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La Révolution dans la commune.

En 1789, l'assemblée nationale créa les départements, les districts, les cantons et les communes. C'est le 14 décembre 1789 que l'assemblée constituante vota la loi sur les municipalités. Elle supprimait les anciennes assemblées et désormais toute administration municipale serait constituée d'un corps municipal et d'un conseil général de la commune. Le corps municipal était formé du maire, des officiers municipaux et du procureur de la commune. Les localités comprises entre 500 et 3 000 habitants comptaient, avec le maire, six officiers municipaux. C'était le cas à Macau. Le conseil général de la commune se composait du corps municipal et des notables. Ceux-ci étaient toujours deux fois plus nombreux que les officiers municipaux. Tous les membres, maire, officiers municipaux, procureur de la commune et notables étaient élus pour une période de deux ans, par suffrage direct des habitants, renouvelable par moitié chaque année, et par tirage au sort. Les citoyens étaient répartis en citoyens passifs et citoyens actifs. Les citoyens passifs, non propriétaires, ne payaient pas l'impôt foncier et ne jouissaient pas du droit de vote. Seuls étaient électeurs les citoyens actifs, c'est-à-dire tout français âgé de 25 ans et plus, domicilié sur la commune au moins depuis un an et payant une contribution foncière d'un montant égal à trois journées de travail. Pour être éligible aux fonctions municipales, il fallait payer une contribution foncière d'une valeur de 10 journées de travail. Ceux qui remplissaient cette condition étaient peu nombreux. Le 25 mai 1790, le corps municipal de Macau et les notables composant le conseil général se rendirent à l'église pour recevoir le serment civique que devaient prêter les gardes nationaux et pour assister à la bénédiction du drapeau du régiment. Lorsque cette cérémonie fut accomplie, le Te Deum fut chanté dans l'église. La commune a toujours été plus importante que les autres ; en 1790 nous avions à Macau 246 citoyens actifs. Seulement 80 au Pian, 36 à Labarde et 130 à Arsac. À tel point qu'en mai 1790, pour la formation du département de la Gironde, la paroisse de Macau fut nommée chef-lieu d'un canton. Ce canton regroupait les communes de Ludon, Arsac, Labarde, Cantenac, Margaux, Soussans, Le Pian et Macau, bien sûr. Un décret du 20 septembre 1790 décida le partage des communes en sections. Le 25 juin 1791, le conseil municipal de l'époque reçut une lettre du procureur Syndic du District de Bordeaux, informant la population que le Roi et toute la famille royale avait été enlevés. Le procureur demandait à ce que les personnes et les propriétés soient respectées et que la paix règne dans les villages. Un arrêté du directoire ordonna que tous les fonctionnaires publics ainsi que les membres de la Garde Nationale se tiennent à leur poste et renouvellent leur serment de fidélité à la Nation. Pour que cette information soit portée à la connaissance de toute la population, le président du conseil ordonna que le prévôt avertisse la population, avec la caisse (tambour), afin qu'elle se rende à l'église de ce pas. Dans ce lieu, le président du conseil donna lecture de la lettre et du décret à toute la population. Un peu plus tard dans la journée, un autre courrier arriva à Macau, lequel annonçait que le Roi et toute la famille royale avaient été arrêtés. II fut demandé au maire de prévenir la population. Ce dernier s'exécuta, comme la première fois, dans notre église. Le 20 septembre 1792, la Convention Nationale sécularisa l'état-civil : désormais, naissances, mariages et décès devraient être enregistrés à la maison commune, la mairie. Le premier acte établi à Macau par M. Despin, maire, et non plus le représentant du clergé, M. le curé Robert, fut l'acte de décès de Mme Pétronille Cluzet, le 18 novembre 1792. « L'an mille sept cent quatre vingt douze et le dix huit novembre, et décédée, et inumé le lendemain, la citoyenne dame pétronille Cluzet, née à Bourdteux (probablement Bordeaux), abitante de la ville de Cahors, âgée de soixante ans, veuve de feu pierre Guichard, négotient à la ville de Cahors, nous, soussignés, rose Cluset, sœur germaine de la décédée âgée de cinquante ans et moy hilaire Guichard, fils de la susdite pétronille Cluzet, notre sœur et mère, est décédée ; le dix huitième du mois de novembre mille sept cent quatre vingt douze, et avons signé. Despin A. Maire - Hilaire Guischard - Rose Cluzet ».

Le 21 septembre 1792, la Convention Nationale abolit la royauté et proclama la République. Pour signifier cette rupture, elle décida le renouvellement des corps administratifs et communaux. Le 26 décembre 1792, se déroulèrent donc de nouvelles élections. Le sieur Dongey fut élu maire et les sieurs Jeantet, Dechans, Rondeau, Videau fils et Thomas, furent élus officiers municipaux. Le sieur Robert, curé, fut élu procureur de la commune. Ce même jour, les anciens élus et le sieur Despin, maire, remirent leurs écharpes aux nouveaux représentants du peuple. Le 17 juillet 1793 fut un grand jour pour Macau. En effet, le conseil, en réunion extraordinaire, reçut l'acte constitutionnel des droits de l'homme et du citoyen, suite au décret du 24 juin de la même année établi par la Convention Nationale. Pour une raison aussi importante, le conseil dut à nouveau convoquer au sein de l'église, l'ensemble de la population macaudaise et des paroisses environnantes composant l'arrondissement du canton de l'époque (Ludon, Le Pian et Labarde) afin de donner lecture du dit acte. C'est aussi en 1793 que fut annoncée à la population Macaudaise la devise de la France : Liberté Entière, Egalité Parfaite, Unité indivisible de la République. Le 17 septembre 1793, la Convention prit des mesures exceptionnelles pour soutenir l'effort de guerre, car la patrie était en danger. Elle vota la loi sur les suspects, menaçant d'arrestation « tous ceux qui, par leur conduite, leurs relations, leurs propos, leurs écrits, se sont montrés partisans de la tyrannie et ennemis de la liberté et ceux à qui il a été refusé des certificats de civisme ». Le 23 mars précédent, l'Assemblée avait déjà pris un décret créant dans chaque commune un Comité de Surveillance, lequel était chargé de contrôler les étrangers. La loi du 17 septembre élargissait le pouvoir de ces comités, qui devaient dresser la liste des suspects et délivrer contre eux des mandats d'arrêt. Le 15 octobre 1793 fut un jour plus sombre que les autres pour les macaudais. En effet, les autorités de l'époque firent le tour des familles d'émigrés. Elles se rendirent d'abord chez la veuve Élisabeth Cambon, qui se trouvait dans son chai. Elle fut arrêtée et emprisonnée avec un de ses fils resté avec elle, l'autre ayant déjà quitté le pays. Les autorités se dirigèrent ensuite vers la propriété de Joseph Emmanuel Villeneuve et arrêtèrent et emprisonnèrent toute la famille, du plus âgé au plus jeune. Joseph Emmanuel Villeneuve était noble, mais deux de ses fils étaient des émigrés (entre 1789 et 1800, 140 000 Français quittent le territoire en raison des troubles révolutionnaires. La plupart d'entre eux sont donc nobles, riches bourgeois ou bien prélats.). Les autorités partirent ensuite chez Mmes Jeanne et Catherine Dumé (Dumay), lesquelles furent elles aussi arrêtées et emprisonnées : elles avaient un frère émigré. M. et Mme Louis Arouch ainsi que leur fille Jeanne, furent également emprisonnés, pour la même raison que tous les autres. M. Pierre Rausan, noble, fut également emprisonné ; son épouse qui était malade fut laissée libre. Les autorités continuèrent leur route en allant chez M. Darche, noble, qui fut à son tour emprisonné comme le fut également Jean Roland, lui aussi noble. Ce fut ensuite le tour de Mme Madeleine Sainfort Bailles, épouse d'un dénommé Perpignan, et de sa fille Marguerite, dont l'époux et le père étaient absents depuis bien longtemps. Michel Dugravey fut lui aussi emprisonné, car il avait un frère qui était prêtre, lequel n'avait pas été vu depuis longtemps sur la commune. Ces arrestations se terminèrent à l'aube du 16 octobre 1793.

Le 24 novembre 1793, la Convention Nationale instituait le fameux calendrier républicain. Chaque mois comptait désormais 30 jours, répartis en trois décades. L'objectif était de supprimer le dimanche et de le remplacer par le décadi férié (dixième jour). En fait, la Convention voulait supprimer le jour sacré du dimanche et le remplacer par le « décadiférie ».

En l'an II en thermidor (du 1er juillet au 17 août 1794), cela faisait six mois que les Macaudais se contentaient d'une modique ration d'un quart de pain et de surcroît de mauvaise qualité. À cette période, les représentants de la commune, que l'on appelait le conseil général de la commune de Macau, avaient été jusqu'à Bordeaux pour chercher la ration qui avait été allouée aux quatorze cent citoyens. Malheureusement, ils ne ramenèrent qu'un mélange composé de graines de pézille (plante vivace) et de fèves, d'une qualité très médiocre. Le manque de pain se faisait grandement ressentir depuis plusieurs jours, les membres du conseil décidèrent cependant de moudre une partie de ce mélange mais cela ne fut pas du tout concluant, à tel point que le conseil décida d'en référer au conseil général de la commune, qui décréta immédiatement que cette farine aurait pu provoquer des maladies et ne devait plus être utilisée. Cette marchandise devait être rapportée à Bordeaux. Il faut dire qu'à cette époque, la France n'allait vraiment pas bien.

Le 16 thermidor de l'an deux (3 août 1794), il fallut descendre les cordes du clocher et réunir toutes les cordes qui pourraient être trouvées sur la commune afin de les acheminer au magasin national du district de Bordeaux. Il fallait fournir toutes sortes de produits pour les besoins de la Révolution. Devant la multiplication des plaintes de propriétaires de vignobles et toujours en l'an deux, mais au mois de fructidor (du 18 août au 2 septembre 1794), le conseil municipal avait dû prendre un arrêté afin de faire cesser le vol de raisins. Sous prétexte de ramasser des escargots ou bien de couper de l'herbe, certains citoyens ou citoyennes coupaient des grappes de raisins. Lorsqu'ils étaient pris, ils étaient condamnés à 24 heures de prison et conduits par le garde champêtre à la tour du bourg, avec un piquet de volontaires. II leur était mis un écriteau sur le front où l'on pouvait lire : « détenteur de propriété ». Le détenteur de propriété, en tant qu'oisif, s'approprie de manière frauduleuse une partie des richesses d'un autre. Ensuite, le condamné était exposé au regard du peuple pendant deux heures. Les chiens, qui étaient surpris en train de manger des raisins, étaient tués sur place par le garde champêtre. En l'an trois du mois de vendémiaire (du 22 septembre au 21 octobre 1794) la loi était devenue plus draconienne : la sentence était passée à 8 jours de détention au lieu de 24 heures. Le 19 germinal (8 avril 1795), un arrêté fut pris par le conseil général, lequel demandait à la population de ne plus laisser divaguer les animaux dans les rues et places du village, et surtout pas dans les lieux de sépultures. Tout animal pris était conduit au dépôt, en attendant d'être réclamé par son propriétaire, lequel, s'il s'agissait du premier méfait devait s'acquitter d'une amende afin de récupérer son animal. À la deuxième capture, l'amende étaient doublée. À la troisième, l'animal était confisqué et vendu par enchère au profit des pauvres de la commune. En effet, les animaux qui avaient tendance à se promener dans les rues, places et lieux de sépulture n'étaient pas seulement les chiens mais les chevaux, les vaches et plus particulièrement les cochons.

Extrait du livre : Une pensée de Macau, Marie-Christine Corbineau, Les Enrasigaïres, 2012, p.132.133.

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