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L’insolite au fil des balades.

La ville présente un peu partout des traces de son riche passé, ancien ou récent, bien souvent insoupçonné. À la connaissance, s’ajoutent de belles promenades.

Saint-Médard est la ville de « la poudrerie », celle née en 1660 et qui produit aujourd'hui le propergol pour la fusée Ariane, pour les missiles intercontinentaux et les déclencheurs d'airbag automobiles. Elle est aussi une ville champignon des 30 Glorieuses (4 407 habitants en 1901, 28 340 en 2011), faite de la réunion de neuf villages. Ville-champignon mais certainement pas cité dortoir, avec ses équipements sportifs, sa dynamique culturelle, ses zones commerciales et ses emplois. Une fois que l'on a dit cela, on croit tout savoir sur Saint-Médard. C'est ignorer le jeu de piste que présente la commune, aussi plaisant à connaître qu'à parcourir, dès lors que les journées d'été accordent leurs pauses bénéfiques.

Tout d'abord les moulins et les jalles. C'est grâce à eux (et de l'éloignement de la ville des frontières, toujours menaçantes) qu'un cousin du philosophe Michel de Montaigne créa un « moulin à poudre noire », que Louis XIV transformera plus tard en « poudrerie royale ». Quant aux jalles, elles permirent aussi à des générations de femmes d'exercer, jusqu'au début du XXème siècle, la profession de blanchisseuse pour les riches familles bordelaises. Le moulin qui s'offre à la vue, le plus beau, le plus emblématique, est celui de Gajac, qui constitue la porte d'entrée (à l'est) de Saint-Médard. C’est une propriété familiale privée qui appartient à la même famille depuis 1750.

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Tout près de là, un lotissement ancien, tout en angles droits, présente deux piliers à un de ses accès et l'intrigante inscription « camp des lanciers ». C'est là que le duc d'Aumale, fils du roi Louis-Philippe, y installa ses lanciers en 1845. Les hommes d'armes partis (à la fin du siècle), un certain Gaillard, que l'on ne nommait pas encore « promoteur », dessina le plan géométrique que l'on connaît aujourd'hui.

À la même époque, le train, inauguré en 1885, passa tout près de là. La voie ferrée atteindra l'océan (Lacanau) en 1905, transportera des voyageurs jusqu'à 1954 et répondra aux besoins de la poudrerie jusqu'en 1978. Aujourd'hui, ses ponts, sa gare, une locomotive (datant de 1913), sont le domaine des cyclistes. Le duc d'Aumale, on le retrouve au château de Belfort, devenu un centre hippique. Datant dans sa forme initiale du XVIème siècle, le fils du roi y installa au château son quartier général, en 1845. Il y passa les troupes en revue et y donna des fêtes fastueuses.

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La voie ferrée devenue piste cyclable passe près d'un autre étrange « lotissement ». Les parents qui conduisent les enfants au centre de loisirs, ces autres qui assistent à des spectacles ou pratiquent des activités culturelles, n'imaginent pas qu'ils sont sur un camp militaire (un autre !), édifié en 1889. Le nom d'un militaire célèbre est associé au camp de Caupian : celui du colonel Maginot qui, plus tard, créa la fameuse « Ligne » sur la frontière de l'est, certes infranchissable… mais pas incontournable pour les armées du Reich. Le camp de Caupian fut très actif durant la guerre de 1914-1918. Beaucoup de « coloniaux » d'Asie y transitèrent, notamment. Il était bordé de guinguettes à soldat, Le petit caporal, Les quatre sœurs, Le Pin vert… Les fonctions ont disparu mais des maisons portent toujours, dans leurs architectures, des traces de cette activité.

Retour vers le centre-ville, en passant par le carrefour de la Vierge. Nul ne sait si la Vierge Marie y fit une autre apparition que dans la pierre sculptée en haut d'une colonne, mais il est certain que l'endroit fut le cadre d'une course automobile le 26 juin 1932. Sur un parcours de 4,750 kilomètres, sans la moindre sécurité, les voitures s'offrirent des pointes à 200 km/h. La course fut rééditée par deux fois, en 2009 et 2011, avec des voitures d'époque, mais pas à la même vitesse… Les gendarmes ne l'entendaient pas de cette oreille et les propriétaires de Bugatti n'avaient pas l'intention de les envoyer brouter les fossés.

Pas loin, dans le petit jardin qui jouxte la mairie, on tombe nez à nez avec un gros amphibien. C'est une salamandre. Pourquoi une salamandre ? Parce que la bestiole nourrit le feu mais peut aussi l'éteindre, selon la légende. Elle est donc l'emblème des poudriers.

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Ces balades-découverte sont loin d'être exhaustives. À chacun de concocter les siennes. Des ouvrages, dont on peut trouver trace sur le net, livrent des pistes.

Article du journal Sud-ouest du 9 août 2014, Hervé Pons.

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