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Le monument aux morts.

C'est un bel édifice que la commune a construit, en souvenir de tous nos jeunes qui ont donné leur vie pour la patrie. Quand on pense que cette guerre était soit disant « la der des ders » et qu'entre le 3 août 1914, jour où les Allemands nous ont déclaré la guerre, et le 11 novembre 1918, elle a tout de même fait plus d'un million quatre cent mille soldats tués rien qu'en France, neuf millions de morts au total et environ huit millions d'invalides pour toutes les nations qui ont combattu. C'est vraiment triste... Sans oublier la grippe espagnole qui, juste avant la fin de cette guerre, a fait plus de cinquante millions de morts dans le monde. Les derniers conscrits de 1913, lors de leur départ à pied pour Blanquefort au rythme de la musique allaient passer leur visite médicale et participer au tirage au sort pour connaître dans quel corps d'armée ils partiraient plus tard. Le soir, le retour était tout aussi festif. Il était même un tout petit peu plus bruyant dans les rues de Macau car, les conscrits de Ludon et de Parempuyre s'étaient joints à eux après un repas bien arrosé.

Pour en revenir à la réalisation du monument aux morts, la première délibération pour son édification date du 21 décembre 1918. Elle précisait la constitution de la commission qui devrait faire le choix de l'architecte, des artisans, mais aussi de la représentation historique de notre monument.

En fait, ce fut un évènement à rebondissements. Un premier choix fut effectué en juin 1923 ; c'était un poilu. Le 18 septembre 1923, ce même conseil municipal décida que le choix précédent n'était pas bon et qu'il fallait recommencer une nouvelle étude car certains membres au sein du conseil se demandaient s'il fallait représenter un poilu ou une Victoire. À l'issue d'un vote, les élus confirmèrent qu'ils voulaient un poilu. Dans sa séance du 18 novembre 1923, parmi les onze projets, le conseil fit le choix de celui de M. Edmond Chrétien, statutaire à Bordeaux, qui représentait « le poilu victorieux brandissant un drapeau et des lauriers ». Ce monument, d'un bel effet artistique, digne de l'hommage public dû à nos jeunes héros, symbolise « Le Retour ». Ce même jour, le 18 novembre 1923, le Conseil fit le choix de la construction et de l'emplacement. Le monument serait érigé sur le domaine communal, au droit de la mairie. L'orientation choisie fut : est, nord-est, c'est à dire vers l'Allemagne, pour obéir sans doute à la logique qui veut qu'un soldat regarde le champ de bataille et non qu'il lui tourne le dos, même quand cela serait pour admirer les beautés de son village. Le contrat avec M. Chrétien fut signé le 16 février 1924 et n'accordait à ce dernier que cinq mois pour réaliser les travaux. La statue du poilu est d'une hauteur de 2,30 m du socle à la tête et de 1,70 m de plus de la tête du poilu à la pointe du drapeau, ce qui donne une hauteur totale de 4 mètres. Le socle, dont les angles sont coupés, est exécuté en pierre de Vilhonneur (Charente) et a une hauteur de 3,5 mètres. Un tertre de gazon d'une hauteur de 0,50 mètres serait établi en dessous du socle ce qui porterait l'ensemble du monument à une hauteur totale de 8 mètres. La statue, ainsi que la palme figurant sur la face principale, seront exécutées en bronze d'art. En haut du socle, et sur ses quatre faces, seront gravés les mots : « La Marne, la Somme, Verdun, l’Yser ».

Sur trois des quatre faces, figurent gravés dans la pierre, les 65 noms des macaudais tombés au front. Sur la face principale, vers le bas du socle, est gravée l'inscription : « Aux enfants de Macau morts pour la France ». Les travaux ayant pris un peu de retard, l'inauguration prévue pour le 22 septembre 1924 fut reportée au 16 novembre de la même année. À cette occasion, il fut décidé que le monument serait béni et qu'un banquet serait offert aux députés et sénateurs, ainsi qu'aux maires du canton. C'est M. Jean Barateau, restaurateur à Macau, qui a été chargé du banquet. Ce dernier a eu droit aux félicitations de tout le conseil municipal pour l'organisation et le repas servi. Le monument a coûté 30 000 francs au total et, malgré toutes les souscriptions, nous n'avons pu récupérer que 25 000 francs. La commune a donc voté une subvention de 5 000 francs pour réaliser notre monument aux morts. Pour terminer complètement l'ouvrage, le conseil municipal du 14 septembre 1924 a souhaité que soit posée, une grille en fer plein et en fer creux avec des volutes en fer plat, tout autour du monument. C'est M. Jean Dulaurier qui l'a réalisée pour un montant de 2 456,25 francs en 1924.

Que de souvenirs de ces années de guerre ! Tous les jours, les familles attendaient des lettres des leurs et, parfois, c'était le maire qui se présentait chez eux pour leur apporter la mauvaise nouvelle.

Extrait du livre : Une pensée de Macau, Marie-Christine Corbineau, Les Enrasigaïres, 2012, p. 34.36.

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