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Historique et description du château Grand Clapeau.

Historique.

A- Édifices antérieurs.

La gravure titrée « Château Grand-Clapeau-Olivier » parue dans l'édition de 1874 des « Statistiques générales », évoque sommairement l’état ancien des bâtiments composant la propriété de M. Edouard Avril, ingénieur et entrepreneur de travaux publics. M. Avril, qui participa à la construction du chemin de fer du Médoc, fit reconstruire la demeure de Grand-Clapeau à la fin du XIXème siècle. « Bordeaux et ses vins » présente dans l'édition de 1898, la demeure reconstruite : un corps de logis central comprend trois niveaux d'élévation dont un étage de comble couvert par un toit à brisis. Ce corps de bâtiment domine deux ailes basses. Une carte postale, datant des premières années du XXème siècle, précise l'architecture de la demeure que la construction du pavillon « façon château », a voulu anoblir puisque, ainsi que Feret l'écrit : « Ces vins sont classés parmi les meilleurs de Blanquefort ».

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B- Origines du domaine.

Certainement d'origine ancienne, le domaine de Clapeau n’est signalé par les sources que depuis 1752, date à laquelle François-Charles-Hyacinthe de Martin, seigneur, entre autres, de la maison noble de Terrefort, vend une pièce de terre à Dumas, au « tènement de Clapeau ». (AD.33 Fonds Ferradou.6219). La carte de Belleyme signale l'existence du château de Clapeau au milieu des vignes. À l’ouest de Quaychac et au sud du château, le nom de Clapeau est réécrit avec le graphisme réservé aux noms des lieux-dits ou des domaines, sur un paysage dont la gravure dessine le vallonnement. Il semble que la propriété appelée « maison Olivier » sur le cadastre de 1806 soit la demeure actuelle de Grand-Clapeau ; le propriétaire d'alors était probablement un monsieur Olivier dont un cru portait aussi le nom.

Le cadastre de 1843 nomme, par erreur, le domaine « Petit-Clapeaux », qui serait plutôt l'autre dénomination de la propriété de Tanaïs, qui jouxte au sud, celle de Grand-Clapeau. M. Baudinière maintient aujourd'hui la qualité d'un vin toujours classé parmi les rares crus bourgeois produits à Blanquefort.

Description.

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Situation et composition.

Le domaine de Grand-Clapeau s’étend à l’ouest de Cachac, loin des habitations au milieu d’un paysage de coteaux plantés de vignes. Les bâtiments d’exploitation et le logis forme un « U » fermé par une grille délimitant une cour.

Matériaux et leur mise en œuvre.

Pierres de taille pour l’ensemble, ardoises pour le toit du pavillon central et tuiles pour les ailes.

Le logis.

A- Parti général.

Deux ailes mettent en valeur au centre un pavillon imposant. La façade principale est exposée au sud-ouest.

B- Élévations extérieures.

Les deux façades de ce bâtiment sont identiques.

Façade antérieure ; le pavillon.

Au milieu de la façade, le pavillon paraît à lui seul être l’habitation. En fait, l’aspect général est trompeur, le pavillon est de proportion modeste, et le logis comprend aussi les basses ailes. Le premier niveau du pavillon comprend trois baies dont une porte-fenêtre au centre, inscrites dans des arcs en plein cintre. Mis à part un soubassement lisse, le mur est animé par un appareil à bossage en table. Une moulure horizontale, peu saillante, sépare ce niveau du deuxième. Le deuxième niveau est l’étage « noble ». Trois fenêtres allongées sont séparées par des pilastres cannelés surmontés de chapiteaux à volutes d'où sort une guirlande de fleurs. Au dessus de l’élément de frise, deux modillons supportent la corniche à denticules. Les trois baies comportent un balconnet à balustres en poire. La travée centrale est couronnée par un fronton cintré brisé qui enserre le balconnet de la lucarne du troisième niveau. Le troisième niveau est l’étage de comble, largement éclairé par une lucarne ornée d'ailerons en spirale.

Basses et allongées, les ailes comprennent chacune deux travées percées d'une porte-fenêtre surmontée d'une ouverture de même largeur. Cette ouverture forme une lucarne avec une couverture à deux versants supportés par des modillons en bois.

Combles et couvertures.

L'étage de comble est abrité par un toit en pavillon couvert d'ardoises. Sur les ailes, des tuiles protègent les greniers.

Note de synthèse.

La demeure de Grand Clapeau est l'exemple, courant dans le bordelais, d'une exploitation agricole à laquelle des crus de qualité ont donné la possibilité d'être transformée en « château ». Comme beaucoup de propriétés viticoles bordelaises, le terme de château confond demeure et cru. À la fin du XIXème siècle, il devenait certainement pressant pour Grand Clapeau d'anoblir, ou plutôt « d'embourgeoiser » (puisque tel est le nom du cru), le logis. Si les propriétaires des grands crus du Médoc ont pu faire construire, vers le milieu et la fin du XIXème siècle, des châteaux comme Palmer ou Pichon-Longueville par Charles Burguet, ou encore le château Marbuzet par l'architecte Monginoux, c'est avec beaucoup plus de modestie, mais dans le même esprit, que le propriétaire de Grand Clapeau a voulu que son domaine viticole soit dignement commandé par une « maison de maître » dont l'architecture se donne des apparences classiques.

Texte et photographies extraits de : Châteaux et maisons de campagne de Blanquefort, mémoire de maitrise de Bertrand Charneau, Université de Bordeaux III, 1984.

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