instant ». La porte sud-ouest disparut de l'église et fut remplacée par deux portes au centre des façades nord et sud. Les baies de la nef furent agrandies et garnies de vitraux à petits carreaux de verre blanc de 8 à 10 cm, réunis entre eux par des plombs à feuillure. Le sanctuaire est illuminé par l'ouverture de deux verrières dans les murs nord et sud. Deux croisées furent ouvertes à l'emplacement des portes actuelles, de part et d'autre de la façade ouest. La porte principale, à deux vantaux, fut réalisée en bois de chêne de 5 cm d'épaisseur, à petits panneaux et petits cadres. Les deux portes des sacristies ont été faites en bois de Nerva (bois exotique) de 4 cm d'épaisseur, également à petits panneaux et petits cadres (encore là aujourd'hui).

C'est en avril 1861 que le sanctuaire fut décoré. En son centre, une niche de style gothique flamboyant est ouverte de manière à accueillir la statue de Notre Dame. De part et d'autre, un séraphin. Presque en même temps, M. Laliman, curé de Macau demanda à la municipalité l'autorisation de faire quelques travaux d'embellissements extérieurs, à savoir de placer une statue de la Vierge sur le pignon de la façade et de mettre les statues de Saint-Jean et de Saint-Roch dans les niches pratiquées dans la dite façade. Cette autorisation, le conseil municipal la donne le 27 novembre 1864. À la fin du XIXème siècle, un nouvel aménagement vient transformer l'édifice. Deux verrières se substituent aux portes nord et sud. Sur la façade ouest, les deux baies encadrant l'entrée principale sont remplacées par les portes actuelles. Enfin, les parois latérales du porche d'entrée, initialement en bois, sont montées en pierre. C'est sous cet aspect, que se présente à ce jour notre église.

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En 1893, M. l'Abbé Saladin devint curé de Macau. En avril 1895, il confia la restauration du chœur de l'église au peintre Bonnet de Bordeaux. La niche fut masquée par une toile, la statue avancée sur une console, et de chaque côté, sur un nuage, un ange tenant une fleur de lys et un bouquet de douze roses furent peints. Ils accompagnent la Vierge dans cette fresque de l'Assomption. Nous pouvons encore, à 1'heure actuelle, admirer cet ensemble. La chapelle abritant l'actuel autel du Sacré-Cœur était en 1884, dédiée à Notre-Dame du Sacré-Cœur, en 1861 à Saint-Roch et en 1791 à Sainte Quitterie. La grille de cette chapelle fut offerte en 1862 par Mme Céleste Fontan et le décor réalisé par M. Terral en 1902. De même, la chapelle vouée à Saint Joseph (dont la statue fut mise en place en juillet 1883), a été peinte en 1903 par le même M. Terral. Sa grille fut offerte par M. Genies en juillet 1897. En 1791, cette chapelle était dédiée à Saint-Jean. La piscine en marbre des fonds baptismaux fut mise en place en 1859, grâce à un don de M. Bobineau. La grille des fonds baptismaux fut offerte par M. Capsac en 1861 et c'est en avril 1895, grâce aux largesses de M. le comte de Lavergne, ancien maire de Macau, que cette chapelle fut terminée. Il est difficile de dater précisément le clocher (XIIème, ou du XIème siècle). Cet édifice aurait fait partie d'un ensemble de fortifications protégeant la paroisse de Macau et, semble-t-il, édifié par les habitants malgré les interdits de l'Abbé de Sainte Croix. Toujours est-il que cette tour carrée, « solide et attachante », demeure à Macau le seul vestige de cette époque. Tout d'abord pièce maîtresse de la chapelle Sainte-Marie de Macau, la nouvelle implantation de l'église le rejette à l'angle nord-est, où sa partie basse assurera la fonction de sacristie. Il est, d'après M. Pellet, architecte des Bâtiments de France « un des plus beaux clochers romans du XIème siècle que les mains du temps ou des révolutions aient laissé venir entier jusqu'à nous. » II est élevé de 22 à 23 mètres et a 7 mètres environ de côté à l'extérieur. La base est soutenue par de légers contreforts. Elle est percée, sur sa façade levant, d'une haute croisée en plein cintre, à l,50 mètre environ du sol. Le premier étage est orné de doubles archivoltes en saillie, supportées à chacune de leurs extrémités par une colonnette et, à leur point de jonction, par un pendentif en forme de chapiteau. En 1845, le deuxième étage de la façade fut orné de trois fenêtres avec archivoltes supportées par des colonnettes et moulures, en retrait par rapport au mur. La fenêtre du milieu était plus large et plus haute que les autres. Le troisième étage est sans sculpture. Il est percé de deux trous carrés, appelés en vieux gascon « taillades » et qu'une génération poétique a baptisé du nom plus guerrier de créneaux. Les autres façades du clocher ont plus de régularité dans leurs ouvertures. Au deuxième étage, quatre fenêtres régulières, au lieu de trois, présentent un bon ensemble. Sur le côté nord s'avance un corps dans lequel fut placé l'escalier à l'époque d'une reconstruction (XVème siècle), gâtant ainsi l'aspect de l'ensemble. La salle la plus représentative du clocher est l'actuelle sacristie. C'est une pièce carrée d'apparence romane, mais qui renferme une voûte d'ogive des plus intéressantes. Les nervures retombent sur un faisceau de trois colonnes, qui elles-mêmes s'appuient sur une trompe. En 1855, l'escalier extérieur situé sur la façade nord fut détruit et reconstruit entre le sanctuaire et le clocher. En empruntant ses 48 marches, l'escalier en pierre des carrières de Rauzan (construit par l'artisan macaudais, M. Plantey), nous accédons au premier étage dit « salle du beffroi » où se trouve suspendue la cloche. Une échelle de meunier conduit au deuxième étage qui abrite le mécanisme de l'horloge.

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Le 26 mars 1893, le conseil de Fabrique, en réunion extraordinaire ordonnée par Mgr l'archevêque de Bordeaux et sous la présidence du curé Laliman, reconnu qu'il était urgent de réparer le clocher de l'église paroissiale. Ce monument du XIème siècle tombait en ruine. Il serait donc restauré dans le même style d'après les croquis de M. Faulat, architecte de l'État. Le devis dressé par ce dernier et qui fut accepté par le conseil de Fabrique, s'élevait à 13 000 Francs. C'est sur ce prix que l'adjudication fut faite par le maire de Macau. Déjà en janvier 1892, en prévision des travaux, M. le curé avait ouvert une grande souscription en faveur de la restauration du clocher. Celle-ci avait été accueillie favorablement par les grands propriétaires et les habitants et permis de rassembler la somme de 4 000 francs. La commune, quant à elle, s'est imposée « un sacrifice de 4 000 francs ». Le reste ferait l'objet d'une subvention de l'État. À cet effet, le classement en tant que Monument Historique est demandé. L'architecte de la commission des Monuments Historiques, en la personne de M. Lucien Magne, après avoir visité l'édifice considéra le clocher de Macau comme « un exemple unique dans le Médoc de ce genre d'architecture, rappelant le style mauresque de la vieille Castille ». Il proposa de fait à la commission de classer le clocher et, le 22 septembre 1893, un arrêté fut délivré en ce sens par le ministre de l'Instruction Publique et des Beaux Arts, sous la présidence de M. Raymond Poincaré. Les travaux furent alors exécutés et c'est désormais « une vraie satisfaction de pouvoir contempler ce vieux clocher ainsi restauré et même devenu aussi beau qu'à l'époque reculée où nos ancêtres l'ont construit ». Le nouveau prêtre, l'abbé Saladin, souhaita alors voir ce magnifique clocher surmonté d'une croix, et M. Gouny fils, forgeron serrurier, accéda à cette demande. Il offrit gracieusement cette croix, rehaussée d'un magnifique coq, à la naissance de son fils Albert. Cette croix en fer forgé de 3,30 mètres de hauteur fut hissée le 11 mars 1895, quelques mois après la naissance de son fils Albert.

Les vitraux de notre église ont été mis en place en avril 1895. Nous les devons à M. le comte de la Vergne, M. le Général Dupreuil, Mlle Marie Guiese, M. Dubos, M. Bellemer, M. Bignon, M. Raymond Michel, M. Duffour-Dubergier, MM. Cavalié et Andrieu, M. de Gerorges, la famille Hertzog et M. Chéri Labatut. Auparavant, il n'y avait que du verre blanc. Tous ces vitraux ont été réalisés par un maître verrier, M. Dagrant. Ils représentent les quinze mystères du Rosaire ; les Mystères Joyeux : l'Annonciation, la Visitation et la Nativité, La Présentation au Temple, les Mystères Douloureux : l'Agonie, la Flagellation, le Couronnement d'épines, le Portement de la Croix, la Crucifixion, les Mystères Glorieux : la Résurrection, l'Ascension, la Pentecôte, l'Assomption et le Couronnement de Marie. La seizième scène, complétant le vitrail de l'Annonciation, représente la Sainte-Vierge invitant Saint-Dominique à réciter le Rosaire, pour convertir les Albigeois. Et dans le chœur, Saint-Roch et Saint-Jean-Baptiste. Ces vitraux datent tous de 1895, à l'exception de celui de Saint-Roch qui date de 1902. Bien avant la réalisation de ces vitraux, le 12 mai 1861, le conseil municipal décida de protéger du vandalisme les vitraux existants, en installant des grillages devant. À cette fin, il vota un devis d'installation d'un montant de 290 francs.

Les orgues. M. Tabuteau, quant à lui, tient les orgues et est accompagné par des Macaudaises et Macaudais à la chorale. L'orgue de Macau est un petit orgue romantique de 14 jeux, répartis sur deux claviers de 54 notes chacun, et un pédalier de 27 notes en tirasse. Cet orgue fut construit en 1867 par Georges Wenner, sur une commande de la Fabrique de l'église de Macau. Au Grand Orgue, la montre, le prestant, la trompette et le clairon sont de Wenner. Au Récit : La Gambe, Le Cor de Nuit, la Flute Octaviante, la Voix Céleste, la Trompette, et le Hautbois sont de Maille, successeur de Wenner. Les inscriptions qui ont été relevées sur le soufflet sont : Bordeaux 1855. G. Maille 9 avril 1890.

- sous le marchepied du récit : relevage fait en septembre 1918 G. Maille

- sur le panneau de la soufflerie : Eugène Strima 1862

- Guillaud Edgard né à Macau mis le 22 décembre 1881 un jeudi

- sur le montant arrière côté Ut # de la soufflerie : M. Touffe 1886.

Extrait du livre : Une pensée de Macau, Marie-Christine Corbineau, Les Enrasigaïres, 2012, p.54.59.

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