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La neige à Saint-Médard en 1956.

Le lundi 21 février 1956, lorsque vers 11 heures du matin, de légers flocons se mirent à tomber, nos concitoyens ne pensaient certainement pas qu'ils allaient assister à une chute de neige dont on parlerait longtemps. Cependant, à 20 heures, les flocons continuaient à tomber mais plus petits et moins serrés, l'épaisseur de la couche atteignait 15 centimètres, mais on pouvait penser que ce phénomène atmosphérique en resterait là. Quelle surprise, le lendemain matin, au réveil, au moment où s'ouvrirent les portes! Une couche épaisse de 60 cm, en moyenne, parfois d'un mètre en certains points, recouvrait tout.

Que s'était-il passé ? Peu de personnes s'en étaient rendu compte. Pendant la nuit, un vent violent d'est avait soufflé et la chute des flocons, drus et serrés n'avait cessé qu'aux environs de 5 heures. La première surprise passée, chacun armé d'une pelle avait entrepris de dégager les accès de sa maison et des tranchées aux dessins capricieux s'amorçaient sur les chemins. Et bientôt, de longues files de piétons se hâtaient vers les lieux de ravitaillement, surtout les boulangeries, avec un peu d'affolement, injustifié d'ailleurs, comme la suite le prouva. Puis, les travaux de dégagement s'organisèrent ; peut-être n'allèrent-ils pas aussi vite que certains impatients le réclamaient ; ils oubliaient que notre commune comporte plus de 100 km de routes et de chemins et on pourrait malicieusement faire remarquer que, le plus souvent, les réclamants les plus exigeants furent ceux qui firent le moins pour le bénéfice de la société. Les relations avec Bordeaux subirent de sérieuses perturbations qui gênèrent fort les nombreux ouvriers et employés qui ne purent se rendre de plusieurs jours à leur travail et furent ainsi condamnés à un chômage inopportun.

neige

Le dégel commença timidement le samedi, mais les dernières traces de neige dureront encore assez longtemps malgré le radoucissement de la température. La neige n'est pas chose inconnue dans notre région et il ne se passe pas d'année sans qu'il n'en tombe pas, mais en général, au bout de deux ou trois jours, il n'en reste plus. Rappelons qu'en 1945, il neigea le 1er mai et le lendemain une très forte gelée détruisit les bourgeons des vignes dont la végétation était très avancée. Mais il faut remonter à 1888, selon certains de nos concitoyens, pour trouver une chute de neige d'une importance à peu près égale à celle de février 1956. Cette année-là, les premiers flocons commencèrent à tomber au début de l'après-midi du premier dimanche de mars, jour de la fête de Saint-Aubin. La couche eut bientôt une épaisseur de 50 cm et ne disparut qu'au bout de trois semaines.

La vie de la commune fut paralysée ; les transports, qui se faisaient par voitures à chevaux, furent arrêtés. Les omnibus à chevaux, ancêtres de nos trams et de nos autobus cessèrent leur service et seules des voitures légères assurèrent celui de la poste. Quelques fabricants de « ligots », industrie importante à cette époque dans notre commune, purent aller en livrer de petites quantités à Bordeaux qui souffrit cruellement du froid [ligot : petite botte de bûchettes enduites de résine à un bout, servant à allumer le feu]. Il ne nous reste plus à souhaiter que les méfaits combinés du froid et de la neige ne se fassent pas trop cruellement sentir surtout pour les pauvres gens et que le beau temps revenant vite, les travaux aux jardins et aux champs puissent reprendre rapidement.

Article de René Puyo publié dans le Guide mensuel de Saint-Médard-en-Jalles, n° 19 de mars 1956.

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