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Le vendangeur.

Le terme de vendangeur regroupe en réalité plusieurs activités distinctes : certaines nécessitaient de la force, d'autre de l'habileté ou de la patience. C'est tout le village qui pouvait ainsi autrefois aider aux vendanges. C'est bien connu : le raisin mûr n'attend pas ! Les cahiers de présence des instituteurs attestent qu'il ne reste parfois plus qu'un ou deux écoliers en classe lors des vendanges. Surtout dans les années de guerre, lorsque tant de pères sont absents mais que les grappes sont toujours là, à couper chaque automne.

Un travail collectif : quand il faut vendanger, tout le monde s'y met, le propriétaire, la maîtresse de maison, les grands-parents, les enfants. Si la vigne est plus étendue, on fait appel aux amis, aux voisins, aux cousins, auxquels on rend la pareille le moment venu. Enfin, si le vignoble est vraiment très grand, l'appel à la main d’œuvre saisonnière est nécessaire. Les vendangeurs mercenaires viennent en famille, parfois de fort loin, se louer sur les places des villages. On les héberge comme on peut, dans les granges, les fenils, les cabanes des vignes... Le raisin n'attend pas, le confort passe après. Sur place, dans les vignes, le travail se répartit entre coupeurs, hotteurs et pressureurs.

Les coupeurs : ils font tomber les grappes dans un panier à l'aide d'une serpette puis d'un sécateur ; cet outil apparaît vers 1840 mais ne se généralise que lentement. Ce travail est réservé aux plus âgés, aux femmes et aux enfants, car il ne demande guère de forces. Il est pourtant fatigant car mené accroupi, dos courbé, genoux pliés, rangée après rangée, d'un cep à l'autre... Se déplier le soir, après une journée entière dans la même position, est bien difficile pour le corps engourdi. Tout l'honneur du coupeur consiste à avancer vite dans sa ligne, mais sans laisser de raisins sur les ceps. Parfois, la vendangeuse qui est trop lente ou qui oublie trop de grappes sous les feuilles a le visage badigeonné de jus de raisin par les garçons ! Enfin, quand le panier est plein, on appelle le hotteur et on verse le contenu de son panier dans sa hotte.

Les hotteurs : le portage des hottes, seilles, bennes... (le nom varie selon les régions) reste un travail d'homme car, une fois pleine, la hotte peut peser plus de cinquante kilos. Dans les pays en pente, on utilise aussi des mulets, bâchés avec deux hottes. En bout du carré de vigne vendangé, une charrette attend, dans laquelle le hotteur déverse sa hotte. Une ou plusieurs fois par jour, selon la taille du vignoble, la charrette va jusqu'au pressoir déverser le raisin par une fenêtre sur le sol nettoyé. Une autre charrette contient de grandes cuves qui prendront, une fois pleines, la direction du cellier pour que le vin rouge y fermente.

Les pressureurs : il y a bien longtemps que le foulage du raisin au pied ou en sabot n'a plus cours. Le pressoir en bois, avec son pas de vis, a pris sa place avant d'être à son tour mécanisé. Sur ces anciens pressoirs, qui ont subsisté dans les petites fermes jusqu'aux années 1970, il faut jusqu'à cinq ou six hommes sur la barre.

La journée du vendangeur : en général, on commence tôt, vers six ou sept heures du matin, après une collation et un verre de vin. Des collations, il y en a d'autres, tout au long de la journée, parfois jusqu'à quatre mais frugales. Du pain, de l'ail et des oignons seulement dans certains vignobles. Un peu de fromage ou de jambon en plus dans d'autres. Du saucisson, des rillettes ou sardines en boîtes aussi au XXème siècle.

Le principal est qu'on réussisse à tartiner son pain car il n'est pas question de s'encombrer d'assiettes. C'est le repas du soir, pris après la journée de vendange, qui offre à tous une soupe et un vrai plat copieux. Pas de véritable fête : on est fatigué, on a mal au dos, et on sait qu'on doit remettre ça le lendemain, même si ça n'empêche ni la bonne humeur ni les commentaires - par exemple sur la qualité supposée du vin en fonction de l'ensoleillement et des pluies de l'année !

Extraits du livre : les métiers d’autrefois, Archives et culture, Paris, 2014, p.152-153.


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