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Le Médoc des vignes.

C’est sur ces sols graveleux, issus d’alluvions du quaternaire qui semblent faits pour la culture de la vigne, que celle-ci a trouvé sa terre d'élection. Le paysage y est anthropique car il n'a rien de naturel. L’intervention de l'homme en a fait un jardin rigoureux, méticuleux, net, « un luxe de culture », note le peintre et viticulteur Odilon Redon dans son journal. » (A Soi-Même, Librairie José Corti, Paris, 1979, p. 12). Un Médoc maîtrisé en quelque sorte.

Mais soyons méfiants envers ce mythe d'un Médoc naturellement et éternellement viticole. Notons d'abord que pour la population de cette partie du Médoc, c'est la « Rivière » qui fonde son identité, d'où leur nom : les Ribeirons, les « habitants de la Rivière », signe qu'antérieurement à la vigne c'est bien ce grand fleuve qui a fabriqué leur paysage naturel et mental. La viticulture n'y a vraiment exercé son emprise qu'à partir du XVIIème et surtout du XVIIIème siècle, lorsque les parlementaires bordelais ont constitué des grands domaines. Auparavant, dominaient les cultures céréalières et vivrières et n'existaient que quelques noyaux de viticulture. D'ailleurs, à l'époque de la « fureur » de planter la vigne, les autorités administratives ne manquèrent pas de s'inquiéter de cet impérialisme viticole, craignant que l'abandon des cultures anciennes ne soit à l'origine de disettes. N'oublions pas que le développement de la viticulture ne fut pas toujours synonyme de richesse et d'abondance. La fluctuation des cours du vin, les incertitudes de la météo et les maladies de la vigne ont provoqué bien des malheurs, surtout chez les viticulteurs modestes. Tel est le « joug » de cette culture, qu'évoque aussi Odilon Redon : « Le vin, qui la fit autrefois célèbre, domine tous les espoirs des habitants qui lui sacrifient tout de leurs ressources ou de leurs labeurs. Mais il vient ou ne vient pas. Et pendant les années de disette, l'homme reste quand même attaché au joug de sa culture. Domination mystérieuse. »

Domination qu'exprima à la fin du XIXème siècle un écrivain populaire du Médoc, Piarillot dans un poème en occitan intitulé « Las sudors dau praube», « Les sueurs du pauvre » :

« Vinheron, ditz me pre cui sudas ?

Podas las astas toudas.

Benlèu n'auràs pas de vin,

N'as pas fenit tas esprubas ;

Ton most n'es pas dens tas cubas.

Ton mau n'es pas a sa fin. »

« Vigneron, dis, pour qui peines-tu?

Tu tailles les sarments tordus.

Peut-être n'auras-tu pas de vin,

Tu n'as pas fini tes épreuves ;

Ton moût n'est pas dans tes cuves.

Ton mal n'est pas à sa fin. »

Poème  d'Alain Viaut, texte extrait du livre de Christian Coulon, Médoc, les valeurs du lieu et autres textes, éditions Confluences, 2014, p.30.31.

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