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Le domicile du percepteur.

Un beau jour d'avril 1881, M. Martin, maire de Macau, reçut une lettre de M. le préfet de la Gironde. Ce dernier l'informait du fait que les conseils municipaux de Ludon et du Pian avaient demandé le changement de domicile du percepteur : sa résidence serait transférée à Ludon. Les membres du conseil municipal de Macau avaient alors cherché la raison de ce changement. Le seul motif pouvant justifier une telle demande était que la perception se trouverait alors au centre des communes dont le percepteur avait la charge. S'appuyant sur l'avis de M. de Massip, conseiller municipal de Macau et ancien percepteur (pendant 42 ans), le conseil municipal rejeta cette demande. Ce rejet fut basé sur le fait que le percepteur et sa résidence se trouvaient à Macau depuis des temps immémoriaux et que la commune de Parempuyre (la plus éloignée) n'avait émis aucun vœu de ce genre. De plus, la population de Macau (1 920 habitants) était proportionnellement supérieure à celle de Ludon et le Pian réunies (2 093 habitants). Enfin, le port de Macau servant aux communes de Ludon, Parempuyre, Le Pian, Arsac, Labarde et même Cantenac, avait une activité fluviale importante (14 000 tonnes de marchandises en 1880).

La commune de Macau compte parmi ses citoyens (en 1926) un notaire, trois médecins, deux pharmaciens, un vétérinaire, un banquier, mais aussi différentes administrations telles que poste de douanes, et brigade de gendarmerie. Elle compte aussi un grand nombre d'industries et d'importantes maisons de commerce. La gare de Macau est plus importante que celle de Ludon, (le chef de gare y reçoit des appointements plus élevés). Le budget de la commune de Macau s'élève, pour l'année 1881, à la somme de 22 997,68 francs. Celui des communes de Ludon et du Pian réunies ne s'élève qu'à 25 163,51 francs. La « taxe construction foncière personnelle mobilière portes et fenêtres » s'élève pour la commune de Macau à la somme de 39 598,33 francs, pour les communes de Ludon et Le Pian à 36 105,35 francs, (soit une différence de 3 492,98 francs). 145 patentes sont perçues par la commune de Macau à hauteur de 7 107,57 francs par an, contre 79 pour les communes de Ludon et du Pian à hauteur de 3 162,89 francs (soit une différence de 3 944,68 francs). Le percepteur doit effectuer une tournée par mois dans les communes de son secteur. Compte tenu du grand nombre de taxes à collecter sur la commune de Macau, ce dernier ne peut effectuer sa mission en un seul jour, alors que cela peut très bien se faire pour les autres communes. « De plus, Macau est un centre d'échange important drainant, les habitants des autres communes qui viennent vendre leurs denrées ou acheter celles dont ils ont besoin. En ce qui concerne les Macaudais, ces derniers n'ont jamais à aller dans ces deux communes pour aucun de leurs approvisionnements. La conséquence de cet état de chose fait que les habitants de Ludon et du Pian peuvent payer leurs impôts sans se déplacer. La distance entre le Pian et Ludon ou le Pian et Macau est de si peu importante qu'il n'y a pas lieu de tenir compte de cet argument. Quant au point central, Blanquefort n'est point au centre de la perception, Bordeaux n'est point au centre du département. Paris n'est point au centre de la France » ! (texte d'époque)

De ce fait, le conseil municipal démontra à M. le préfet de la Gironde, par les motifs énoncés plus haut, que les communes de Ludon et du Pian n'ont aucun argument sérieux à lui opposer, et qu'en conséquence il n'était pas nécessaire de priver une commune importante d'un fonctionnaire qui y a toujours eu sa résidence et dont le départ serait très regrettable pour un grand nombre de forts contribuables. Cela nuirait certainement au recouvrement de l'impôt et sans aucun avantage pour les communes réclamantes.

Texte extrait du livre : Une pensée de Macau, Marie-Christine Corbineau, Les Enrasigaïres, 2012, p.160.161.

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