Accueil
Le Canton
Blanquefort
Eysines
Parempuyre
Le Pian-Médoc
Ludon-Médoc
Macau
Saint-Médard-en-Jalles
Le Haillan
Le Taillan-Médoc
Saint-Aubin-de-Médoc
Bruges
-------------------------------
-------------------------------
Mode d'emploi
-------------------------------

Lettre d'information




Joomla : Porte du Médoc

Rechercher sur le site

Un terrain d’aviation à Blanquefort durant la Première Guerre mondiale.

Dès le début de la guerre, les blessés sont évacués sur les hôpitaux auxiliaires et temporaires ouverts en toute hâte dans toute la France pour palier l'insuffisance des structures d'accueil des hôpitaux militaires existants comme l'hôpital du Bequet pour notre région. Blanquefort accueillera deux établissements de ce type : l'hôpital russe pour les blessés militaires français, placé sous l'auguste patronage de S.M. l'impératrice Marie Fédorowna de Russie, et l'hôpital auxiliaire n° 12.

Compte tenu de l'éloignement du front, les blessés étaient parfois acheminés par voie aérienne jusqu'à Blanquefort où un terrain militaire d'aviation avait été ouvert à Fleurennes, propriété d'Amédée Tastet (actuellement établissements Bardinet dans la zone industrielle). De là, c'était au moyen de charrettes que les blessés étaient transportés à Saint-Michel. Une décision ministérielle de janvier 1919 mit un terme au fonctionnement de l'hôpital et une partie du mobilier et des objets qui s'y trouvaient fut donnée à l'hospice cantonal ouvert dans l'établissement. Deux ans plus tard, en 1921, l'autorité militaire levait la réquisition frappant les parcelles de Fleurennes qui retrouvèrent leur destination agricole.

Le livre d’or de Blanquefort, hommage aux morts pour la France, guerre de 1914-1918, Publications du G.A.H.BLE, 2005, p 113-116.

Le château Dulamon abritait, en 1918, en plus de l’hôpital, un centre de formation de l’aviation, ainsi qu’en témoignent les textes des cartes postales suivantes, transmises par Marie-Françoise Jay :

- Blanquefort le 1er mai 1918. « Bien cher oncle et tante. Ayant appris par mon père que vous étiez de retour, j’aurais du vous écrire de suite, mais je n’en ai pas eu le temps, car j’avais mes examens à passer et il m’a fallu revoir tout ce que j’avais appris depuis 2 mois. Je m’en suis très bien sorti, j’ai répondu facilement à toutes les questions et si je ne connais pas mes notes, je sais qu’elles sont bonnes. Je suis maintenant à la compagnie de départ à Blanquefort mais je partirai peut-être pas avant un mois car tous ceux qui sont mécanos sur avions de bombardement ne partent pas très vite. Ici, c’est la barbe, nous sommes logés dans la remise d’un château et pas trop bien nourris, mais le plus moche, c’est qu’on nous a tous coupés les cheveux ras et qu’on nous fait faire l’exercice toute la journée comme de simples bleus. Aussi, je fais tout ce que je peux pour y échapper, car cela ne me convient guère. Le pays n’est pas trop mal, c’est la campagne, des vignes à perte de vue et de beaux châteaux qui pour la plupart appartiennent à de gros industriels ou commerçants de Bordeaux qui est à 10 km. Enfin, je ne m’en fais pas trop car je suis bien philosophe, mais il y en aurait la place car je n’ai pas de perm avant 3 ou 4 semaines au moins. Je ne vais pas trop mal et souhaite que ma carte vous trouve en parfaite santé ainsi que la tante de Maucourt à qui vous ferez part de ma carte. Je vous embrasse. » M Thellevoux. 3° groupe d’aviation, 3° Cie, 30°escouade, Blanquefort, Gironde. (en marge) : vous me donnerez des nouvelles de Gilbert. Mes amitiés à M. et Mme Ducseau.

- Carte postale du château Dillon de Blanquefort. Blanquefort le 2 juin 1918. V. Piron 3° aviation 3° Cie 23° escouade, détachement de Blanquefort près Bordeaux, Gironde. « Chère Maman, j’ai quitté l’école ce matin, nous sommes cantonnés dans la banlieue bordelaise à 12 km de la ville dans les dépendances d’un château entouré d’un parc magnifique. Nous ne sommes pas mal nourris et faisons 2 heures d’exercice par jour en attendant le départ. Je t’ai envoyé une lettre aussitôt que j’ai vu que les permissions étaient refusées. Je te garantis que j’ai eu mal au cœur car je devais partir le soir même. Je me porte bien et pense que tu es de même. Je ne puis te dire, ni à quelle époque je pense partir, ni à quelle date je pourrai aller en perme. Dans l’attente de tes nouvelles, reçois, chère Maman, un gros baiser ? Ton fils. »

Il s’agit probablement du château Dulamon et de même pour la carte du château Gilamon de l’aviateur Roger Fleuret.

- Carte postale du château Gilamon de Blanquefort. Juillet 1918. Timbre absent. Roger Fleuret 3°aviation 2°Cie 30°escouade Blanquefort à M. Fau, Crédit Lyonnais, 13 Intendance Bordeaux. « Monsieur, comme vous en avez exprimé le désir, je vous communique ma nouvelle adresse. Il m’est maintenant impossible de me présenter à vous chaque mois, car il faut une permission pour aller à Bordeaux. Toutefois, j’espère bientôt être des vôtres pour 17 jours. Recevez, Monsieur, l’expression de mes sentiments respectueux. »

- Carte postale du château Dulamon de Blanquefort (mention écrite sur le côté du château : ancienne résidence Piganau, actuellement propriété du chocolatier Louit (où sont actuellement internés quelques débris peu historiques du 18ème Royal-Camboui) et au verso : du château Dulamon jeudi 26 décembre 1918. « Chère fifille. Eh bien ! ce réveillon s’est-il bien passé ? Le citoyen John y-a-t-il assisté. Je recevrai une lettre demain sans doute qui me racontera tout cela ; dans tous les cas, je pense aller à Bordeaux demain soir voir Marc (car je compte bien qu’il sera rendu) et il me racontera tout cela. Je n’ai pas été à la source des Rubans encore, mais j’ai l’intention demain soir de passer chez Nénette, je lui dirai qu’elle aille y voir, je lui parlerai aussi des patins. Que te dirais-je encore, que l’on s’ennuie à cent sous l’heure ici mais enfin que la classe approche quoique bien lentement quand même. Si l’on avait de quoi lire encore ! Ma plus grande occupation aujourd’hui a été de faire du feu (car il commence à faire froid). Déjeuner, dîner et maintenant préparer mes cartes de nouvel an aux anciens poilus du front landais et je me dépêche car je commence à avoir les pieds gelés tellement ce travail est réchauffant. Allons, je termine en t’envoyant de bons baisers ainsi qu’à maman et marraine en attendant ceux de mercredi. Ton papa exilé à Blanquefort. E. Bout. »

- Le seul dossier possédé par les archives municipales de la ville de Blanquefort comporte des documents de réquisition et d’indemnisation de terres agricoles autour de Fleurenne pour l’installation d’un terrain d’aviation dans les près de février 1918 à mars 1919 (sans plus de précisions sur le choix, les raisons et la fin de cet aérodrome provisoire).

Henri Bret.

Le troisième groupe d’aviation de Bordeaux.

En 1912, trois groupes d’aviation d’aéronautique sont créés à Versailles, Reims et Lyon. Le centre d’aviation de Pau, seul centre du sud-ouest, est rattaché au 3ème groupe de Lyon. Ces groupes d’aviation forment les spécialistes pour les mettre à la disposition des escadrilles.

A la fin de 1915, le 1er groupe passe à Dijon, le 2ème à Lyon et le 3ème à Bordeaux, ce dernier comprend :

- Une école de mécaniciens (moteur et avion) et une école de conducteurs d’automobiles pour les formations d’aviation stationnée sur les allées de Boutaut (futur camp Guynemer).

- Un dépôt d’aviation qui accueille le personnel formé en attente d’affectation à une escadrille. C’est peut-être ce dépôt qui est signalé à Blanquefort.

- Des compagnies et sections d’ouvriers d’aéronautique chargées de supporter les éléments d’aéronautique :

o La 5ème compagnie à Lormont (Usine Talbot)

o La 13ème au camp Guynemer.

o Les 2ème et 3ème compagnies à Blanquefort.

- Une section d’entrainement aérien qui, sur le terrain de Mérignac, assure l’entraînement en vol des cadres de l’école. En 1917, une décentralisation industrielle est décidée afin d’accroître la capacité de production d’avions et de moteurs et d’éloigner les usines du front. Les établissements parisiens De Marçay achètent une usine à Bacalan pour y construire des chasseurs SPAD VII, les usines Motobloc fabriquent des moteurs d’avions, etc. Pour contrôler ces productions, le SFA (service des fabrications aéronautiques) installe une antenne à Bordeaux.

Le journal officiel du 12.1.1920 prononce la mutation à Versailles du commandant Meynier du 5ème groupement d’annexes du service des entrepôts généraux à Blanquefort.

Le 3ème groupe sera dissous le 31 décembre 1919. La 13ème compagnie devient 13ème section d’ouvriers d’aviation et continue à assurer le support du centre d’instruction des spécialistes de l’aviation qui seul assurera la formation des mécaniciens jusqu’ son transfert, en 1932, à Rochefort.

Texte de Michel Baron.

joomla template