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L'école d'agriculture de Blanquefort.

Elle a été créée en 1923. L'intendant Dupré de Saint-Maur avait fondé une première école à Floirac mais elle n'avait pas survécu à la Révolution. Au début de la IIIème République, la loi du 16 juin 1879 a organisé l'enseignement départemental de l'agriculture. Elle a eu peu d'effet : en 1925, l'enseignement agricole formait 2 000 élèves en France alors que la population agricole représentait 35 % de la population active ! La loi du 21 avril 1912 a créé la Direction Départementale des Services Agricoles qui nommait les instituteurs ruraux chargés de l'enseignement agricole. En Gironde, ils étaient quatre professeurs d'agriculture à Libourne, Cadillac, La Réole et Blanquefort. Pourquoi créer une école d'agriculture à Blanquefort au lendemain de la première guerre mondiale alors qu'il en existait déjà une à La Réole ? Blanquefort est au centre du département et au terminus d'une ligne de tramway.

Édouard Avril, ingénieur civil, décédé le 8 août 1888, a légué à la commune de Blanquefort son domaine de Béchon à charge d'entretenir à perpétuité son tombeau familial et de fonder une école d'agriculture. Au lendemain de la guerre, il faut palier la pénurie de main-d'œuvre agricole par la mécanisation, l'utilisation par exemple de semoirs, d'arroseurs mécaniques... Les élèves de l'école d'agriculture doivent posséder le certificat d'études et passer le concours d'entrée. La durée des études est de deux ans. L'enseignement est scientifique et technique : toutes les disciplines agricoles sont abordées : viticulture, horticulture, élevage, etc.

En 1929, le prix de la pension est de 1 100 francs par an mais beaucoup d'élèves bénéficient de bourses attribuées par la chambre d'agriculture. Ils ne sont pas tous d'origine rurale : la première brochure éditée par l'école précise qu'elle accueille les « jeunes gens de familles aisées qui voudraient prendre en main la direction de leurs propriétés ». Les fils d'agriculteurs peuvent suivre les cours de l'école l'hiver, à Bommes (la Tour Blanche) ou à Montagne près de Libourne de novembre à mars. L'école a fourni des régisseurs et des maîtres de chais aux châteaux viticoles du Bordelais.

La crise agricole des années 1930 a multiplié les coopératives et créé des emplois. À Blanquefort, l'école comportait deux classes de vingt-cinq élèves environ ; les salles de cours se trouvaient au rez-de-chaussée et les dortoirs à l'étage. Une série de cartes postales nous donne une idée concrète de l'enseignement en salle et sur l'exploitation agricole. Pour les travaux pratiques, le Ministère de l'Agriculture louait le domaine du château Dillon à la comtesse d'Arlot de Sinsot [en fait Saint Saud]. À la mort de celle-ci en 1962, il est devenu propriétaire.

La loi du 2 août 1960 relative à l'enseignement agricole a créé le lycée agricole moderne dans sa structure actuelle : une douzaine de classes de la seconde à la terminale pour préparer le baccalauréat D et le brevet de technicien agricole. Après le baccalauréat, les élèves peuvent accéder à deux sections de techniciens supérieurs et à une préparation à l'école des Ingénieurs des Travaux Agricoles. De nouveaux bâtiments ont permis d'accueillir des élèves plus nombreux : un amphithéâtre, un gymnase, un collège féminin, l'enseignement n'étant pas mixte à l'époque...

M. Chatenet, directeur de 1952 à 1962, a été le rénovateur de l'établissement. M. Peyrat lui a succédé de 1965 à 1973, puis M. Navarre de 1973 à 1996. Après eux, le lycée essentiellement voué à la viticulture et à l'œnologie s'est adapté à l'évolution des débouchés vers les formations du secteur agro-alimentaire notamment. Les trois établissements de Bommes, de Montagne et de Blanquefort ont été regroupés. Édouard Avril peut être rassuré, l'école d'agriculture a de l'avenir...

Michel Cognie, Bulletin du G.A.H.BLE n°75, décembre 2013.

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