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Historique et description du domaine de Fongravey.

Historique.

Le château de Fongravey dans le domaine du même nom, est la propriété appelée « à Meyer » sur le cadastre de 1806, et la même nommée « Marrauld » sur le cadastre de 1843. Le nom de Meyer est celui du consul du commerce de la ville de Hambourg : Daniel Christophe Meyer qui a acheté en 1793 une maison allées de Tourny et confié à l'architecte Combes, au cours des années 1795 et 1796, le soin d'en faire l'imposant hôtel toujours existant. Le poète Hölderlin, qui a résidé vers 1802 chez D.C. Meyer à Bordeaux, aurait aussi habité quelques temps à Fongravey. À la mort de D.C. Meyer, le 7 avril 1818, c'est sa fille Anne-Mathilde, épouse de Pierre Alexandre Marrauld, qui hérite des biens. La propriété de Blanquefort prend alors le nom de « Marrauld ». (X. Védére, « Les allées de Tourny », p.160). Dans les années 1875, le domaine de Fongravey appartient à l'architecte Henri Duphot (1810-1878), qui est vraisemblablement l'auteur de la gravure représentant la « maison de campagne à Blanquefort », accompagnée des plans du rez-de-chaussée et du premier étage, l'ensemble publié par C. Daly dans la « Revue générale de l'architecture ». Henri Duphot est alors aussi le dessinateur des planches représentant le décor du grand salon publiées dans « Motifs historiques ». Commentant la gravure de la maison de campagne, C. Daly la présente comme : « un type charmant de l'architecture Louis XVI, bâtie vers 1780 par un artiste dont le nom n'est pas connu mais qui suivant toute apparence appartenait à l'école de l'architecte Louis et qui était assurément un homme de beaucoup de goût ». (C. Daly, « Revue générale de l'architecture », vol VII p.60). É. Guillon, dans « Les châteaux historiques et viticoles », fait mention de la propriété qu'il nomme « Mayer » et dont il écrit qu'il s’agit d’une jolie villa italienne avec parterres, appartenant à Mme Duffau ».

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La gravure présente l'état antérieur, certainement d'origine, de la demeure : corps de bâtiment rectangulaire, de deux niveaux d'élévation sur un sous-sol éclairé par des soupiraux. Un mur lisse pour la travée centrale en léger ressaut, parement à bossage continu en table pour les travées latérales. Pl.I. « La façade est heureusement composée » selon l'expression de C. Daly. L'intérêt décoratif majeur réside dans la disposition, au deuxième niveau de l'élévation, des oculi entourés de guirlandes de fleurs et de fruits, unies par des rubans. La balustrade au dessus d'une forte corniche, masque le toit ; elle accentue le type italien évoqué par Guillon.

Le petit corps de bâtiment adossé sur le côté droit est décoré d'un treillis et doit être en pierres, puisque le plan révèle qu'il abrite des pièces habitables. Le plan de l'aménagement intérieur montre une disposition harmonieuse des pièces, autant au rez-de-chaussée qu'à l'étage. La note 1 de C. Daly, dans son commentaire des gravures, indique que les distributions figurant sur les plans ont été un peu modifiées par H. Duphot, mais pas de façon importante par rapport à l'origine. Ces plans démontrent que les élévations extérieures ne trahissent pas en tous points la disposition intérieure. Ainsi, l'oculus central du premier étage de la façade antérieure est aveugle.

Sur la façade postérieure des baies sont aveugles au rez-de-chaussée, mais également au premier étage. Les pièces du premier étage, petites et peu éclairées par les oculi, sont, mentionne Daly, des chambres de domestiques. L'étage changeant de destination, le percement des baies est modifié plus tard. La reproduction de la carte postale ancienne, montre un état intermédiaire de la demeure, entre les années 1870-1875, date de la gravure et l'année 1959, pendant laquelle on a remanié l'extérieur et procédé à des aménagements intérieurs.

La carte postale présente la façade antérieure où les oculi ont été remplacés par deux fenêtres de chaque côté de la travée centrale, de même largeur mais moins hautes que celles du rez-de-chaussée. Le décor ancien est rappelé ici par des guirlandes sous l'appui des fenêtres. La balustrade a disparu. Le petit corps de bâtiment adossé est désormais percé d'une fenêtre, il est en pierres de taille. Pour le compte de M. Joseph Philippart propriétaire, l'architecte Conte réorganise la façade de la demeure en 1959. M. Philippart voulait redonner à la façade son aspect d'origine, avec la balustrade et les oculi. Les guirlandes détruites pour les travaux, ne seront pas remplacées lorsque le projet de restituer les oculi a été abandonné. Sous la direction de l'architecte, l'entreprise de travaux publics, Yves Ducom, ravale la façade, remplace les balustres du balcon, retaille certaines pierres, mais surtout restitue la balustrade.

Trente neuf balustres sont taillés dans de la pierre de Nersac, tandis que la main courante d'une longueur de 21 m 50 est en pierre de Frontenac. Pour l'intérieur, l'architecte Conte avait refait la cheminée du côté du petit salon en octobre 1940. En 1959, il dessine la salle de bain située dans le petit corps en rajout à droite, les boiseries sont en pichepin ; il réaménage les cuisines au sous-sol.

Vers l'ouest, l'importante masse de bâtiments réaffectés était les écuries dessinées et réalisées par l’architecte Garros.

 

Description.

Situation et composition.

Au centre de la commune, située sur un point élevé, la demeure domine un vaste parc planté de chênes. De la maison, partent des allées qui mènent en différents lieux du domaine : aux écuries à l’entrée ouest, à une dépendance plus proche au sud (ancienne habitation du jardinier ?)

La demeure.

A- Parti général.

« La maison du maître » se présente comme un corps de logis rectangulaire, flanqué au nord d'un petit corps de bâtiment bas sur le même alignement.

B- Élévations extérieures.

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L'élévation de la façade antérieure à l’est, comporte deux niveaux de baies, celle de la façade postérieure en comprend trois ; l'édifice est construit sur une dénivellation.

Façade antérieure.

La travée centrale est en légère saillie par rapport aux quatre travées latérales disposées symétriquement de part et d'autre. Le mur des travées latérales est strié par un bossage continu en table, peu profond, ce qui met en valeur la travée centrale, dont le mur est lisse. Les angles du bâtiment principal sont lisses, tandis que le petit corps latéral présente des chaînes à refends. Un escalier masqué par un petit perron donne accès à une porte fenêtre encadrée de deux colonnes qui soutiennent un balcon à balustres. Une large porte-fenêtre inscrite entre deux pilastres lisses s’ouvre sur ce balcon. Au dessus de la corniche saillante, une balustrade couronne cette façade.

Façade postérieure.

Cette façade montre six travées de baies dont les dimensions varient selon les niveaux. La disposition des baies ne trahit pas l'organisation intérieure, car certaines fenêtres sont aveugles. Cette façade est beaucoup plus modeste que la façade antérieure, les baies sont percées dans un mur lisse, sans moulure pour les encadrer ou les souligner.

Façade latérale nord.

Pas de décor sur cette façade qui comporte des baies aveugles.

Comble et couverture.

L’étage de comble est éclairé par des lucarnes sur un toit à pente douce à deux versants couverts de tuiles.

Distribution intérieure.

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Le plan original avait déjà été modifié en quelques points par l'architecte H. Duphot, propriétaire de la demeure dans les années 1880. En fait, la comparaison avec le plan actuel montre peu de changement dans la distribution des pièces et l’aménagement intérieur.

Le sous-sol.

Accessible de l’extérieur par deux portes fenêtres sur la façade postérieure, le sous-sol est le lieu des cuisines, buanderie et cave.

Le rez-de-chaussée.

À proprement parler « rez-de-chaussée surélevé », il se présente comme l'étage noble. Cela est particulièrement remarquable sur la gravure montrant l'état d'origine. Les pièces sont éclairées sur la façade antérieure par des fenêtres étroites mais hautes. Le perron donne accès au vestibule qui, dans le même axe, conduit à la salle à manger. Les autres pièces sont à peu près disposées symétriquement de part et d'autre de ces pièces centrales. Le salon, où se situe un très intéressant décor sculpté, est noté sur le plan ancien. Une porte à gauche de la cheminée mène au petit salon. La large cheminée de marbre, qui chauffait le grand salon, est surmontée d'une glace sans tain, permettant de voir de l'une à l'autre pièce. Du coté nord, l'agencement est plus complexe à cause de la présence de l'escalier, qui diminue l'espace réservé aux chambres à coucher, séparées par un cabinet de toilette. Le petit corps de bâtiment, sur le côté nord abrite un cabinet de toilette ; bien qu'ayant été à cet usage depuis fort longtemps, il a subi beaucoup de modifications.

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Le premier étage.

La disposition des pièces de cet étage est comparable à celle du rez-de-chaussée. Le vestibule commande les chambres à coucher qui occupent en fait tout cet étage. Des fenêtres relativement petites donnent la lumière à ces chambres, exceptée la chambre des maîtres qui s'ouvre sur le parc par une large baie agrémentée d’un balcon.

Dépendances et communs.

Près de la demeure, au sud, un bâtiment, comportant un étage auquel on accède par un escalier extérieur en bois, parait avoir été l’habitation du jardinier ou du gardien du domaine. Les écuries forment un ensemble important de bâtiments situés près d'une entrée du domaine à l'ouest ; les écuries réaffectées en habitation pour le gardien et en bureaux pour les services municipaux.

Décor intérieur.

En 1933, M. Alexandre de Betmann vend la demeure de Fongravey à M. Joseph Philippart ; mais certains éléments de cette maison ne sont pas cédés, puisque cinq ans plus tard le notaire Gendreau établit un acte de vente spécifiant que, le sept juillet 1938, M. Philippart achète à M. de Bethmann : « les boiseries et décor des murs, la cheminée et la rosace du grand salon… ». Les raisons de ce report ne nous sont pas connues, mais peut-être y a-t-il eu des problèmes d'estimation, pour cet ensemble décoratif beau et précieux. L'architecte César Daly, auteur de la « Revue générale de l'architecture », a publié également un ouvrage appelé « Motifs historiques » ; la valeur esthétique du salon de Fongravey a paru assez importante à C. Daly pour qu’il publie les planches représentant ce salon, dans son ouvrage. La façade antérieure de la demeure avait paru dans la « Revue générale » ; le commentaire indiquait que la maison de campagne appartenait à Henri Duphot, architecte ; cet architecte, étant certainement l'auteur du dessin de la façade, doit aussi être celui des dessins du salon. Le décor est présenté ici par ces gravures de la fin du XIXème siècle, parce que les planches ont par elles-mêmes, une valeur graphique ; cependant, le décor de ce salon est encore à l'heure actuelle conservé intact et entretenu avec soin.

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La planche n°2 montre une vue en perspective vers le mur est, percé sur la façade antérieure par des baies donnant sur la terrasse d'entrée. À l'intérieur, ces baies s'inscrivent dans des arcs en anse de panier, soulignés par des chambranles moulurés.

La partie supérieure de la baie, ainsi que l'intrados de l'arc, sont occupés par une coquille. Ce motif se retrouve à Bordeaux, dans le bâtiment de l’annexe de la préfecture, rue Esprit des Lois ; mais dans cet hôtel, les coquilles au dessus des portes sont assez plates, tandis qu'elles sont très incurvées à Fongravey. Outre ce motif de coquille, cette planche présente la gamme des motifs végétaux utilisés dans les tables et panneaux décoratifs, qui ornent cette pièce.

Rinceaux, rameaux de laurier, épis de blé, rameaux d'olivier, feuilles de chênes, oiseaux, coupe de fruits ou de fleurs, feuilles d'acanthes, lyre, forment le répertoire utilisé par Cabirol pour la décoration du grand salon de l'hôtel de ville de Bordeaux. C'est ce même vocabulaire qu’a employé le décorateur de Fongravey. Avant d'aborder le détail du décor mural, le parquet visible sur la planche l, mérite d'être remarqué. Un bois foncé alterne avec un bois clair pour dessine une étoile au centre de la pièce et un ensemble de chevrons irradiants depuis ce centre vers les murs. De belle facture, ce parquet ne peut qu'avec modestie et uniquement par souci de comparaison, être rapproché de celui de l’hôtel de Poissac, cours d'Albret ; cet hôtel attribué à Lhote, possède en effet un très beau parquet qui est une marqueterie composée de bois d'essences différentes ; il daterait de la fin du XVIIIème siècle.

La planche 3 donne le détail des motifs ornementaux du mur nord du salon. Une lyre occupe le centre du panneau, au dessus de la porte à deux battants ; de part et d’autre, les rinceaux se mêlent à des guirlandes de fleurs. Au dessous, entre deux petites consoles soutenant une tablette, un panneau contient des rameaux de laurier et de lierre. L'association de ces rameaux de végétaux différents n'est pas fréquente dans les exemples rares des décors intérieurs bordelais. Lorsque le motif des rameaux croisés est isolé ou souligne un ensemble décoratif, comme un trophée ; le plus généralement ces rameaux sont du même végétal.

Le décorateur de l'hôtel Journu, Lhote peut-être, puisqu'il l'a construit, a, pour les panneaux d'angle, tressé des rameaux d'une seule espèce : l'olivier. À Fongravey, les tresses verticales mêlent olivier et lierre. Pour le Grand-Théâtre, la décoration toute « en symétrie », en mesure », et « en grâce », inventée et ordonnée par V. Louis, privilégie les feuilles d'acanthe, mais aussi le laurier et l'olivier en rameaux cependant jamais associés. Le lierre par le fait même de sa nature de plante grimpante a, semble-t-il, été surtout employé pour les tresses ou les frises. Le décor du manteau de la cheminée d'un salon de l'hôtel Grand-Lebrun, est un motif tressé où se mêlent le lierre et l'olivier. De même, une branche de lierre court sur la face du manteau de la cheminée d'une pièce de l'hôtel Saint-Marc, cours d'Albret.

La planche 4 met en évidence la finesse de certains détails du décor, notamment les entrelacs de fleurs et de tiges qui forment la frise de la cheminée ; le bouquet de fleurs et particulièrement les roses, motif privilégié de V. Louis au Grand-Théâtre ; les festons très sobres et très classiques qui ornent le « bracelet du scabellon ».

La cheminée fait l'objet d'une planche particulière. Manteau et piédroits sont en marbre, la frise qui court au devant du manteau est en plomb. Au dessus de cette cheminée, un miroir est placé dans une baie inscrite dans un arc en plein cintre ; la partie supérieure du miroir est cependant masquée par un décor de boiserie.

Le détail de l’ornementation de l'ébrasement de la baie, composé de feuilles d'acanthe et de rameaux d'olivier, figure sur la planche 3. Les piédroits sont en forme de colonnes antiques d'inspiration corinthienne, avec des cannelures rondes à listel, garnies en leur partie inférieure, de rudentures ornées. Les chapiteaux comportent les deux rangées de feuilles d'acanthe des chapiteaux corinthiens. Le conduit intérieur de la cheminée est latéral parce qu’en fait le miroir est sans tain. À cette cheminée du grand salon correspond, de l'autre côté de la cloison, la cheminée du petit salon, d'un style très différent. Le procédé du miroir sans tain est comparable à celui du grand salon de l'hôtel de ville de Bordeaux, bien que les miroirs sans tain n’y aient été installés que vers 1865. (« Bordeaux au XVIIIème siècle », p.621).

Décor intérieur : note de synthèse.

Il nous a été souvent affirmé que le décor du salon de Fongravey est « d'origine ». Mais de quelle origine? Nombre de gens estiment que le XIXème siècle est une période très lointaine.

Il est donc très difficile, faute de documents, de situer par une tradition orale l'époque de cette boiserie. La méthode comparative reste seule source d'enseignement, mais en agissant avec précaution puisque, par exemple, les boiseries de l'hôtel Basquiat qui présentent le vocabulaire et le style décoratif du XVIIIème siècle, ont été exécutées dans la deuxième moitié du XIXème siècle. Là, réside en fait le problème de datation pour Fongravey : a-t-on affaire à un ensemble décoratif de la fin du XVIIIème siècle, ou à une réalisation du siècle suivant ? Les salons bordelais, bien que transformés ou restaurés, présentent pour certains un caractère baroque-rococo, comme un salon de la chambre de commerce, dont est très éloigné le salon de Fongravey. Loin également des panneaux chargés qui ornent les pièces de l'annexe de la préfecture, ou de l'hôtel Journu ; pas de panneaux finement sculptés occupant toute la hauteur du mur, comme ceux de B. Cabirol au palais Rohan. Les panneaux de Fongravey ont été travaillés avec délicatesse et le motif des rinceaux, formant une large frise interrompue, rappelle certaines peintures pompéiennes où les volutes de feuillage animent et égaient les scènes figurées. Si l'article publié par César Daly dans la « Revue générale de l'architecture » affirme que l'architecte de la maison de campagne de Blanquefort était assurément un homme de beaucoup de goût, le décorateur peut susciter un semblable enthousiasme, à moins qu’architecte et décorateur ne fussent la même personne. Nous pensons alors pouvoir accepter la suite des années 1780 pour période de réalisation du décor intérieur, en ayant conscience du fait que la demeure, peut-être construite pour Daniel Christophe Meyer, est un « bien de campagne » et n’a donc pas eu à montrer un luxe ou un faste déployé par les hôtel de Bordeaux dont les salons avaient un apparat sans doute moins utile dans une demeure, somme toute petite, de Blanquefort.

Notes de synthèse.

La demeure actuelle est le résultat d’importantes transformations qui, de l’état d'origine que parait présenter la gravure du XIXème siècle, ont assurément détourné le style et l'idée architectural du départ. Le problème posé par l'architecture de la demeure actuelle, réside en premier lieu, dans les proportions. Curieusement, les documents photographiques révèlent très mal l'étroitesse de l'entrée principale entre des colonnes petites et maigres qui soutiennent un balconnet dont les balustres sont minuscules. En second lieu, la façade postérieure est d'une modestie qui tiendrait de la médiocrité, si l’on ne préférait pas imaginer une modification complète de l'état antérieur. Il est mal aisé de savoir si la gravure du siècle dernier montre les proportions réelles de la construction. Si cela était, nous abonderions avec enthousiasme, dans le sens de Cézar Daly lorsqu'il affirme que l'artiste qui a construit cette maison était un homme de beaucoup de goût. Sinon, il serait difficile d'évoquer un disciple de Louis comme architecte de cette demeure ; ou bien les dimensions fournies par l’architecte n’ont pas été respectées. Les cuisines, la lingerie dans un sous-sol à demi souterrain, le rez-de-chaussée ayant fonction d'étage noble, l'étage réservé aux chambres, est une disposition que l’on retrouve dans nombre de demeures de la campagne à la fin du XVIIIème siècle et au début du XIXème. Les exemples majeurs étant la Louvière, construite, il semble, suivant les plans de Lhote et le château Margaux, élevé d'après les plans de Louis Combes.

La fin du XVIIIème siècle nous paraît être assez sûrement la période pendant laquelle Fongravey a été construit. Volontiers attribuée à Victor Louis, comme beaucoup de demeures bordelaises d'ailleurs, nous pensons intéressant de retenir plutôt, que Christophe Meyer a résidé a Blanquefort, où il a même été conseiller municipal, qu'il a habité dans ce domaine de Fongravey appelé justement « Meyer » sur le cadastre ancien, et que pour son hôtel bordelais, il a fait appel à Louis Combes, comme l'avait fait André Acquart qui lui aussi a résidé à Blanquefort.

Texte et photographies extraits de : Châteaux et maisons de campagne de Blanquefort, mémoire de maitrise de Bertrand Charneau, Université de Bordeaux III, 1984.

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