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Monsieur Yvoy, propriétaire du château Geneste en 1821.

« Un de nos buts favoris était d'aller chez un voisin, M. Ivoy à Genest. C'était un flamand, égaré dans nos parages, je ne sais dans quelles circonstances. Il avait acheté à vil prix, une assez grande quantité de landes ; à force de travail et de persévérance, il les avait transformées par la culture flamande et en avait tiré un parti merveilleux; il avait couvert cette lande stérile de plantations de pins et d'arbres rares. Les magnolias, les plus beaux arbustes y poussaient à l'envi ainsi que de belles fleurs, des fruits et des légumes splendides.

Bientôt, cette oasis eut de la réputation dans le pays. Les pépinières fournirent les parcs des environs de Bordeaux et plus loin encore, les amateurs d'agriculture venaient en pèlerinage à Genest. De BreilIan, il fallait traverser une lieue de lande pour y arriver. Là, le bon propriétaire nous faisait admirer son domaine, nous cueillait des fruits de sa terre de Chanaan pour notre goûter et nous donnait à emporter des brassées de fleurs. Cet excellent homme a si bien réussi qu'il a fait une fortune qui lui a permis d'allier ses enfants aux meilleures familles du pays. Sa modeste habitation s'est transformée en une belle demeure entourée d'un parc magnifique.

La visite de notre voisin à Breillan était aussi un plaisir pour tous. Je vois encore sa bonne grosse figure rouge, couronnée d'une forêt de cheveux blancs ; il avait laissé un œil dans le combat avec cette nature malsaine et marécageuse. Son accent flamand nous amusait et nous étonnait beaucoup. Il arrivait chargé de melons, de fraises blanches et surtout de dahlias multicolores qui étaient alors une curieuse nouveauté. Il causait sans fin agriculture avec mon grand-père qui lui faisait force questions et qui embellit Breillan de ses arbres les plus jolis. Ces plantations ont très bien réussi, j'ai revu ces arbres grands et beaux en 1884 après les avoir vus planter gros comme le doigt en 1838.

Quelques années plus tard, j'avais un grand plaisir à m'asseoir sur un banc que je vois encore pour lire quelques jolis et honnêtes romans français et anglais, notamment « Grandisson » qui avait charmé la jeunesse de ma mère et dont elle me promettait la lecture depuis longtemps. Peut-être à cause de cela, je le trouvai long, ennuyeux ; son héros si parfait aurait dégoûté de la vertu. Chaque nouvelle génération veut admettre dans ses appréciations littéraires que ce qu'elle a jugé elle-même. C'est alors que j'ai pris un goût extrême et persévérant pour Walter Scott.»  Amélie d'Audiffret.  

Extrait du manuscrit rédigé vers 1890 et publié en octobre 1955 par Dominique Jay. Reproduit ici avec l’autorisation de M.F. Jay.

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