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Les propriétaires du château Saint-Ahon.

Ahon ou Haon : l'orthographe est incertaine, mais la forme Ahon a finalement prévalu.

Au XIIème siècle, Amanieu de Saint-Ahon est propriétaire de ce lieu ainsi que du château du Luc (Dulamon) dans la même commune.

Deux siècles plus tard, les Saint-Ahon demeurent propriétaires, mais un château et une chapelle ont été élevés. De grandes familles se succédèrent : les Saint-Ahon, les Budos, les Montesquieu (ceux du château de la Brède). Château et chapelle ne résistent pas à la révolution.

Sous le 1er Empire, le propriétaire du moment, M. Dutasta bâtit un nouveau château qui entre par alliance dans la famille de Matha. En 1850, celle-ci livre 70 000 bouteilles (ou leur équivalent) du Château Saint-Ahon.

Puis la propriété est vendue à plusieurs reprises : en 1859 aux Brinon, en 1872 à Jean-François Edmond Damade qui donne au château son aspect actuel.

En 1903, Victor Jehin l’achète à crédit. Il meurt trois ans plus tard et ses héritiers ne peuvent acquitter le solde.

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Saint-Ahon est vendu à la barre du tribunal en 1910 à Albert Dupuis qui, en 1940, préfère démolir toiture et plancher de son château plutôt que d'y accueillir les Allemands.

Au début du siècle, Saint-Ahon ne produit presque plus de vin, et n’est même plus mentionné dans les ouvrages spécialisés.

En 1961, Pierre Roger Dupuis vend à André Boingnère le château en ruine et le vignoble à replanter. Vingt-quatre ans plus tard, le GFA Jean Boingnère propose à la vente une propriété « de rapport en parfait état ». Le Comte Bernard de Colbert, homme d'expérience qui vinifie au très beau château de Brézé d'excellents vins AOC Saumur, se porte acquéreur ci devient ainsi le 67ème propriétaire de Saint-Ahon. Utilisant à fond les atouts d'un terroir de qualité, à l'encépagement équilibré (60 % de cabernet sauvignon, 10 % de cabernet franc, 28 % de merlot, 2 % de petit verdot), replantant, jouant, à tous les niveaux de la filière, la carte des méthodes traditionnelles (l'utilisation du fumier de bovins dans le vignoble, le collage des vins aux blancs d'œufs, ou le vieillissement en barriques neuves), Bernard de Colbert a, en quelques années, ramené Saint-Ahon aux tous premiers rangs de l’AOC Haut Médoc.

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La preuve ? L'accueil que lui font les consommateurs Français et étrangers : Japonais, Allemands, Belges, Britanniques, Danois, sans oublier les USA.

Une autre présentation plus journalistique :

Faut-il croire que le nom de ce vieux domaine vient d'un sieur de Saint-Ahon, déjà propriétaire au XIVème siècle ? Ou bien qu'il est la déformation orthographique du château Saint-Haon connu au XIXème siècle pour produire 60 tonneaux de vin et appartenir à la famille de Matha ? Entre les deux, mon cœur balance. Mais inutile d'entrer dans les querelles d'archivistes et les subtilités linguistiques. Une chose est sûre : Saint-Ahon est de très ancienne origine et même appartint au XVIIème siècle à la famille de Montesquieu, celle du baron philosophe-viticulteur de La Brède. La Révolution, toutefois, ne l'épargna pas : château et chapelle disparurent. C'est sous l'Empire que l'actuel bâtiment fut reconstruit, puis retapé dans le style Renaissance en 1873 par l'architecte A. Blaquière pour le propriétaire d'alors, M. Damade.

Beau vignoble d'un seul tenant, situé sur le plateau de Caychac dans la « banlieue » de Blanquefort, et marqué curieusement par une dominante de cabernets-francs, Saint-Ahon fut géré pendant trente ans par la famille Boingnères. Sa réputation de cru bourgeois y gagna, la bonne tenue de ses vignes aussi, et sa commercialisation dans de nombreux pays d'Europe encore plus. Toutefois, depuis janvier 1985, ce château qui ne manquait pas de lauriers s'est vu ajouter une couronne supplémentaire, en la personne du comte de Colbert, nouveau propriétaire. Descendant direct de l'illustre ministre, Bernard de Colbert, maire de Brézé, dans le Maine-et-Loire, était déjà propriétaire viticole de vins de Saumur, en son superbe château de Bréz, où l'on cultive la vigne depuis le Moyen-âge. Désireux de s'implanter dans le Bordelais, il chercha un peu partout des terres à acheter. À l'en croire, Saint-Ahon fut pour lui un véritable coup de foudre. Et c'est comme cela que, déjà grand-maître de la confrérie du Taste Saumur, il est devenu membre de la confrérie du Haut-Médoc. Le comte de Colbert poursuit et même augmente les travaux de rénovation déjà entrepris par son prédécesseur. Acheter des barriques neuves, construire un nouveau cuvier, améliorer plusieurs installations... il ne manque ni d'idées, ni de projets. Pour le vin, on peut être assuré que la tradition sera parfaitement respectée : vendanges manuelles, collage aux blancs d'œufs, vieillissement en chêne, etc. Grâce à quoi le château Saint-Ahon continuera longtemps à figurer dans le peloton de tête des vins de Blanquefort, qui étaient jadis parmi les plus prisés du Haut-Médoc.

Didier Ters, les grands Bernard des vins de France, Editions Jacques Legrand, Nathan.

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Photographies du fonds privé PAL.

Il est actuellement propriété de Mme de Courcel, héritière de la comtesse de Colbert, qui en a fait l’acquisition dans les années 1990 et qui en serait la 67ème propriétaire du château Saint Ahon et de son vignoble.

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