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Joomla : Porte du Médoc

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Le domaine Le Couenic.

C'était, entre la route de Germignan (avenue La Boétie) et la route de Gajac (avenue Montaigne), une partie (un coin, couénic en gascon) du vaste domaine Delmestre (Le Bourdieu) qui en avait été détachée vers 1830 au bénéfice de la famille Thierrée (bourgeoisie bordelaise) pour y aménager une propriété d'agrément. On y planta de beaux arbres et on y construisit une maison à simple rez-de-chaussée, couvert en tuiles en façade et à deux tourelles carrées à étage, coiffées d'ardoises en pyramide à l'arrière ; un clocheton l'ornait sur un côté et une marquise à motifs décoratifs, en zinc, montée sur deux potelets grêles, ombrageait le perron d'entrée. L'endroit était romantique à souhait, on n'aurait pas été autrement surpris d'y trouver George Sand et sa « cour ».

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Une demoiselle, Marie-Louise Thierrée, ayant épousé un certain Jean-Albert Dethomas, c'est sous ce dernier nom que le « Couénic » fut souvent désigné par la suite. En 1899, une fille née de cette union, Valentine, se maria avec un peintre espagnol, ami de son demi-frère Maxime, Ignacio Zuloaga, et c'est ainsi que cet artiste célèbre dans le Tout-Paris, suivit les habitudes de sa belle-famille et vint régulièrement en villégiature au « Couénic » pendant des années jusqu'entre les deux guerres. Ces séjours étaient agréables, réceptions, fêtes, musique avec le cousin compositeur William Chaumet, venu en voisin depuis Gajac ; Zuloaga, lui, portraiturait des Saint-Médardaises ou leur donnait des leçons de peinture.

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En 1940, les Allemands trouvèrent le « Couénic » à leur goût et s'y installèrent, comme dans bien d'autres demeures de Saint-Médard, jusqu'à la Libération. Ils furent remplacés par des jeunes de la commune, résistants ou échappés aux réquisitions ou déportations de l'occupant, en préparation paramilitaire avant incorporation dans l'armée, sur le front du Médoc, notamment, où l'un d'eux, Gilbert Paquis, trouva la mort. Le « Couénic » sortit non sans dommages de ces circonstances troublées, meubles, tableaux, vaisselle disparurent et il fut quasiment abandonné dans l'immédiat après-guerre.

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À partir de 1952, le domaine fut exproprié en vue de l'agrandissement des écoles élémentaires d'abord et de la construction, par étapes, d'une véritable cité scolaire, de l'école maternelle au collège. C'est ainsi que disparut le « Couénic » avec ses dépendances et la mémoire d'un siècle de la vie d'une famille qui y connut des jours heureux.

Extrait de la revue, le Patrimoine de Saint-Médard-en-Jalles, n°8, avril 2004.

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