Accueil
Le Canton
Blanquefort
Eysines
Parempuyre
Le Pian-Médoc
Ludon-Médoc
Macau
Saint-Médard-en-Jalles
Le Haillan
Le Taillan-Médoc
Saint-Aubin-de-Médoc
Bruges
-------------------------------
-------------------------------
Mode d'emploi
-------------------------------

Lettre d'information




Joomla : Porte du Médoc

Rechercher sur le site

Historique de Macau.

Macau fut une paroisse, un prieuré, une sauveté et baronnie, un château, une ou plutôt des îles. Selon Albert Dauzat et Charles Roustaing, toponymistes, Macau serait un nom d'origine romaine dérivé du latin malum cavum : mauvais creux ou mauvais sillon, mais si telle était l'étymologie de Macau, dont la graphie du nom est pratiquement inchangée depuis les textes des Xlème et XIIème siècles : Macault, Naco, Macau, Machau, Machao, Maquau, Macau... l'on devrait trouver la forme latinisée malum cavum et la forme gasconne Malcau ou Maucau, comme Male Culculum, Maucalhau, Maucaillou... Cette étymologie n'est guère recevable. Nous pensons que ce toponyme est plus ancien, peut-être gaulois ou celte.

Les territoires paroissiaux sont à l'origine des territoires communaux. Il est communément admis que les limites des unes et des autres sont identiques. Cela est globalement exact. Toutefois un examen minutieux de l'établissement du cadastre napoléonien et des limites des paroisses d'Ancien Régime et des communes, montre de ci de là parfois quelques différences.

L'église Sainte-Marie de Macau, qui peut-être antérieure à la formation de la paroisse, préexiste à sa donation à l'abbaye de Sainte-Croix. Si, généralement le vocable d'une église paroissiale permet de la dater dans une fourchette chronologique assez précise en fonction de leur vogue, cela n'est pas possible pour des vocables comme Saint-Pierre, Saint-Jean ou Sainte-Marie, alias Notre-Dame, dont la vogue couvre toute la période chrétienne. La première mention indiscutable de l'église et de la paroisse de Macau se trouve dans un acte du cartulaire, daté de 1121-1131 ; Amauvin de Blanquefort confirme à l'abbaye sa possession de l'église Sainte-Marie de Macau, de la dîme de toute la paroisse, et du village qui voisine l'église, comme de la mer, c'est-à-dire l'estuaire et le fleuve désigné ainsi jusqu'à Marmande. Devant le dit bourg, donné par le Comte Guillaume-le-Bon. MM. C. Higounet et J.B. Marquette, prétendent que la paroisse Sainte-Marie de Macau apparut au Xème siècle : le premier à la fin de celui-ci, le second dans la première moitié. Rien ne le prouve, hormis le fait que l'on pense que Sainte-Croix reçut Macau du Comte Guillaume-le-Bon. Or, bien que la renonciation d'Amauvin de Blanquefort lui attribue cette donation, celle-ci est absente de la charte de restauration et n'apparaît que dans celle du duc Guillaume au XIème siècle. Bernard Cassagne argumente : « On rapprochera le toponyme romain de Macau avec la mention d'une sauveté dans l'acte de 1043 et les rudiments de tracé dans le plan du village. Pour nous, Macau est un village neuf, une sauveté, fondée par les moines de Sainte-Croix, comparable à la sauveté de Birac qu'ils fondèrent dans les landes d'Arsac vers 1122-1124. Cette fondation entre dans le cadre d'un développement de la contrée dont Birac, le Pian et peut-être Labarde sont les plus flagrantes étapes ». C'est ici que la date de 1043, (et non avant 977-988 ou 1027) prend toute sa signification.

À cette date, la France du Sud-Ouest est gagnée par un formidable essor démographique qui se traduit par la fondation de sauvetés, castelnaux et autres villages neufs aux noms romans. Or, M. Charles Higounet date le départ de cet élan démographique vers 1030-1050. La fondation de la sauveté de Macau en est un élément. En 1043, on lui attribuera une portée démographique, en 977-988, soit un demi-siècle auparavant, il ne pouvait s'agir que d'un privilège accordé à un prieuré dépendant de Sainte-Croix visant à la protection de ses desservants. Il conclut : « La sauveté de Macau, fondée vers 1043, fut à l'origine de la paroisse. Souvent comme à Mimizan ou Soulac (cette dernière appartenant à Sainte-Croix), la sauveté fut fondée au sein d'une paroisse déjà constituée ».

La paroisse de Macau, par sa taille et sa forme, est vraisemblablement issue d'une paroisse primitive, et aurait été peut-être démembrée de Ludon ou bien formée de terre empruntée à la fois à Cantenac et à Ludon, Cantenac étant la matrice d'Arsac et de Labarde. La position de Bernard Cassagne, restriction faite du donateur, est très possible et assez séduisante. Paroisse et église (pas l'actuel bâtiment plus tardif de Macau), doivent effectivement dater du XIème siècle. S'étant fait donner l'église paroissiale de Macau, l'abbé et les moines de Sainte-Croix de Bordeaux, en étaient à la fois les patrons avec droit de collation, c'est-à-dire, de nomination, en fait de présentation du postulant desservant, la cura anima (le soin des âmes), la charge curiale, étant conférée par l'archevêque, et en tant que personne morale ecclésiastique curé primitif. Ne pouvant exercer physiquement le ministère paroissial, d'autant que l'abbé était curé primitif de huit autres paroisses du diocèse, la « cura anima » était remplie par un vicaire perpétuel, nommé pour une durée indéterminée, contrairement aux vicaires simples nommés pour un ou deux ans, il avait les devoirs du curé, ainsi que le titre, mais les revenus d'un vicaire simple, soit la portion congrue, versée par le curé primitif de l'abbaye. Chaque fois qu'un établissement monastique recevait en donation un fonds éloigné, soit il le rattachait à un prieuré proche, soit il y installait un prieuré. Ce que firent les moines de Sainte-Croix pour tous leurs biens hors Bordeaux. Le prieuré pouvait être un monastère, comme à Soulac ou Saint-Macaire, plus ou moins important selon le nombre de moines résidants; mais le plus souvent ce n'était qu'un prieuré simple, sans religieux à demeure. Il était alors composé d'un bâtiment de peu d'importance, servant de résidence au prieur ou son représentant quand il venait, et surtout de grange ou de chai pour entreposer les redevances en nature; grains, raisins, etc., constituant avec les redevances pécuniaires ses revenus.

De fait, les prieurés simples étaient une sorte de bénéfice ou revenu ecclésiastique, dont le titulaire, le prieur, n'était qu'un officier de l'abbaye mère, s'il n'était le vicaire perpétuel. L'on ne sait pas grand-chose du prieuré et du prieur de Macau, hormis qu'il exista. Il était sur l'un des chemins secondaires du pèlerinage jacobite, celui qui allait de Soulac à Bordeaux, où l'hôpital de Benon et les prieurés de Macau, du Taillan, pouvaient accueillir les pèlerins. Le Taillan et Soulac furent les premiers prieurés de Sainte-Croix. « Les prieurés de Macau et de Saint-Macaire, presque contemporains des précédents, ont été aussi pour l'abbaye de grosses sources de profits ».

Le prieuré de Macau existait encore comme bénéfice au XVIème siècle, mais bientôt après ce ne fut plus qu'une ferme, centre d'exploitation des propriétés de l'abbé. On en trouve en effet mention, sans que soit indiqué son revenu, dans un état des bénéfices du diocèse de Bordeaux, datant du XVIème siècle, connu par une copie de 1657 Piror de Macau, ad coll(atione) abb(atis) Sanctae-Crucis. Son emplacement ne nous est pas pour l'instant connu. On peut probablement voir le bâtiment du prieuré dans la salle de l'abbé, à Macau, où devaient être portées les agrières, autrement champart, des vins et blés de l'île de Macau, selon un acte du 23 décembre 1594. La salle « joignait l'église ; elle comprenait deux prisons, l'une au bout du chai, l'autre au bout du cuvier ». Le terme salle, francisation du gascon sala, désigne habituellement une maison noble ou château, qui est à la fois une seigneurie exclusivement foncière, sans aucun exercice de droit de justice, et l'édifice qui en était le chef-lieu ; l'aspect duquel pouvait varier de la grosse ferme au manoir. Certaines petites juridictions sont parfois qualifiées de salles; ce qui correspondrait à son emploi à Macau. Ce bâtiment existait toujours, semble-t'il, dans les années 1760, quand les religieux refusèrent d'y loger un capitaine de cavalerie dûment muni d'un billet de logement. Il n'y demeurait alors qu'un religieux, fréquemment remplacé, et qui représentait l'ensemble des moines de Sainte-Croix, fermiers collectifs de leur abbé pour les revenus de la seigneurie de Macau. Fermier ne désigne pas ici un exploitant agricole, mais celui qui prend à ferme, en afferme, les revenus d'un bien appartenant à autrui; moyennant le paiement d'une somme déterminée à l'affermeur, il prend sur lui les coûts et peines de la perception de ses revenus qui sont sa rémunération, durant une période déterminée, généralement trois ans reconductibles. En dehors de ce moine fermier, il ne semble pas, en l'état actuel de la recherche, qu'il y ait eu d'autre religieux à demeure au « prieuré macalais ». Les prieurs ne nous sont pas non plus connus. Aucun texte, à notre connaissance, ne donne le nom de l'un d'entre eux. Les textes parlent de la sauveté ou baronnie de Macau. Sauveté et baronnie sont pourtant deux choses différentes.

Une baronnie est, en Bordelais, une châtellenie ; c'est-à-dire une seigneurie justicière, dont le seigneur jouit de la haute justice ou justice de sang, parce que connaissant des crimes de sang. Sauf exception, il exerce en même temps la basse et la moyenne justice. Il peut arriver qu'un établissement ecclésiastique soit baron. Ainsi le chapitre Saint-André de Bordeaux était baron de Lège, depuis la donation que lui fit de ce fief le duc d'Aquitaine en 1089-1090. La baronnie de Lège était une juridiction laïque dont le seigneur était une personne morale ecclésiastique : le chapitre cathédral Saint-André. Les barons, en Guyenne, étaient les vassaux directs du roi-duc, et avaient eux- mêmes pour vassaux les seigneurs de maisons nobles. Il était rare que la hiérarchie féodale y soit plus complexe, à l'inverse d'autres régions comme le Beauvaisis. Mais ils ne portaient pas tous le titre baronnal ; étaient par exemple barons le comte d'Ornon, les vicomtes de Castillon ou de Bénauges, le captai de Buch, le sire des Lesparre, le soudan de la Trau...

La baronnie, comme la plupart des seigneuries féodales, avait une assise foncière ; un ensemble de biens, fonds mouvants, appartenant directement du seigneur baron, sans l'intermédiaire d'aucun vassal, et composant sa directité. Le territoire de la baronnie, le ressort ou détroit de sa juridiction étaient plus étendus que sa directité. Le chef-lieu de la baronnie est son château, qui cette fois, est une forteresse, un château-fort. La qualité baronnale de l'abbé de Sainte-Croix à Macau, s'explique par l'acquisition que fit le monastère au XIIIème siècle de la petite baronnie de Macau. Macau était aussi une sauveté. Une sauveté était toujours ecclésiastique. La justice relevait de l'église, et c'était généralement le droit canon qui prévalait. Les agents des pouvoirs extérieurs, notamment laïcs: municipaux ou baronnaux, y compris la justice du roi, ne pouvaient y pénétrer sans l'accord de son détenteur. L'étendue du détroit des sauvetés était le plus souvent réduite, inférieure même à la paroisse où il se trouvait. C'était le cas à Macau. Le chef-lieu de la sauveté, était l'église, ou l'établissement ecclésiastique, sous la protection de laquelle elle était placée. Mais une sauveté c'était aussi, et surtout de petits villages d'hôtes, de création préméditée, placés sous la protection de la paix de l'église, protection symbolisée par la plantation de la croix délimitant leur territoire.

Texte de Jean-Paul Casse, juillet 1997.

La petite histoire de Macau.

Selon Albert Dauzat et Charles Roustaing, toponymistes, Macau serait un nom d'origine romaine dérivé du latin malum cavum : mauvais creux ou mauvais sillon, mais si telle était l'étymologie de Macau, dont la graphie du nom est pratiquement inchangée depuis les textes des Xlème et XIIème siècles : Macault, Naco, Macau, Machau, Machao, Maquau, Macau... l'on devrait trouver la forme latinisée malum cavum et la forme gasconne Malcau ou Maucau, comme Male Culculum, Maucalhau, Maucaillou... Cette étymologie n'est guère recevable. Nous pensons que ce toponyme est plus ancien, peut-être gaulois ou celte (dans l'état actuel de nos recherches).

L'origine de notre village est, elle aussi, incertaine... Le bourg de Macau, selon la tradition, aurait remplacé une ancienne villa gallo-romaine détruite au IXème siècle par les Normands : la villa de Gironville. On a effectivement trouvé en ce lieu des fondations antiques contenant des monnaies romaines. Son histoire (chroniques) fut écrite par M. Duffour-Dubergier, propriétaire du château à la fin du XIXème siècle et président de la Chambre de Commerce. Cette histoire du château de Gironville appartient, à peu près en entier, au recueil des légendes ; son nom ne se trouve guère que dans les chansons gothiques et dans les récits de chevalerie que les poètes-trouveurs (trouvères, troubadours en occitan) du Moyen-âge inventaient pour charmer les heures inoccupées des nobles dames du temps jadis. Ce château avait été bâti dans une heureuse position dont la vue s'étendait avant la formation de l'île Cazeau (XIVème-XVème) sur le fleuve (Gironde) et les deux rivières (Garonne et Dordogne). Notre région subit les invasions des Vandales, des Wisigoths, des Francs, des Arabes et enfin des Vikings (Normands) : toute civilisation a alors disparu. Dans les premières années du Xème siècle, on peut enfin reconstruire les abbayes, les monastères, les châteaux incendiés et pillés depuis un siècle ou plus.

En 1027, Macau possédait une sauveté, c'est-à-dire une enclave soustraite à la juridiction seigneuriale, mais elle assurait aussi l'immunité, le célèbre droit d'asile. Ce qui était d'une grande valeur surtout à cette époque que furent les Xème et XIème siècles. C'est alors que Guillaume V, Comte d'Aquitaine et Duc de Gascogne fit donation au monastère Sainte Croix de Bordeaux de la Chapelle Sainte-Marie de Macau avec l'île adjacente (l'île de Macau). En 1174, Richard, comte de Poitiers et duc d'Aquitaine, confirme les donations faites par ses prédécesseurs à l'abbaye Sainte-Croix, des églises de Saint Macaire, Sainte-Marie de Macau, Sainte-Marie de Soulac. Le pape Alexandre III, qui régna de 1159 à 1181, accorda sa protection par une bulle à l'église Sainte-Croix et à ses dépendances : Soulac, Macau et Saint-Macaire. En 1193, confirmation par le pape Célestin III des privilèges et des possessions de l'abbaye de Sainte-Croix : le droit de célébrer les offices dans leurs églises et dans celles de Soulac et de Macau.

Le clocher-donjon de Macau, classé monument historique, constituait le chevet de l'ancienne église. C'était alors, au XIIème siècle, une simple croix latine avec abside semi-circulaire, sacristie à droite et clocher bras gauche de la croix. Au XVème siècle, les bas-côtés furent ajoutés, on refit le portail et les murs de la nef. Sous Louis XV, on perça des fenêtres extérieures et on surmonta la façade d'un clocheton. Enfin, l'église fut remaniée sous le second empire (1855) ; c'est sous cette forme que nous la retrouvons actuellement. La tradition locale rapporte qu'un souterrain reliait le château-fort de Gironville à l'église de Macau et se poursuivait jusqu'au monastère. En effet, il a été trouvé des pans de murs dans les vignobles qui séparaient Gironville du clocher-donjon. Une rue de Macau (actuellement la rue Camille Godard) s'appelait au siècle dernier rue du Castéra. Le chemin qui conduit à Gironville s'appelle toujours, en cette fin du XXème siècle, chemin du Petit Castéra. L'abbaye Sainte-Croix de Bordeaux s'installa à Macau comme à Saint-Macaire et à Soulac. Ses possessions furent toujours une source de gros revenus et valurent aux abbés commanditaires le titre de barons. Les bénédictins de cette abbaye, comme concessionnaires des alluvions que délaissait la Garonne en s'éloignant des graves de Macau, devaient au seigneur de Cantemerle le premier « colac » pêché chaque année dans un plat d'argent avec un cérémonial convenu. Après avoir défriché et assaini ces marais qu'on leur avait concédés, les bénédictins les rétrocédèrent à des vilains moyennant le quint (unité de mesure de masse) des fruits. La paroisse de Macau, en s'étendant, se trouva soumise à deux juridictions qui s'affrontaient à la limite des palus et des graves.

Le bourg de Macau devint de la sorte mi-partie de Sainte-Croix et mi-partie de Cantemerle : parquet de justice et carcan (peine infligée à un délinquant ou un criminel qu'on attachait par le cou à un poteau, un écriteau pendu à son cou, son nom et le motif de la condamnation. Cette peine ne tut supprimée qu'en 1832, remplacée par celle de l'exposition publique, elle-même supprimée en 1848) du seigneur Abbé vers la rivière et sur la place de l'église, et en montant vers les graves se trouvaient établis le parquet et le carcan du baron de Cantemerle (Macau et Ludon-dehors). Aucune des deux parties ne cédait ; lorsqu'il arrivait qu'un prévenu avait été jugé mal à propos dans l'un des prétoires, ce dernier subissait dans l'autre, un deuxième jugement. L'ancien château de Cantemerle avait été construit sans doute au Xème siècle ; il n'existe quasiment plus, il élevait sa tour carrée sur une motte circulaire située sur les limites de Macau et de Ludon et faisait partie de cette ligne de fortification établie le long de la Gironde.

À deux cents mètres, on avait construit la Tour de la Fue (la vue) d'où une vigie surveillait, au loin, les rives de la Dordogne, les eaux de la Garonne et de la Gironde et le pays d'Entre-deux-Mers (signaux transmis de tourelle en tourelle, soit de la mer, soit du pays de Saintonge, répétés par les mottes de Ludon et de Parempuyre, ils donnaient l'éveil à la ville de Bordeaux). De plus, en cas de mauvais temps, brouillards, pluies intenses..., des pigeons voyageurs s'envolaient pour porter un message. Ce vieux fort dominait une baie abritée à l'ouest, au nord et au sud, par des coteaux de gravier et d'alios. Bien qu'il fût bâti au sommet d'une croupe élevée, ses murailles étaient entourées d'un fossé large et profond. Un ruisseau qui descend des landes du Pian, la Mouline, venait remplir cette ceinture protectrice et se précipitait vers la Garonne en faisant tourner les meules du moulin de la châtellenie. La baronnie de Cantemerle possédait des droits féodaux sur divers fiefs, maisons nobles et paroisses (Macau, et Ludon-Dehors). Rivalité avec Agassac, château du Ludon. Pons de Cantemerle, chevalier, fut convoqué le 25 mai 1242, avec ses vassaux, par Henri III, roi d'Angleterre et assista à la bataille de Taillebourg, près de Saint-Jean d'Angely en Charente-Maritime. Victoire de Saint-Louis sur les Anglais, alors que la Guyenne était déjà anglaise et le restera jusqu'à la bataille de Castillon en 1453. En 1294, Raymond de Cantemerle aida le roi anglais Edouard 1er à reconquérir la Guyenne sur les soldats de Philippe-le-Bel. Vers le milieu du XIVème siècle, le château revint au roi d'Angleterre Edouard III qui le donna, en 1367, au chevalier Louis Chabot. Au XVème siècle, il passa dans la famille de Caupène qui le garda plus de cent ans. Au XVIème siècle, il passa dans celle de Larroque. En 1579, il fut racheté par messire Johan de Villeneuve, baron appartenant à une grande famille du midi de la France ; il épousa Antoinette de Durfort qui prit le nom de Villeneuve-Durfort. Ils furent obligés de traiter de puissance à puissance avec les moines de Sainte-Croix qui étaient devenus barons.

Léon Drouyn pense que le château de Cantemerle fut démoli au XVIIème siècle. Il paraît, selon la tradition locale, qu'il exista jusqu'à la Révolution de 1789. Au retour de l'émigration, M. de Villeneuve l'abandonna pour se réfugier dans le château de Sauves (actuel Cantemerle) qui devint la résidence des barons. Il est situé sur l'emplacement de la maison noble de Sauves dont une tourelle du XVIème siècle subsiste encore. Grand Cru classé du Médoc, son vin réputé est apprécié des étrangers depuis des siècles... et des Médocains depuis toujours. On retrouve les vestiges du vieux château sur une croupe près du château d'eau, entourée de fossés toujours alimentés par la « Mouline ».

Le port de Macau était très actif au Moyen-âge (tout le trafic s'effectuait par bateaux). Les moines au XIème siècle pêchaient à l'aide d'engins de bois. Au XIVème siècle, le jour des Rameaux, les novices et jeunes moines de l'abbaye de Sainte-Croix de Macau étaient particulièrement bien traités : ils recevaient chacun une alose provenant des pêcheries de la Maqueline. Il n'y avait pas de pont sur le fleuve, à Bordeaux. On traversait alors la Gironde de cette ville à Blaye (où serait enterré Roland de Roncevaux) par un bac utilisant le flux et le reflux du fleuve. Dans ce très vaste estuaire, le plus important d'Europe, le courant ne suit pas toujours un sens naturel de l'amont vers l'aval mais, par suite de la marée montante, l'océan Atlantique refoule des eaux douces très loin à l'intérieur des terres, mêlant l'eau salée sur une certaine distance. Ce phénomène de courant « descendant » ou « montant » s'exerce au maximum jusqu'à Castets-en-Dorthe, à environ 150 km de l'océan. Il est fonction du coefficient de marée à l'embouchure et de la quantité d'eau douce qui descend des Pyrénées et du Massif Central. Sur le trajet du bac, il y avait un arrêt au port marchand de Macau (le Marchand), en face du château Plaisance.

Actuellement, le bourg de Macau, le mieux bâti du canton grâce aux moines de Sainte-Croix, situé à une vingtaine de kilomètres de Bordeaux a subi l'attraction des grandes surfaces des environs ; cependant on y trouve encore des commerces bien achalandés : boucheries, charcuteries, épiceries, boulangeries, pâtisserie, quincaillerie-droguerie, pressing, fleuriste... trois médecins, et une pharmacie permettent aux habitants d'être soignés sur place. De nombreuses associations (culturelles et sportives) animent la vie de la population. Chaque dimanche ou jour de fête, le port de Macau connaît une intense activité, surtout à la belle saison, où de nombreux habitués, venant notamment de Bordeaux, dégustent crevettes et bigorneaux et achètent, au printemps, artichauts de Macau (dénomination officielle) poissons frais (aloses... ) et vins. Plusieurs appellations communales témoignent de notre appartenance à l'occitanie : Cantemerle, Cantelaude (chante alouette), Canteloup : beaux noms gascons de notre petite patrie qui chantez toujours dans notre langue d'Oc, vous êtes une invitation pour les touristes qui sont assurés d'être accueillis, à Macau, avec des vins... et des chansons.

Ce texte du 6 février 1998 provient d’un ouvrage inachevé d’Yves Monge. Extrait du livre : Une pensée de Macau, Marie-Christine Corbineau, Les Enrasigaïres, 2012, p 179.186.

joomla template