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Le départ des Allemands

Le 26 août 1944, les forces allemandes quittent la ville. Le 26, la Kommandantur ferme la marche en abandonnant ses différents locaux de l’avenue Montaigne. Il y a 70 ans, le 26 août 1944, les soldats et officiers de la Kommandantur quittent l'immeuble qu'ils ont occupé avenue Montaigne. C'en est fini de l'occupation allemande à Saint-Médard. L'évacuation des troupes s'est échelonnée durant tout le mois, non sans dégâts. Ainsi, les Allemands commencent par faire sauter les installations de la poudrerie et plusieurs dépôts de munitions, occasionnant d'importantes conséquences dans les quartiers de Corbiac et de Magudas. Le 23, c'est l'arsenal du château Bel Air, au Haillan, qui a sauté.

Les Allemands partis, on entre dans une autre période trouble, marquée par la tonte de plusieurs femmes sur le perron de la mairie, des femmes très rapidement accusées d'avoir eu des relations coupables avec l'ennemi. Pour certaines, elles avaient été employées par les Allemands à des taches de secrétariat ou de services domestiques.

Une semaine après le départ des hommes de la Kommandantur, le 1er septembre 1944, le chef local des FFI, Boyau, réinstalle l'ancien maire, Antonin Laroque, un poudrier cégétiste qui avait été élu avant guerre. Les Allemands ne sont toutefois pas tous partis : certains ont été faits prisonniers et internés à Caupian. On les utilise alors au déblaiement de la poudrerie dévastée. Plusieurs de ces hommes seront victimes d'une épidémie de typhus et enterrés sur le terrain de tir de Caupian. Les derniers de ces prisonniers quitteront la ville au cours de l'année 1946.

Revenons à août 1944. Quatre années se sont écoulées depuis l'été 1940, quand les premiers détachements, avec des motocyclistes en tête, passaient la Jalle, à Gajac. Ces éclaireurs se méfiaient d'un éventuel sabotage du pont. Dès lors que la voie fut jugée libre, un premier gros convoi de matériels traverse la ville pour se diriger sur la côte Atlantique.

Mais les Allemands ne tarderont pas à s'intéresser à Saint-Médard, du fait, bien sûr, de sa poudrerie dont ils ont tôt fait de s'en emparer. Ils commencent alors par recruter des anciens ouvriers locaux. À l'intérieur de l'établissement, beaucoup de ses personnels déploient des trésors d'imagination pour ralentir la production, tandis que le réseau de résistance, Scorpion, coordonne, de l'intérieur, le renseignement nécessaire aux futures attaques aériennes alliées.

À la fin 1942, les Allemands font travailler 10 000 ouvriers à la poudrerie, de jour comme de nuit ; 15 000 ouvriers en 1943.

Les troupes allemandes sont alors stationnées aux camps de Caupian et de Souge. La résistance des poudriers porte ses fruits. Tout d'abord, la production attendue est loin d'être au rendez-vous et les nouveaux chefs de la poudrerie, ainsi que leurs travailleurs assujettis, ne connaissent rien aux techniques de fabrication. Les poudriers inventent excuses et stratagèmes que l'occupant ne sait déjouer.

Le Renseignement intérieur n'est pas en reste. Le 5 avril 1944, une centaine d'avions survole Saint-Médard, mais c'est une fausse alerte : le bombardement est réservé à l'aéroport de Mérignac.

C'est un court répit : trois semaines plus tard, dans la nuit du 30 avril au 1er mai, 70 Lancaster et cinq Mosquito de la Royal Air Force pilonnent la poudrerie. 500 bombes sont larguées. (Certaines sources évoquent la nuit précédente comme étant celle du bombardement ; en fait, il semble qu'il y aurait eu un repérage la nuit du 29 au 30 avril). À l'effet des bombes s'ajoute l'explosion de 80 tonnes de poudre. La poudrerie est dévastée mais pas seulement. De nombreuses maisons sont touchées à Hastignan et l'on enregistre des dégâts un peu partout, à la mairie, à l'église, à la poste, aux bains douches, dans les écoles, écoles pour ne parler que des bâtiments publics.

On ne déplore toutefois « que » quatre morts, deux Français et deux Allemands.

Le cas des Indochinois.

Ce camp de Caupian fut utilisé lors de la Seconde Guerre mondiale pour des travailleurs indochinois, envoyés, pour la plupart, sous la contrainte en France, pour suppléer les Français partis au Front. Arrivés d'octobre 1939 à mai 1940, via 15 bateaux à Marseille, ces hommes ont d'abord été acheminés au camp des Baumettes (l'actuelle prison). Les travailleurs indochinois furent alors répartis en 73 compagnies de 200 à 250 hommes, puis affectés dans les usines d'armements de France.

La poudrerie de Saint-Médard accueillit les premières compagnies, fin 1939, avec un total de 2 000 hommes. Les Allemands en firent ensuite usage à la poudrerie. Quelques-uns de ces hommes restèrent jusqu'en 1950 sur la commune, travaillant à la poudrerie ou chez des propriétaires agricoles.

Article du journal Sud-ouest du 25 août 2014, Hervé Pons.

Sources : « Saint-Médard au fil du temps », publié en 1999 par la Ville. Source : « Les Poudriers dans la Résistance », Claude Courau, édition Princi Néguer ; L'ouvrage publié pour la poudrerie à l'occasion de son 350e anniversaire ; L’association CHB (Cercle Historique Blanquefortais) et son site : portedumedoc.free.fr. Voir aussi le site : www.travailleurs-indochinois.org


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