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Christophe Meyer et son hôtel bordelais.

À l’extrémité des allées de Tourny, face au Grand-Théâtre, un hôtel particulier connut deux personnages hors du commun. Lorsque le très riche Christophe Meyer, négociant en vin et Consul général de la ville-république de Hambourg, en fit l’acquisition en 1793, celui-ci ne comportait qu’un rez-de-chaussée et un entresol comme les immeubles voisins autour de la place. Meyer obtint exceptionnellement l’autorisation d’élever deux étages et un péristyle à six colonnes. L’architecte Louis Combes (1757-1818) réussit à faire coexister avec bonheur les styles néoclassique et rocaille. Colonnes doriques, fenêtres à balustres et frontons triangulaires, corniche denticulée se sont rajoutés sans heurter l’harmonie générale du bâtiment, de la place et des allées. Nous le voyons aujourd’hui tel qu’il se présentait à son achèvement en 1796. Ce qui ajoute à l’intérêt de cette demeure c’est le séjour que firent deux hôtes allemands au lendemain de la Révolution.

Un adorateur de Bordeaux : d’abord ce fut le refuge du jeune et fragile poète allemand, Friedrich Hölderlin (1770-1843), qui y résida quelques mois, de janvier à mai 1802, en qualité de précepteur des filles de la famille Meyer. Un an auparavant, Christophe Meyer avait reçu la visite de son frère Lorenz (1760-1844) qui parcourut l’Angleterre, l’Allemagne, l’Italie, la Russie. Lors de son séjour dans notre ville, sa bonne humeur et son érudition avaient gagné la sympathie des Bordelais. Encyclopédie vivante, il perpétuait la tradition intellectuelle des grands esprits du siècle des Lumières. Outre l’allemand et le français, il parlait l’anglais et l’italien. Il aimait la vie intense de Bordeaux, son port grouillant de monde, « le tumulte du chargement et déchargement sur les quais, les manœuvres et les cris des matelots » et « le délicieux tableau sans cesse renouvelé par les effets de lumière qui changent à toute heure de la journée ». Emporté par la beauté du site, il ajoute : « C’est une vue que pour la grandeur et la majesté je ne puis comparer qu’à celle de Gênes et de Naples. »

Cette impression peut nous paraître exagérée aujourd’hui, or la Garonne offrait la vision d’un port de mer que la construction des quais verticaux à la fin du XIXe siècle a réduit de près de cinquante mètres en bord de rive. Il décrit aussi les goûts de la société bordelaise au temps du Consulat : « À Bordeaux, la sociabilité constitue le fond des relations mondaines […] La politesse française s’y allie avec la bonhomie allemande » […] « on ne court pas à la mode » […] « Dès onze heures du soir, les maisons et les rares cafés qui existent ici sont fermés. On vit entre amis et le cercle des amis constitue une autre famille […] Les cercles des dames tiennent leurs assises entre sept heures et dix heures du soir. » Ce savant homme était réputé pour ses descriptions vivantes et pittoresques, son extrême courtoisie, sa tolérance et sa grande spiritualité.

Article du journal Sud-ouest du 27 janvier 2015, signé Cadish.

Pour découvrir le domaine de Fongravey, propriété de Christophe Meyer en 1806, cliquez ICI.

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