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La Gendarmerie nationale

La Gendarmerie nationale, nouvelle appellation de la maréchaussée royale depuis le décret du 11 décembre 1790, ne possédait jusqu'à la fin du XIXème siècle, aucun poste à Saint-Médard-en-Jalles. Toutes éventuelles interventions étaient réalisées par la dixième légion de gendarmerie de Bordeaux. Dès le 2 mai 1858, il fut question d'augmenter la brigade de gendarmerie du canton, qui comprenait les communes de Blanquefort, Eysines et son quartier Le Haillan, Ludon, Macau, Saint-Médard-en-Jalles, Saint-Aubin, Parempuyre, Le Pian, Le Taillan, par l'adjonction de gendarmes à pied.

Le conseil municipal de la commune, sous la présidence du maire Frédéric Thévenard, « pensait que laissant à Macau les gendarmes à cheval pour la surveillance du nord du canton, il serait nécessaire de placer la gendarmerie à pied au bourg de Saint-Médard, comme point central de tout le midi du canton ».Néanmoins, ce n'est qu'en février 1891, après de nombreux échanges épistolaires entre le ministère de la guerre et la dix-huitième légion de gendarmerie, qu'il est décidé l'établissement, à bref délai, d'un poste provisoire dans la commune, comprenant un brigadier et deux gendarmes. Cette force publique aura pour mission d'assurer la surveillance de la poudrerie et du champ de tir, en ce qui concerne l'espionnage.

Les démarches administratives se précipitèrent puisque rapidement un projet de bail est transmis par le commandant du dix-huitième corps d'armée, dont dépend la légion de gendarmerie, au préfet du département concernant la location d'un immeuble au centre du bourg, sans en informer les services municipaux, ce qui provoque, en mai 1891, la colère du maire Frédéric Delmestre. Cet immeuble, situé près de l'ancien champ de foire, dans l'actuelle rue Maurice-François, appartenait en 1891 à Mme veuve Saint-Jean-Cyr. Il fut loué à compter du 1er juin 1891 pour une durée de trois ans par bail renouvelable, au coût annuel de six cents francs. L'état des lieux mentionnait au rez-de-chaussée l’existence d'un bureau, d'une chambre de sûreté, d'un logement de trois pièces et à l'étage, de deux logements de deux pièces. Chacun d'eux possédait un chai séparé tandis que, dans le jardin « clôturé en planches à claire voie », se trouvaient un puits avec pompe et des latrines pour les deux sexes. Sur le fronton du bâtiment, était placé un drapeau en tôle avec l'inscription « Gendarmerie nationale ». C'est donc le 1er juin 1891 que le capitaine de gendarmerie Noyer, commandant l'arrondissement de Bordeaux, inaugurait le premier et provisoire poste de gendarmerie à Saint-Médard-en- Jalles, dont l'effectif, rappelons-le, se composait d'un brigadier et de deux hommes...

La commune avait sensiblement trois mille neuf cents âmes. Le chef d'escadron Vinclaire, commandant la compagnie de gendarmerie de la Gironde, adressait le 29 avril 1900 une correspondance au préfet du département mentionnant les refus de Mme veuve Saint-Jean-Cyr, concernant les améliorations demandées au local du poste, devenu fixe, à savoir : - Etablissement d'une petite buanderie dans le jardin pour y laver le linge. - Remplacer les deux cabinets en bois par une maçonnerie. - Achever le plancher dans une chambre de sûreté. - Mettre un évier dans chacun des logements. L'officier supérieur demandait que le bail soit renouvelé uniquement pour le temps indispensable à la construction d'une caserne.

Lors de la séance du conseil municipal du 5 août 1900, après avoir souligné le refus de Mme Saint-Jean- Cyr, le maire Delmestre informe ses administrés que « le département cherche un terrain le plus près possible de la mairie » pour y construire une caserne de gendarmerie. Et c'est ainsi que le 31 août 1901, le Conseil général de la Gironde acquérait une parcelle de terrain non bâtie d'une superficie de mille quatre cents mètres carrés se situant à Geneste, près de la colonne de la Vierge, à l'intersection des routes vers Lacanau et Le Porge, précisément dans l'actuelle rue Antonin-Larroque. Cette propriété appartenait à Louis-Marie Cadier, capitaine au long cours et à son épouse, Jeanne-Françoise Despax. Le 1er juin 1902, par autorisation ministérielle du 21 mai, le maire Frédéric Delmestre et l'adjudant Grué, commandant provisoirement l'arrondissement, signaient le procès-verbal d'installation du poste fixe de gendarmerie à pied dans la maison affectée à son casernement et appartenant au département.

Après enquête administrative en début 1903, le 11 mars, le président de la République Émile Loubet paraphait la déclaration d'utilité publique concernant l'installation de la gendarmerie dans la commune. Cette caserne comprenait au rez-de-chaussée deux bureaux, un local aménagé en magasin d'armes, deux prisons, des w.-c., des logements pour gendarmes ainsi que dépendances, garage, soute à essence. À l'étage, trois logements familiaux. Sur la façade, au-dessus de la porte d'entrée, figurait l'inscription « Gendarmerie nationale », surmontée d'un heaume. L'effectif de cette brigade de trois gendarmes en 1908 croissait à cinq unités en mars 1916, maréchal des logis compris, afin d'effectuer la surveillance extérieure de la poudrerie. Quelques réfections furent apportées dans les logements particuliers en 1909, au puits communal en 1911 ; dix ans plus tard, électrification de la caserne et en 1935 installation du réseau d'eau potable par « la Lyonnaise des eaux » et l'entrepreneur local Emmanuel Baldeillou. Enfin, s'effectuèrent d'importantes rénovations en 1957-1958.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, hormis les fluctuations dues aux événements (prisonniers, travailleurs poudrerie, étrangers...), la population de Saint-Médard-en-Jalles resta constante (5 144 habitants en 1939, 5 488 en 1946). Elle crût fortement en une trentaine d'années, arrivant à tripler en 1975 avec 16 265 habitants. Cette poussée démographique est essentiellement due à l'arrivée en métropole des rapatriés d'Algérie mais aussi et surtout en notre commune, dans les quartiers de Caupian, d'Issac à Moulin-Bonneau, à l'implantation, par la municipalité de Christian Dussédat, d'usines à vocations aéronautiques et spatiales.

À cet effet, pour sécuriser ces sites sous autorité militaire, fut créée en ces lieux au début des années soixante-dix, une brigade de gendarmerie « armement » comprenant une dizaine d'hommes sous le commandement d'un adjudant-chef, ainsi qu'une compagnie ayant autorité sur les brigades d'armement du grand Sud-Ouest. La brigade territoriale siégeant rue Antonin-Larroque avait en 1966, un effectif de six gendarmes et d'un maréchal des logis-chef. En 1975, elle était de seize hommes sous la férule de l'adjudant-chef Dupau. La caserne devenue trop exiguë, il fut indispensable de disperser quelques familles dans la commune. En 1990, s'établirent des contacts entre le ministère de la défense et la municipalité de Serge Lamaison, afin d'envisager l'obtention du centre émetteur régional de l'armée de l'air, dit « le radar », situé à Berlincan sur les anciennes dépendances du château de Gajac.

Après accord, la première pierre de l'actuelle caserne fut posée en juin 1991 à proximité du centre commercial Bordeaux-Ouest, rue Théophile-Gautier. Conçu par les architectes De Marco et Patrick Massaux, cet ensemble comprenant des locaux administratifs et techniques ainsi que vingt-deux appartements de fonction, a été mis à la disposition de la brigade le 1er février 1992 et officiellement inauguré le 26 octobre de la même année. Cette unité, forte de vingt-trois gendarmes, était sous les ordres de l'adjudant-chef Foucaud. Les locaux de l'ancienne gendarmerie, alors disponibles, furent occupés par le groupement des sapeurs-pompiers de la Communauté urbaine de Bordeaux. Actuellement, la brigade de Saint-Médard-en-Jalles, une des plus importantes du département, est composée de trente-trois gendarmes. Commandée jusqu'en mai 2004 par le major Saubestre, c'est actuellement l'adjudant-chef Delahaye qui en assume l'intérim. Elle couvre les communes de Saint-Médard-en-Jalles, Saint-Aubin-de-Médoc, Le Haillan, soit une population avoisinant les quarante mille habitants répartie sur environ douze mille huit cents hectares.

Extrait de la revue, le Patrimoine de Saint-Médard-en-Jalles, n°8, avril 2004 et n°9, juin 2004.

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