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Le vigneron.

Sous l'Ancien Régime, les paysans ont pour la plupart planté sur leurs terres une rangée de ceps qui leur assurent un peu de vin pour leur consommation personnelle. Mais quelques-uns, plus spécialisés, sont déjà mentionnés comme vignerons dans les registres paroissiaux.

Le calendrier du vigneron : l'année viticole est longue. Traditionnellement, elle commence à la Saint-Vincent, le 22 janvier, quand on solde les comptes de l'année écoulée et que le vin nouveau est fait ; mais cela correspond aussi au moment où les propriétaires de vignes bourgeoises, c'est-à-dire au XVIIIème siècle, les habitants des villes et des établissements religieux prennent à gages des vignerons pour l'année nouvelle. La véritable année viticole ne commence qu'en mars car on attend la fin des gelées, qui peuvent détruire les bourgeons jusqu'à la fin mai, pour tailler la vigne. C'est aussi le moment où le vigneron remplace les plants morts, soit en prenant des plants enracinés tirés des pépinières, soit en provignant, c'est-à-dire en couchant en terre un pied sain qui donnera trois ou quatre pieds nouveaux. Ce faisant, l'aspect de la vigne se transforme rapidement. Plantée en ligne au moment de son établissement, elle devient très vite une vigne en foule (en désordre) car les pieds provignés partent dans tous les sens. Cela serait un inconvénient si le vigneron utilisait une charrue pour labourer sa vigne ; mais il n'a ni cheval ni charrue, et il pioche sa vigne à la main. Il faut attendre les années 1880 pour voir apparaître les vignes bien alignées sur fil de fer, bien que la plupart conservent malgré tout un aspect anarchique dû à la multiplication en foule.

Un dur labeur : ces travaux de taille et de multiplication achevés, le vigneron donne, de la fin mars à début avril, un premier labour. Ce travail extrêmement pénible s'effectue à la houe ; en l'espace de trois semaines, le vigneron pioche ainsi un à deux hectares de vigne, aère la terre et détruit les mauvaises herbes. Début mai, le vigneron fiche les échalas, pieux de bois de chêne ou de châtaignier, longs d'1,45 m environ, destinés à soutenir la vigne et à maintenir les grappes éloignées du sol. Travail harassant encore, qui suppose le maniement de plusieurs dizaines de milliers d'échalas (il y a environ 20 000 pieds de vigne par hectare) qu'on a ôtés de la vigne fin octobre, qu'on a rapportés à la maison pour les épointer, et qu'il faut maintenant transporter à nouveau dans la vigne. Les échalas plantés, le vigneron donne un second labour, plus léger, qu'il appelle le binage, et qui est terminé à la fin du mois de mai. Puis la vigne fleurit, courant juin, les grains commencent à se former, le verjus grossit rapidement et, dans le courant de juillet, de toute façon avant la moisson des grains, le vigneron donne un troisième labour : on dit qu'il rebine ou encore qu'il tierce, ce travail a pour but de débarrasser la vigne des mauvaises herbes. Si la saison est très humide, un quatrième labour peut être nécessaire en septembre, avant les vendanges, pour permettre une maturation plus parfaite des raisins.

La vendange : entre-temps, femmes et enfants sont passés dans les vignes pour ôter les vers et autres insectes qui pullulent certaines années et s'attaquent à la feuille ou au fruit, tels le gribouri ou la pyrale. On a même recours aux processions et au Saint-Sacrement dans les vignes pour se débarrasser de ces hôtes encombrants. Dans certaines paroisses, on emmène poules, canards et dindons au milieu des ceps pour parfaire la besogne. Si la vigne a été épargnée, le vigneron vendange fin septembre ou début octobre. Les coupeurs, serpette à la main (le sécateur n'apparaît pas avant 1840 et se généralise tardivement), emplissent les paniers et les vident dans leurs hottes. Les hotteurs emplissent alors les bachoues, grandes hottes placées sur le dos des ânes, ou des cuves plus grandes transportées ensuite dans des charrettes en direction du cellier ou du pressoir.

Extraits du livre : les métiers d’autrefois, Archives et culture, Paris, 2014, p.156.

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