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Le château Terrefort ou Dillon.

Le château Terrefort fut construit à la fin du XVIIème siècle. Un étage y fut ajouté au siècle suivant. Son fondateur, Dillon, chef d'origine anglaise, passa en France avec Jacques II, en même temps que la famille O'Conor qui s'installa au château voisin de Breillan. En 1759, le comte Robert de Dillon, seigneur de Terrefort, le possédait. Au sujet de cette famille, il est fait mention d'un « Arthur Dillon, connu sous le nom de Beau-Dillon, colonel propriétaire du régiment irlandais en son nom, jouissant d'une pension de 160 000 livres, en considération de ses services rendus aux Antilles ». Un Dillon fut un des principaux lieutenants de Dumouriez à la bataille de Valmy (Théobald, né à Dublin en 1745, mis à mort par ses soldats près de Lille, 1792). Robert de Dillon eut cinq enfants : trois garçons et deux filles, Marie et Éléonore. Marie se maria avec le président Lavie, devenu baron de Lavie, propriétaire du château du Taillan. Quant à Éléonore, elle épousa, en 1778, le comte d'Osmond, dont elle eut une fille, la marquise de Boigne. À la Révolution, deux fils émigrèrent et les deux portions du château leur appartenant ayant été vendues, furent rachetées 10 000 livres par leur frère Théobald. Dans la séance du 23 mai 1792 à l'Assemblée Législative, Brissot accusa le comte d'Osmond, ambassadeur, d'être un agent voué à l'aristocratie. M. de Boigne fut un homme de lettres coté sous Louis-Philippe. Sa femme avait été dame de compagnie de la reine Marie-Amélie.

Pour la petite histoire, rapportons le trait d'esprit suivant : « Le comte d'Osmond fut, en janvier 1784, nommé colonel du Régiment de Barrois-Infanterie alors en garnison en Corse. Il céda aux sollicitations d'un gentilhomme corse qui, voulant retourner à Ajaccio, n'avait pu trouver à Toulon de bateau pour s'embarquer et lui offrit de prendre place sur sa propre felouque. Le gentilhomme corse était accompagné de son fils, vêtu de l'uniforme de l'école militaire. D'un bout à l'autre de la traversée, le jeune homme ne cessa de lire, isolé dans un coin du bateau. Au moment du dîner, M. d'Osmond envoya un de ses officiers, M. de Belloc, appeler ledit jeune homme. M. de Belloc revint fort irrité et dit : « J'ai envie de le jeter à la mer, ce petit sournois ; il a une mauvaise figure. » Le petit sournois, c'était Napoléon Bonaparte, élève à l’école de Brienne.

Une partie du domaine de Dillon fut vendue en 1806 à Jean-Jacques de Maurian qui y mourut après son retour d'exil. Le château fut ensuite acheté par M. de Martignac, le ministre de Charles X. Il passa ensuite entre les mains de M. Blanc-Noguès, puis de Mme Ramonet. En 1829, M. Seignouret, son propriétaire, industriel, y installa une fabrique d'ébénisterie et y développa la vigne, dont la production n'était que de sept à huit tonneaux avant 1840, pour passer en 1886 à 150 tonneaux de vin rouge et 10 à 15 tonneaux de blanc. M. Seignouret possédait, par ailleurs, la salle Franklin et plusieurs immeubles à Bordeaux.

Guy Dabadie, Blanquefort et sa région à travers les siècles, Imprimerie Samie, Bordeaux, 1952, p. 78-80.!

Ce château est situé au nord-ouest du bourg dans une position charmante, où la plaine se déprimant forme comme une espèce de vallon. Il fut construit vers la fin du XVIIème siècle, et on lui donne pour fondateur la famille Dillon, dont le chef qui était d’origine anglaise passa en France avec le roi Jacques II, s’établit à Blanquefort et bâtit sur l’emplacement d’une maison forte le château qui porta son nom. Cette tradition parait la plus véridique, et le comte Robert de Dillon, chevalier, possédait le château en 1759 et prenait le titre de « seigneur de Terrefort ». Le comte Robert de Dillon eut deux filles, dont l’une Mlle Marie se maria au président Layie qui habitait le Taillan ; et l’autre, Mlle Eléonore, qui épousa en 1778, le comte d’Osmond. Il laissa aussi trois fils, dont deux émigrèrent à l’époque de la Révolution ; alors, le château Dillon fut saisi par l’État, et la portion des deux émigrés fut mise en vente et rachetée dix mille livres par Théobald de Dillon. Une partie du domaine de Terrefort dépendit plus tard de la Sénatorerie et fut vendu en 1808 à M. Maurian. M. de Martignac acheta ensuite le château, puis il passa à M. Blanc Noguès, à Mme Ramonet et fut acheté en 1829 par M. Seignouret, industriel habile qui y établit sa fabrique d’ébénisterie d’où il expédiait dans les colonies des meubles, et plus tard des vins, quand il eut créé le vignoble qui, d’après le « Producteur », ne donnait avant 1840 que sept à huit tonneaux de vin. M. Seignouret mort, le château est resté à sa veuve qui le possède encore en 1867. C’est un corps de bâtiment allongé, à deux étages, recouvert à la Mansard et surmonté d’un pavillon central et d’une petite tourelle ; devant est un parterre clôturé par une grille, puis en avant sont les chais et les servitudes clôturant une vaste cour ; derrière le château est un immense jardin percé de larges allées et entouré de murailles. Au nord du château s'étendent des prairies couvertes de peupliers ; à l’est et au sud sont des vignobles blancs et rouges qui composent l'un des crus les plus considérables de Blanquefort. Il s’y récolte annuellement 10 à 15 tonneaux de vin blanc et 130 à 150 tonneaux vins rouges connus dans le commerce sous le nom de château Dillon. Franck, dans son traité sur « les Vins », les classe toutefois après ceux de Dulamon et de Fleurennes.

Le château, bâtiment long et étroit de 45 mètres sur 7, fut construit au début du XVIIème siècle, transformé au siècle suivant par la construction d’un étage, à la place de l’ancienne maison forte de Terrefort. Il est élancé verticalement sur 3 niveaux avec un pavillon central et une tourelle ronde à un angle. En 1670, le domaine appartenait à Pierre Martin, conseiller général des finances. Il passa aux mains de Mlle Leconte, puis en 1754 à Messire de Tirac. Il doit son nom actuel au gentilhomme irlandais du XVIIIème siècle, Robert Dillon, (d’une famille irlandaise catholique réfugiée en France sous Louis XIV), qui en fit l’acquisition, et fut le dernier seigneur de Terrefort. Il reste dans la famille jusqu’à la Révolution, où il fut confisqué, puis en 1829 entre dans la famille Seignouret (François, négociant bordelais installé à la Nouvelle Orléans en Louisiane où il exportait tout son vin de Blanquefort, sous le nom de Château Dillon ; fameux dessinateur de meubles, il avait par ailleurs fait installer des ateliers d’ébénisterie près du château entièrement restauré par ses soins), et celle de ses descendants (Filippini, puis Cabani, et enfin le Comte Arlaud de Saint-Saud) avant d’être acheté par l’État en 1956 ; les terres étaient louées depuis 1923 par l’École d’Agriculture devenue depuis Lycée Agro-Viticole. Son sauvetage est urgent. Il abrite le lycée agricole qui a replanté à peu près tout ce qui était en vigne et produit un cru bourgeois d’appellation haut Médoc sous le nom de « Château Dillon » et de « L’Aubarède ». Vins rouge et blanc. Il était cadastré pour 40 hectares de plantation de vigne et produisait en moyenne 220 tonneaux, quelquefois plus, dont 25 tonneaux de vin blanc.

L’ensemble de la propriété faisait 125 hectares.

Note : Le château Dillon a été remarquablement étudié par Alain Tridant, Publication du GA.H.BLE, 1998, 158 pages, 92 illustrations, bibliographie importante.

Pour connaitre la bibliographie sur le château Dillon, cliquez ICI.

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