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La Garde Nationale et la gendarmerie.

Le bouleversement des structures sociales, des mentalités, des habitudes de vie risquait de libérer des instincts de colère et de vengeance. Afin de prévenir et de réprimer les abus causés par le peuple qui sentait un air de liberté avec la Révolution, l'Assemblée Nationale vers la fin de l'été 1789, créa la Garde Nationale. Les membres de la garde, choisis parmi les citoyens actifs, possédaient une arme et devaient se tenir prêts, à tout instant, pour répondre à l'appel de la commune et de la Nation. Il faut dire que la Révolution avait apporté son lot de nouveautés : les départements, les districts, les cantons et les communes.

La Nation puisa largement dans les rangs des gardes nationaux pour former ses armées. Ces derniers s'engagèrent à « défendre la Constitution de l'État, la loi et la patrie, toutes les fois qu'il serait nécessaire, avec promesse qu'ils firent de ne rentrer chez eux, s'il faut combattre, que morts ou vainqueurs ».

Le 24 février 1790, tous les citoyens actifs (en fait, tous les propriétaires) se rassemblèrent, comme de coutume dans l'église, au son de la cloche, sur convocation des officiers municipaux pour définir l'établissement de la nouvelle municipalité. Ce fut le sieur Jean Fauché, notaire royal, qui fut élu maire, et les sieurs Etienne Cot, premier officier municipal; Bernard Maneq, second officier ; Pierre Videau, troisième officier ; Pierre Capseq quatrième officier, et Jean Seguin, cinquième officier. De plus, fut proclamé procureur de la commune, le sieur Mathieu Robert, notaire royal, qui compose le corps municipal. Cet exercice dura tout de même deux jours. Le 26 février 1790, à 8 heures du matin, tout le monde se retrouva dans l'église et l'on procéda à l'élection des douze notables qui composent, avec le corps municipal, le conseil général de la commune.

Pierre Dupin fut élu premier notable,

Etienne Beaudry, second notable,

Mathias Bertrand Cot, troisième notable,

Jean Charruau de la grillade, quatrième notable,

Raymond Delmas, cinquième notable,

Cernin Constantin, sixième notable,

Pierre Lacaze, septième notable,

Etienne Dugravey, huitième notable,

Mathias Dongey, neuvième notable,

Jacques Fonteneau, dixième notable,

Jean Jeantet, onzième notable,

Jean Dejean, douzième et dernier notable.

Au terme de cette élection, trois jours s'étaient écoulés et l'organisation de la municipalité était maintenant achevée.

Le 24 février 1793, pour faire face à la première coalition, la Convention Nationale décrète la levée de 300 000 soldats. Chaque commune devait ouvrir un registre où pourraient s'inscrire les volontaires. Si leur nombre était insuffisant, seraient inscrits d'office les hommes jeunes et célibataires. C'était une mobilisation partielle. Une telle mesure n'est jamais populaire, d'autant qu'à cette époque on se souvenait encore des milices nationales de l'Ancien Régime (l'armée du roi), recrutant toujours dans le Tiers-État. Il fallut donc que chaque commune fournisse un contingent fixé par l'intendant. Les appelés étaient choisis parmi les hommes valides, de 16 à 40 ans, désignés par tirage au sort pour une durée de 6 ans. C'était autant d'hommes qui manquaient dans les familles ou maisons.

Le 23 août 1793, la Convention décida la « levée en masse » : la nation toute entière était mobilisée. Jeunes, vieux, hommes, femmes et même enfants devaient participer à l'effort national. Il ne suffisait pas de recruter des soldats ; il fallait aussi les nourrir, les équiper et les armer. Le gouvernement pris alors des mesures sévères pour le contrôle des récoltes, la réquisition des grains, des couvertures, des matières telles que or, argent, cuivre et plomb, cordages et le nécessaire pour les animaux. En 1794, la population a été obligée, de façon inédite, de recueillir dans les caves, écuries, étables et souterrains, le salpêtre nécessaire à la fabrication de la poudre à canon.

À Macau, et comme sans doute dans beaucoup d'autres communes éloignées de la capitale, les informations arrivaient tardivement. Nous avions toujours nos Compagnies Patriotiques, tandis que la Garde Nationale avait été créée. Six compagnies étaient en fonction, le 30 août 1789 et ces dernières étaient composées de MM. Pierre Jeantet, Antoine Cartau, Médart Dantomar, Michel Déchans, Jean Ferris Père, Antomar de Rabeau, nommés capitaines et pour les seconder les lieutenants Maurice Baudry, Mathias Dongey, Louis Menin, Clément Noé, Arnaud Dejean, Bertrand Grange. Avec ces officiers, ont aussi été nommés des sergents majors, des sergents et des caporaux.

Le 23 septembre 1793, il y eu une polémique sur le premier drapeau remis au bataillon. Le maire était offusqué de voir les véritables républicains français se réunir sous l'étendard tricolore, sur lequel figurait des signes proscrits par leurs serments solennels.

Il demanda donc au conseil l'autorisation de renvoyer l'étendard du bataillon, afin que soient enlevés les fleurs de lys ainsi que tous les autres signes qui, directement ou indirectement, rappelaient un régime proscrit par la République. Les emblèmes de la liberté, de la loyauté, de l'unité et de l'indivisibilité de la République Française Une et Indivisible, devaient leur être substitués.

À Macau, l'entrée dans le XXème siècle débuta avec la construction de la gendarmerie, qui fut achevée en 1900. Là aussi, les gabares et gabariers firent leur œuvre : toutes les pierres sont arrivées de Bourg par le fleuve et ont ensuite été transportées par des tombereaux. Avant cette construction, la caserne de gendarmerie était située chez M. Hosteins père, rue Pierlot, ancienne rue de Laboye. En 1880, elle était située à côté de l'école des garçons puis, par la suite, sur la place Duffour-Dubergier, un peu avant la pharmacie de M. Del Pelegrino, tout près de la maison du docteur Amanieu.

Pendant la Révolution, la gendarmerie n'existait pas. Nous avions une Garde Nationale, qui était composée d'habitants de la commune de Macau, et aussi de Ludon. À la demande du roi Louis XIII, une cérémonie était organisée dans tout le royaume le 15 août de chaque année. De fait, le 15 août 1790, le conseil municipal, accompagné par les notables et la garde nationale, se rendit à l'église pour assister aux vêpres puis à la procession. Le maire demanda aux officiers de la Garde Nationale de maintenir l'ordre et la décence qu'il convenait d'imposer pour une telle cérémonie. Le 14 messidor de l'an 3 (2 juillet 1795), le maire fit lecture à son conseil d'un décret de la Convention Nationale qui ordonnait la réorganisation de la Garde Nationale. Tous les citoyens de 16 à 60 ans devaient se rendre au lieu de rassemblement, afin de procéder à la réorganisation. En 1848, un bataillon de la Garde Nationale dut être formé sur ordre du Ministre de l'Intérieur et du Commissaire du Gouvernement dans le département de la Gironde. Ce fut le « Bataillon communal de Macau », composé de 420 hommes valides âgés de 20 à 55 ans. Les communes voisines durent en faire de même mais, dans la mesure où leur population était moins importante (recensement de 1846 : Ludon 1 112 habitants, Le Pian 694 et Macau 1 626 habitants), il leur avait été proposé de créer le « Bataillon cantonal de Macau » dont le siège serait situé à Macau (nous faisions tous partie du canton de Blanquefort). En 190l, pour délimiter l'agglomération communale, le conseil municipal définissait que, du côté de la gare, la gendarmerie et la maison Gravier comprise formeraient la limite de l'agglomération de Macau.

Extrait du livre : Une pensée de Macau, Marie-Christine Corbineau, Les Enrasigaïres, 2012, p.44.45 et 139.

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