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La famille Dethomas, au domaine Le Couénic.     

La famille Dethomas, qui vécut tant de vacances agréables et insouciantes dans cette résidence romantique, y fut pourtant frappée par un deuil cruel...

En juillet 1917, la famille attendait au « Couénic » la venue en permission du sous-lieutenant Paul Dethomas qui combattait alors avec son régiment, le 234e R.I., sur le front du Chemin des Dames. Au jour dit il ne vint pas ; le lendemain, une dépêche apporta la nouvelle d'une blessure peu grave et, le 7 août, on apprit son décès. Il avait été atteint par un obus, le 27 juillet, alors qu'il gardait une sape du saillant de Munster, sur cette route du département de l'Aisne d'affreuse mémoire, après avoir pris toutes les dispositions pour protéger ses hommes qu'il avait voulu accompagner en première ligne au lieu de partir en permission.

Ce sens aigu du devoir s'était déjà manifesté en septembre 1914 puisque, grièvement blessé, il était retourné au front dès son rétablissement, refusant un poste à l'arrière auquel lui donnait droit sa blessure et sa situation de famille (il avait quatre enfants). Cité à l'ordre de l'Armée et titulaire de la Médaille militaire après cette première épreuve, il ne portait pas « ses rubans » comme il disait, parmi ceux qui n'en avaient pas...

Ce héros, mort à 35 ans, avait été, dans le civil, un avocat de grand talent au barreau de Paris, secrétaire à 29 ans de la Conférence du Stage. Son éloquence concise, son don d'analyse et sa vaste culture l'avaient amené à traiter des affaires très importantes et des causes parmi les plus belles. « Grand, brun, souple, agile, élancé, le geste enveloppant et protecteur », l'allure « mousquetaire », il suscitait la sympathie et entraînait les adhésions ; ses amis étaient nombreux dans les milieux littéraires et artistiques, à Paris et à Bordeaux.

Paul Dethomas, frère de Valentine (l'épouse du peintre Ignacio Zuloaga) était mariée à une demoiselle Godard-Decrais. À l'initiative de sa femme et de sa sœur, gardiennes du culte de sa mémoire, une chapelle privée fut édifiée au Foyer du Soldat du « Comité militaire du Gros Caillou », passage Landrieu à Paris VIIème, et un prix annuel attribué à un pensionnaire méritant de ce foyer en souvenir de lui. Le 29 avril 1939, un médaillon à l'effigie de ce grand soldat, chevalier de la Légion d'honneur, fut inauguré en présence de la famille, d'amis du barreau, de camarades de combat et des autorités militaires.

Extrait de la revue, le Patrimoine de Saint-Médard-en-Jalles, n°9, juin 2004.

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