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Le pont du moulin blanc.

Le pont du moulin blanc, seul passage sur la Jalle, va être reconstruit ; ce pont entre deux époques est un des plus beaux sites de la zone maraîchère.

Il est indispensable aux riverains et apprécié des randonneurs. Quand Élie Baron évoque ses souvenirs de maraîcher au Taillan, il les fait remonter... à la Révolution française. Aux souvenirs personnels, s'ajoutent ceux d'une lignée de maraîchers : les propos de son père, les témoignages qu'il tenait de son grand-père, qui les avait reçus du sien, et ainsi de suite. En remontant dans la mémoire familiale, on arrive en ces années 1789 et suivantes.

Les terres maraîchères, si prospères, appartenaient alors aux châtelains des alentours. Les révolutionnaires les ont saisies (en partie), les ont divisées en parcelles de 6 600 mètres carrés, « soit deux journaux, indique Élie Baron, ce qui représentait les 2/3 d’un hectare. Ils ont fait appel aux Hollandais, qui en connaissaient long sur l'art des canaux, pour drainer, irriguer lès sols, mettre en place le réseau que nous connaissons aujourd'hui ».

Si Élie Baron est né au début des années 30 du siècle dernier, sa connaissance du territoire, des hommes, des techniques, remonte bien au-delà de son acte de naissance. « Moi-même, comme le faisait mon père, mon grand-père, ai travaillé la terre avec le cheval. Ce même cheval, on l'attelait pour aller vendre les légumes aux Capus. À l'époque, le revendeur gardait 20 % pour lui. Aujourd'hui, c'est l'inverse : 80 % vont aux intermédiaires. Alors, il n'y a plus personne pour vouloir travailler à perte. » De fait, sur les quatre propriétaires du Taillan installés en zone maraîchère, un seul exerce encore cette activité. « En 1924, quand ma grand-mère a construit ici le hangar, puis la maison, il y avait 380 exploitants ! »

Pour se rendre sur sa propriété, Élie Baron utilise, comme tout le monde ici, l'antique pont de la jalle de Blanquefort, passage unique entre Cantinolle et Le Vigean, vers le bourg d'Eysines. Un ouvrage dont Élie Baron situe la construction vers l'an 1800. Son état de vétusté a conduit la municipalité, en 1992, à en interdire le passage, après une expertise de la DDE. L'actuelle municipalité a décidé, avec celle d'Eysines, d'inscrire la reconstruction au budget 2008. Les travaux devraient débuter au mois de septembre. Long d'environ 14 mètres, le pont sera posé d'un seul tenant dès lors que les appuis auront été réalisés. Le montant de ce chantier est de 330 000 euros. Lors du vote du Conseil municipal du Taillan, l'opposition s'était interrogée sur la nécessité de la pose d'un ouvrage neuf alors qu'il reste très peu de maraîchers en activité. Les élus de la majorité n'avaient pas eu le même point de vue. Ce pont dessert les exploitants et riverains, mais est aussi utilisé par les amateurs de balade, à pieds et à vélo. Ils devraient être de plus en plus nombreux, car la zone maraîchère est incluse dans le futur parc intercommunal des Jalles, qui ira de Saint-Médard à la réserve naturelle de Bruges.

Hier matin, l'élu à l'environnement et à la forêt, Jean-Michel Ferrier, a confirmé combien le remplacement du pont du moulin blanc était nécessaire pour l'usage immédiat, et il sera important pour les projets à venir.

Autre perspective ambitieuse et de longue haleine, le remembrement de ces terres qui permettrait une agriculture plus rationnelle, plus efficace, donc économiquement plus intéressante. Des jeunes pourraient alors jouer la carte d'une installation, ou la poursuite de l'activité de leurs parents. Une question autrement plus complexe que la reconstruction du pont qui nécessitera un seul mois de travaux.

Article du journal Sud-ouest du 18 août 2009, Hervé Pons.

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