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Joomla : Porte du Médoc

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Le vignoble.

D'où que l'on vienne, il faut traverser des océans de vignes, vastes campagnes apparemment monotones, aux rangées de ceps bien serrées et parfaitement alignées qui en font un des paysages les plus humanisés qui soit. Bien souvent la vigne règne en monoculture, couvrant 40 à 80 % de la surface des communes, ne la cédant qu'aux surfaces bâties des châteaux, maisons paysannes et villages, avec leurs parcs ou jardinets, ou à quelques autres cultures, prairies dans les bas-fonds humides, vergers dans certains secteurs des grandes vallées, bois et taillis surtout qui forment souvent avec la vigne une mosaïque chlorophyllienne. Ce n'est guère qu'aux abords de la grande métropole de Bordeaux que la vigne subit les assauts de plus puissant qu'elle, le front urbain pionnier qui s'avance en auréole ayant pour effet secondaire d'entretenir une zone agricole laissée en friche où l'on attend de voir s'installer hangars et lotissements. Véritable pays de civilisation de la vigne, le Bordelais n'est pourtant pas homogène : il est même composé d'une véritable mosaïque de régions diverses, le plus souvent sanctionnées par l'existence d'appellations d'origine contrôlées variées qui dénotent une savante hiérarchie interne des terroirs, des structures, des produits.

Les châteaux viticoles les plus connus du monde.

Au nord de l'agglomération, au-delà de la Jalle (ruisseau) de Blanquefort, commence le Médoc, vaste presqu'île tournée vers le nord au paysage tripartite : sa limite occidentale est formée par la dune littorale qui borde l'Océan. Son axe central correspond à la vaste zone du plateau landais sableux colonisé par le pin. Ces paysages ont été déjà décrits ; ce qui n'est pas le cas du Médoc oriental, frange de l'estuaire, de loin le plus connu à cause de l'universelle réputation de ses vins. Car sur une vingtaine de communes en bordure de Gironde triomphe le plus souvent une impressionnante monoculture viticole faite de l'agencement des immenses parcelles géométriques des châteaux et des petites pièces de vigne des paysans accompagnés de leur habitat respectif, vastes demeures entourées des bâtiments d'exploitation ou au contraire maisonnettes groupées en hameaux.

Le haut Médoc, partie méridionale de la façade estuarienne de la presqu'île médocaine (dont le secteur occidental est maritime et landais), représente depuis près de deux siècles les paysages et les structures du plus glorieux des vignobles du Bordelais. Ce pays ne ressemble en fait à aucun autre. La nature est faite de molles ondulations réparties entre la Gironde et son cortège de terres basses palustres et la forêt de la lande, séparées entre elles par de petites vallées ingrates drainées par les « jalles » ou les « esteys ». Le sol y est le plus souvent composé d'énormes cailloux, les fameuses « graves » dont l'intérêt viticole vient de ce qu'elles constituent d'extraordinaires miroirs réfléchissant qui renvoient du sol, en les diffusant, lumière et chaleur solaires sur les grappes de raisin. Et, d'autre part, l'abondance de ces cailloux arrondis permet un excellent drainage des parcelles de vigne en même temps qu'elle favorise l'enfoncement profond des racines à la recherche de l'eau et des éléments nutritifs. Rien d'étonnant alors à ce que ces sols considérés comme naturellement pauvres et sur lesquels on ne pourrait guère faire venir d'autres cultures avec quelque rentabilité, soient devenus des terres à vigne d'exceptionnelle qualité, à condition qu'on leur adapte les plantes.

L'encépagement, judicieusement choisi, est surtout fait des variétés cabernets dont la pousse est ici très courte : les ceps n'ont même pas une quarantaine de centimètres au dessus du sol, et sont en rangs serrés d'un mètre d'espacement d'une rège à l'autre et d'un pied à l'autre ce qui fait une densité de l'ordre de 8 000 à 9 000 à l'hectare. Tout ceci fait un paysage d'une régularité et d'une intensité viticole d'autant plus remarquable que, ici aussi, triomphe plus que jamais le réseau d'immenses parcelles en monoculture. Et l'aspect bâti du paysage renforce encore l'impression de majesté, et de richesse discrète qui émane du Médoc des châteaux. Ce paysage se développe de part et d'autre de la route de Bordeaux à Pauillac, exactement entre Cantenac et Saint-Estèphe sur un liséré de 30 km de long sur 4 à 5 km de large. Liséré d'ailleurs discontinu : car la zone des grands vignobles est fragmenté en secteurs différents qui correspondent à autant d'appellations, au sud celui de Margaux, au centre celui de Pauillac avec les trois plus célèbres domaines, château Latour, château Lafite et château Mouton-Rothschild, au nord celui de Saint-Estèphe.

Texte extrait de Gironde, Encyclopédie Bonneton, 2002, Philippe Roudié, p.233.235.

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