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L'île Cazeau.

Elle est disposée obliquement. L'île Macau qui figure comme la plus ancienne île de cette zone, on en parle déjà au XIème siècle, s'est déplacée pour rejoindre la rive gauche au cours du XVIème siècle. L'île Cazeau s'est maintenue. L'histoire de l'île Cazeau, baillée à fief (contrat par lequel on cède à quelqu’un la jouissance d’une chose pour un temps limité et moyennant un certain prix) au profit de Pierre de Cazau en 1542, se confond avec celle de l'île dite de Pissebemard et de Bayardeau « autrement appelée l'isle de Cazau ». Dès 1630, c'est la première île habitée. Au bas Moyen-âge, les bateaux chargeaient devant Margaux, Macau et l'estey de la Meyre ; le chenal de Macau conduisant les nefs (grands navires de la fin du Moyen-âge) vers Bordeaux générait un important trafic, sur la rive gauche du fleuve. Déjà en 1865-1869, un barrage avait été dressé de l'extrémité de l'île Cazeau à la rive gauche en amont du port de Macau, afin de détourner les courants de jusant (marée descendante) vers le Bec d'Ambès. Tout au long de ces années, la navigation sur la Garonne n'a pas été chose aisée. Vers 1888, il fut constaté des difficultés de navigation. Tous les bâtiments de fort tonnage devaient faire escale à Pauillac, à 74 km de Bordeaux, pour décharger sur des gabarres ou attendre les marées de vives eaux, car ils ne franchissaient pas sans danger le Bec d'Ambès. L'île Cazeau est une grande île, mais seule la pointe de l'île fait partie du territoire de notre commune, tout le reste appartient à la commune de Bayon, située en face de Macau. Jusqu'à la fin du XVIIIème siècle, les îles girondines restent peu peuplées. L'île Cazeau fait figure de proue puisque elle est occupée par une maison dès 1630. Au XIXème siècle, pour leurs terres réputées généreuses, les îles font l'objet d'un véritable engouement qui entraîne l'édification de véritables villages et ce, avant même le développement viticole de la seconde moitié du siècle. Vignoble de palus, préservé du phylloxéra par l'inondation hivernale de ses parcelles, le terroir des îles est à cette période très recherché. Pour la construction des digues, les propriétaires des îles ont été expropriés. En vue de leur indemnisation, il a été établi, en 1884, un tableau sur lequel il est noté que l'île Cazeau appartient à la famille Pierlot, l'île Verte à M. Abel Laurent et à sa mère, veuve de feu Abel Laurent Père, et l'île du Nord à la famille de Villeneuve. Texte de Mme Sophie Boisseau.

Sur l'île Cazeau, il y a les chasseurs qui vont à la tonne. Ils emportent avec eux des canards sauvages, qui leur serviront d'appelants. Il y a, entre autres espèces, des biganons. Pour permettre aux pêcheurs, gabariers et autres navigateurs de ne pas abîmer leurs embarcations, c'est M. Audureau qui alimente la lampe de la pointe de l'île. Le 26 février 1922, le conseil municipal a constaté que des transports de pierres s'effectuaient sur la digue sous-marine transversale, ce qui semblait indiquer l'intention du service des Ponts et Chaussées, de fermer le bras de rivière de Macau. Craignant que, dans un proche avenir, le port soit fermé à la navigation, le conseil municipal décida d'écrire à M. Miquau, conseiller général, afin qu'il use de son influence auprès de l'administration, en vue d'obtenir l'abandon de l'exhaussement de la digue sous-marine. En 1924, pour répondre aux vœux de toute la population de l'île, le conseil municipal de Macau demanda le rattachement de l'Ile Cazeau à la commune de Macau. En effet, cette dernière souhaitait vivement cette incorporation, en particulier au regard des difficultés, sans nombre, qui empêchaient les habitants d'envoyer leurs enfants aux écoles de Bayon. Personne ne pouvait contester le fait que la population se portait complètement vers Macau (approvisionnements de toutes sortes, envois postaux, chemins de fer, exportation de produits). Quel gain de temps sérieux en ce qui concerne ses rapports avec le service des finances, le jour où les habitants de l'Ile Cazeau pourront enfin s'adresser à la perception de Macau qui est toute proche, au lieu de devoir se rendre à celle de Bourg-sur-Gironde. Entre Macau et l'île Cazeau, c'est la Garonne qui coule pour le bonheur de tous et aussi pour tous les pêcheurs du secteur. À la saison, nous avons la chance de voir le mascaret, cette vague spectaculaire liée à la marée et qui remonte le fleuve à contre-courant. Il n'en existe que quelques phénomènes dans le monde. Lorsque la marée commence à monter, l'eau s'engouffre dans l'estuaire. Le flux se heurte alors au courant du fleuve et, par l'effet d'entonnoir de l'estuaire ainsi que du fait de la diminution de la profondeur du fleuve, une série de vagues se crée. Le mascaret grossit au fur et à mesure de sa progression et peut atteindre jusqu'à 2 mètres de hauteur. Cette série de 5 à 10 vagues rapprochées, suivie ensuite de remous, se déplace à une vitesse de 15 à 30 km/h, selon la profondeur du fleuve et sur près de 200 km à l'intérieur des terres, brassant violemment les berges qu'elle rencontre.

Texte de Sophie Boisseau. Extrait du livre : Une pensée de Macau, Marie-Christine Corbineau, Les Enrasigaïres, 2012, p.16.17.

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