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 L’érection de la chapelle de Cachac en succursale.

Délibération et Vote par le conseil municipal du 20 février 1870 : Le vingt février mil huit cent soixante dix, le Conseil municipal de la commune de Blanquefort s'est réuni au lieu ordinaire de ses séances, en vertu d'une autorisation spéciale de M. le préfet, pour sa première session ordinaire. Étaient présents MM. Tartas et Delas, adjoints, Lafon, Bosmorin, Corbineau, de Saint-Quentin, Vert, Dégrange, Touzin, Lacaze, Debin, Dubourdieu, Butano, Nonier et Dorey, conseillers municipaux.

M. l'adjoint donne lecture d'une lettre de M. le Préfet demandant l'avis du Conseil au sujet d'une pétition qu'elle accompagne signée d'une partie des habitants du nord de la commune et comprenant le village de Cachac, Peybois, la Rivière et Linas. Ces habitants demandent l'érection d'une paroisse sur le territoire des dits villages, suivant les indications du tracé d'un plan qui est joint au dossier.

Les pétitionnaires, se fondent sur l'éloignement où ils se trouvent de l'église paroissiale du bourg et les difficultés qu'ils en éprouvent pour se rendre aux exercices du culte, difficultés qui, pour les femmes, les vieillards et les enfants, deviennent insurmontables par les temps rigoureux. Ils exposent en outre qu'ils ont fait construire une église et qu'ils s'imposeront encore des sacrifices pour la construction d'un presbytère et pour pourvoir la nouvelle paroisse de tous les objets nécessaires au culte, sans rien demander à la caisse communale.

Un membre du Conseil émet l'opinion que la pétition indique clairement une tendance à un fractionnement de la commune. Ce résultat, qu'il prévoit dans un avenir prochain, si la demande est accueillie, serait désastreux pour les deux parties qui en éprouveraient un affaiblissement et un grand préjudice. C'est toujours ainsi que se font les séparations de communes. Une paroisse est d'abord formée avec des écoles ; les rivalités naissent ou s'accentuent, si elles existent déjà et de là l'irritation, puis la séparation, conséquence inévitable.

L'honorable membre cite l'exemple de la section du Haillan érigée en commune aux dépens de celle d'Eysines. Il termine en suppliant le conseil de s'opposer à l'érection de la paroisse et de concéder seulement celle d'une chapelle que desservirait le vicaire de Blanquefort. Plusieurs membres appuient cette opinion. D'autres membres prennent successivement la parole dans le sens opposé et disent en résumé : tout le monde est d'accord sur les fâcheuses conséquences qui résulteraient d'un fractionnement de la Commune. Mais ce danger n'existe pas. Caichac et les villages voisins n'ont aucun intérêt à se séparer civilement de Blanquefort et le fractionnement résulterait bien plutôt d'une résistance du Conseil à accorder une demande fondée en justice que de son acquiescement à cette demande.

La séparation de la section du Haillan que l’on cite est bien un exemple frappant de cette vérité et sans vouloir aucunement juger les actes du Conseil municipal d'Eysines, on peut dire que les résistances exercées pendant plusieurs années aux demandes des habitants du Haillan par. ce conseil ont fait naître l'irritation d'où est née la séparation. D'ailleurs, la situation n'est pas la même : le Haillan situé sur une route départementale différente de celle d'Eysines est bien plus éloigné de ce bourg que Caichac ne l’est de Blanquefort. Le Conseil doit donc examiner si la demande faite aujourd'hui est juste et, dans l'affirmative, l'accorder. Or, le fait n'est douteux pour personne et les raisons dont se prévalent les pétitionnaires sont irrécusables.

L'établissement d'une chapelle n’est qu’une demi-mesure qui ne remplit pas le but recherché, celui principalement du séjour d'un prêtre dans ce centre de population considérable qui est éloigné du bourg. La partie nord de la commune est à peine représentée au sein du Conseil municipal. Par une fatalité regrettable, les membres qui en proviennent sont presque tous morts ou absents. Le Conseil municipal de Blanquefort tel qu'il est aujourd'hui est le représentant de toute la commune et non de certaines parties, il sauvegardera les intérêts de tous et mettra la justice au dessus de toute autre considération.

Le Conseil, après en avoir délibéré, décide à la majorité, qu’il donne un avis favorable à l'érection d'une paroisse à Cachac, conformément au voeu des pétitionnaires. Il exprime cependant le voeu que la délimitation de la nouvelle paroisse soit modifiée comme il suit : la ligne de démarcation suivra le chemin partant de la lande, traversant le Tanaïs, propriété de M. Avril, laissant la métairie dans Blanquefort ; à la limite de la propriété dite Tessier, cette ligne devra suivre le ruisseau jusqu'à la digue des Padouens et de là, une ligne droite au nord.

Suivent les signatures.

Texte issu des archives municipales de Blanquefort.  Henri Bret

[Notons qu’en 1870, l’écriture officielle est Cachac, avec une variante Caichac à l’intérieur du texte. Le « y » n’est pas encore apparu. On le rencontrera dans les délibérations du conseil municipal au début du XXème siècle].

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