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Blanquefort, vu du ciel.

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Aux confins méridionaux du Médoc et dans la Communauté urbaine de Bordeaux, la ville de Blanquefort est une agglomération importante dont le territoire étendu est constellé de hameaux et d’anciens domaines viticoles gagnés par l’urbanisation. Dans la seconde moitié du XXème siècle, la construction de nombreux lotissements et résidences répond à la dynamique d’accroissement de l’agglomération bordelaise. La grande mutation de Blanquefort dans la seconde moitié du XXème siècle s’illustre aussi par l’industrialisation de son vaste marais. L’implantation de l’usine Ford dans les années 1960 inaugure le développement d’un bassin industriel atteignant plus de 400 hectares aujourd’hui. Sur le plateau calcaire, avec son lot de demeures et de parcs édifiés entre le XVII et le XIXème siècle, le centre de Blanquefort reste fortement marqué par le phénomène viticole.

Deux grandes tendances s’observent dans l’histoire de l’architecture des châteaux blanquefortais. Si la chartreuse connaît un succès durable à compter du XVIIIème siècle, elle s’efface dans la seconde moitié du XIXème siècle face à un éclectisme colossal qui autorise toutes les citations stylistiques dans de fastueux déploiements d’architecture et de décor. Malgré l’extension urbaine de la commune, le centre formé du vieux bourg d’origine médiévale, avec ses éléments constitutifs que sont l’église Saint-Martin, son clocher et sa place, restent des repères francs. Édifié par Arnaud Corcelles dans le premier tiers du XIXème siècle, le clocher de l’église, original, forme une tour octogonale de 45 mètres de haut ; il rappelle les formes épurées de l’architecture révolutionnaire du dernier tiers du XVIIIème siècle, ô combien épris d’utopie.

La chartreuse de Carpinet.

Parmi les nobles demeures de Blanquefort, le type architectural de la chartreuse, élevée de plain-pied sur un niveau, est représentée tant dans les atours classiques du XVIIIème siècle que dans les prétentions monumentales du siècle suivant. La chartreuse de Carpinet (XVIIIème siècle), située près de la mairie et qui abrite aujourd’hui la Maison du patrimoine, appartient au modèle parfait de la chartreuse. Sa façade s’organise autour d’un fronton porté sur les trois travées centrales et établi à fleur d’une toiture couverte de tuiles canal.

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Le parc de Majolan.

À la mort des époux Prom, propriétaires du château Dulamon, leur fille se marie à Jean-Auguste Piganeau, issu d’une illustre famille de banquiers bordelais, qui gère le domaine et son vignoble en employant un tiers de la population blanquefortaise. Vers 1880, le couple décide la création d’un parc d’agrément, établi au bas du coteau de Dulamon sous la belle façade du château. Il est agrémenté d’un plan d’eau intégré au cours de la jalle de Blanquefort dont le bras nord, équipé de deux écluses, traverse le parc. L’eau y est essentielle. Elle remplit aussi les fossés qui délimitent le parc à l’ouest et au sud, sans l’isoler visuellement des exploitations maraichères du marais asséché de la Grande Jalle. Outre l’univers de l’eau et le monde végétal, par ses grottes artificielles et ses enrochements souterrains, le parc célèbre aussi le règne de la nature minérale et inquiétante tandis que de fausses ruines racontent l’inexorable fuite du temps. Acheté par la municipalité en 1975, le parc de Majolan est aménagé en un lieu public de promenade qui fut inauguré en 1985.

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Le château Dulamon.

Au sud de Blanquefort, sur les pentes du coteau dominant la jalle, le château Dulamon est la maison de maître d’une ancienne exploitation viticole. Acquis par Philippe Dulamon en 1773, le domaine est la propriété du négociant Joseph Prom et de son épouse quand est reconstruite la demeure suivant les plans de Jules Lafargue (vers 1865). Son allure royale s’inspire du classicisme français des châteaux du temps de Louis XIV : un grand pavillon central distribue les deux corps de logis flanqués de deux pavillons aux angles. L’ensemble est couvert de hautes toitures d’ardoises. Le château accueille aujourd’hui un lycée professionnel privé.

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La forteresse.

Depuis ses origines au XIème siècle, le siège de la seigneurie de Blanquefort boude les hauteurs du plateau qui porte le village : tirant partie d’un affleurement calcaire au pied du coteau, il profite de la défense naturelle des marais. C’est en fait pour beaucoup la voie fluviale que surveille la vieille forteresse, propriété de la puissante famille des Durfort durant tout le Moyen-âge à compter du XIIIème siècle. Aux mains de l’Angleterre par son alliance avec les seigneurs locaux, le site acquiert un rôle éminemment stratégique durant la guerre de Cent Ans, surveillant l’accès à Bordeaux, capitale de la Guyenne anglaise. En 1453, après la victoire française de Castillon-la-Bataille, le château fort est confisqué à Gaillard IV de Durfort par Charles VII, roi de France, pour ne lui être restitué qu’à son retour d’exil en 1475. En 1480, son fils Jean Durfort lui succède à la tête de la seigneurie ; il est nommé à deux reprises par le roi maire de Bordeaux, entre 1480 et 1485, puis entre 1495 et 1515. C’est une fois rattachée au domaine français, dans la seconde moitié du XVème siècle que la forteresse de Blanquefort est reconstruite et pourvue de larges douves. Ses nobles ruines se dressent à proximité de la jalle et du moulin de Canteret, sur un vieux chemin emprunté autrefois pour atteindre le village.

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La jalle de Canteret.

Le marais de Blanquefort appartient au grand marais nord de Bordeaux, qui s’étend de Bruges à Ludon-Médoc sur environ quinze kilomètres pour trois à six kilomètres de large. Dans ce vaste ensemble de terres humides, le marais de Blanquefort pénètre à l’intérieur des terres sur le parcours de la Grande Jalle, qui coule au sud de la commune. Cette jalle majeure prend sa source dans la commune de Saint-Jean-d’Illac vers l’ouest, traverse Eysines et les bas coteaux de Blanquefort avant d’atteindre le fleuve. Drainant l’intérieur des terres humides et sablonneuses, elle reçoit les eaux de nombreux petits ruisseaux dont la jalle de Martignas, le plus important de ses affluents. En amont de Blanquefort, au niveau du pont du Taillan, la jalle se divise en deux bras : le bras nord, appelé successivement jalle du Taillan et jalle de Canteret, parcourt les communes du Taillan et de Blanquefort, le bras sud serpente sur les territoires d’Eysines et de Bruges sous les noms de jalle d’Eysines et jalle du Sable. Au XVIIIème siècle, plusieurs moulins ont été construits sur les deux lits de la jalle, tel celui de Canteret.

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Le pont des Religieuses.

La grande jalle de Blanquefort ne forme plus qu’un bras quand elle atteint le fleuve à la hauteur du pont des Religieuses. Ici, entre l’embouchure et le pont, un double ouvrage d’écluse construit en deux temps, en 1955 et 1987, permet de contrôler le niveau des eaux du marais et de la Jalle.

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Le château de Grattequina.

Offrant sa belle façade au regard des plaisanciers qui naviguent sur la Garonne, le château de Grattequina porte le nom de l’île qui reçoit ses fondations. À l’initiative des Ponts-et-Chaussées, qui veille à l’entretien du chenal de navigation, l’île de Grattequina est rattachée à la terre ferme, contre le marais de Blanquefort, au moyen de barrages et de digues édifiés entre 1855 et 1865 pour retenir le limon et provoquer un atterrissement. Les courants ainsi dirigés vers le chenal de navigation devaient favoriser naturellement son dragage. Elle forme alors plus de vingt hectares plantés de vignes, d’aubarèdes et d’oseraies. Cette vieille propriété des seigneurs de Blanquefort qui la possèdent jusqu’en 1783, appartient à Frédéric Gièse, négociant en bois tropicaux, au moment des grands travaux de rattachement à la berge. Peu de temps après, en 1782, l’architecte Louis-Michel Garros édifie la prestigieuse demeure du domaine. Dans les années 1970, la monoculture de maïs, une agriculture fortement mécanisée, transforme le paysage de l’île ainsi que celui des marais attenants ; le château et ses dépendances sont progressivement abandonnés. Restaurée il y a peu, la bâtisse est aujourd’hui un lieu de réception.

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Le château Magnol.

Connu autrefois sous le nom de château du Dehez, il devient en 1986 le château Magnol, d’après le nom du vignoble qui entoure les bâtiments. Le château du Dehez est une chartreuse classique, entourée de nombreux communs, dotée de deux tours-portes du XVIIème siècle ; la façade très sobre, probablement du début du XVIIIème siècle, est précédée d’une double terrasse séparée par un grand escalier de pierre et fermée par une grille en fer forgé. La vue aérienne du Dehez montre que son plan général affecte la disposition classique d’une villa gallo-romaine.

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Le château Breillan.

Avec ses tours à mâchicoulis et ses chemins de ronde, ses ouvertures à meneaux et traverses, ses pignons à crochets et ses hautes toitures d’ardoises, le château Breillan est un bel exemple d’un style timidement représenté au XIXème siècle dans l’architecture des châteaux viticoles, le style néo-médiéval. Édifié après 1838, quand il est la propriété de Frédéric Portal, il illustre l’intérêt porté à l’architecture castrale et à sa charge symbolique. Le chalet d’entrée qui ouvre sur le parc porte la date de 1845 pour sa construction. Le château abrite aujourd’hui un centre socio-éducatif.

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Le château Dillon.

Le château succède au château de Terrefort, ancienne seigneurie médiévale, quand Robert Dillon l’acquiert en 1754. Il y édifie une demeure rachetée en 1829 par François Seignouret, qui y prévoit de nouveaux aménagements et décors intérieurs. Propriété de l’État, joint au lycée agricole de Blanquefort à vocation viticole, le château est resté à l’abandon.

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Texte et photographies extraits du livre : Plein ciel sur le Médoc, Berger M Editions, 2008, 352 pages. Avec l'accord, pour les photos, de Michel Berger, et  pour les textes, de Sophie Boisseau.

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