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La Base Aérienne Transocéanique de Bordeaux.

Ce qui aurait pu advenir aux portes du Médoc vers 1936, si le projet du port autonome de Bordeaux avait pu se réaliser, en compétition avec la création de l'aéroport de Mérignac, par la chambre de commerce de Bordeaux.

Le document très complet est difficile à présenter en un seul article. Ici, vous allez pouvoir lire l’introduction et la conclusion du dossier intitulé : La Base Aérienne Transocéanique de Bordeaux.

Le chapitre 1 expose la situation géographique de la région de Bordeaux au point de vue aéronautique, le rapport à la ligne transocéanique et la liaison avec la navigation maritime et la voie ferrée. Le chapitre II présente les conditions météorologiques en faisant la comparaison entre Bordeaux et les différentes bases aériennes.

Pour lire cet article, cliquez ICI.

Le chapitre III indique les dispositions générales du projet étudié avec un plan d’ensemble. Le chapitre IV traite de l’outillage nécessaire pour la construction de la Base Aérienne Transocéanique.

Pour lire cet article, cliquez ICI.

chap2-8


Introduction.

La navigation aérienne se développe actuellement dans des proportions consirables et enlève déjà aux lignes de navigation une part importante et sans cesse croissante de leurs voyageurs. Dans toutes les grandes Nations des études sont poursuivies pour la alisation d’hydravions ants, ritables vaisseaux aériens, qui transporteront au-dessus des océans les voyageurs soucieux de réduire au minimum la due de leurs voyages, la poste et me certaines marchandises. Une transformation complète des moyens de transports interocéaniques est donc à prévoir dans un avenir qui est maintenant très rapproché.

Déjà, des pourparlers ont été engagés entre la France et les Etats-Unis pour l'établissement d'une ligne régulière. La base de départ, en Europe, de cette ligne n'est pas encore terminée. Celle qui serait le mieux située, au point de vue aéronautique, est Lisbonne, mais la France ne peut évidemment songer à financer ltablissement d'une base au Portugal où l'influence étrangère se trouve d'ailleurs ppondérante. Il est primordial pour l'économie nationale que cette base soit installée en France, et déjà plusieurs projets ont été étudiés à cet effet. Aucun de ces projets ne paraît offrir toutes les conditions essentielles à l'établissement d'une base aérienne transocéanique. Il faut, en effet, que l'emplacement choisi remplisse un certain nombre de conditions géographiques, météorologiques et démographiques qu'il est très difficile de réaliser toutes à la fois. Au point de vue géographique, la base choisie doit se trouver autant que possible sur le tracé normal de la ligne à desservir et, en tout cas, ne doit pas imposer aux appareils un supplément de parcours bien important. Elle doit offrir des conditions d'accès faciles, c'est-à-dire se trouver dans une région entièrement dégagée, et présenter, dans son voisinage immédiat, des plans d'eau et des terrains sur lesquels les appareils pourraient se poser, dans certains cas exceptionnels, sans avoir à faire demi-tour pour rejoindre des bases éloignées. Enfin, les hydravions doivent pouvoir trouver, tout le long de leur route, au-dessus de la terre des plans- d'eau où ils pourront amerrir à tout moment en cas de panne ou d'incident fortuit.

Au point de vue météorologique, il faut que-les circonstances soient favorables. Les questions de visibilité, de hauteur de plafond, de direction et de vitesse du vent prennent alors une grande importance. Il est essentiel, par ailleurs, que le plan d'eau offre la surface la plus unie possible, et ne soit pas rendu impraticable soit par la houle, soit par le clapotis.

Au point de vue démographique, il est indispensable que la base soit installée auprès d'un grand centre urbain. Il faut, en effet, pouvoir offrir à la masse si vare de voyageurs qui utiliseront cette base toutes les ressources : tels, restaurants, magasins, etc., que seul un grand centre peut présenter. Il faut, d'autre part, pouvoir loger le nombre important d'employés et d’ouvriers qui concourront à l'exploitation du nouveau centre. Il faut trouver enfin, sur place, les ateliers de réparations indispensables à l'exploitation des 1ignes. D'autre part, la liaison indispensable entre les différents moyens de transports doit permettre aux voyageurs de quitter l'avion ou l'hydravion pour prendre immédiatement soit le chemin de fer, soit le paquebot. Toutes ces raisons militent donc pour un choix qui se fixerait sur une base aussi voisine que possible d'un grand centre urbain. Toutefois, des raisons impérieuses de décentralisation s'opposent tant au point de vue militaire qu'au point de vue démographique, au choix d'une base voisine de Paris.

Enfin, au point de vue financier, il est souhaitable que le plan .de masse puisse être réalisé sans engager une dépense excessive. L'emplacement choisi doit donc se trouver dans une région où les terrains ont une faible valeur, où il est facile d'aménager à la fois le plan d'eau et l'aérodrome terrestre, où les travaux peuvent être exécutés à bon compte et où toutes les extensions ultérieures restent possibles. Il n'est certes pas facile de trouver un emplacement qui réponde à la fois à toutes ces conditions, dont certaines semblent même contradictoires.

Or, il se trouve qu'un tel emplacement existe, à proximité immédiate de Bordeaux, dans les vastes terrains qui s'étendent le long de la Garonne depuis la limite nord de l'agglomération bordelaise jusqu'à Parempuyre.

Sur la carte d'État-major au 1/80.000e, ces terrains sont indiqués sous les dénominations « marais de Bruges et de Bordeaux» et « marais de Parempuyre et de Blanquefort ». Leur valeur est extrêmement réduite car ils ne permettent aucune culture, sauf aux quelques endroits où le Port Autonome a procédé à des remblaiements avec des produits de dragages. D'autre part, l'État possède déjà, dans cette région, 300 ha environ qui devaient être utilisés pour la construction du Canal Maritime de Grattequina. Toute cette région marécageuse se pterait, dans des conditions exceptionnellement favorables, à l'aménagement d'un plan d'eau artificiel dont le creusement permettrait de trouver sur place les remblais nécessaires à l'assiette de l'aérodrome terrestre. Pour l'exécution de la plus grosse partie de ce travail, le Port Autonome dispose de l'outillage le plus puissant qui existe en France en dragues et en refouleurs. Ces engins, dont le prix d'achat est complètement amorti par ailleurs, permettraient l'exécution du travail à des conditions particulièrement économiques. Comme, d'autre part, le centre de Bordeaux se présente dans des conditions très favorables au point de vue géographique et au point de vue météorologique pour la desserte des lignes transocéaniques, un avant-projet a été étudié pour l'installation, dans ce centre, de la future Base aérienne interocéanique. Le but de la présente notice est d'exposer les conditions qui ont motivé ce choix et d'indiquer les grandes lignes du projet.

Conclusion.

L'installation, à Bordeaux, de la future base transocéanique se présente donc sous un jour particulièrement favorable. Au point de vue géographique, Bordeaux se trouve, en effet, placé à un point de passage obligé des différentes lignes internationales. Au point de vue météorologique, les conditions sont au moins aussi favorables que celles des meilleures bases en service. L'énorme étendue de la région sans valeur où la base peut être créée permettrait d'adopter un plan d'ensemble, conçu suivant les données les plus modernes de la technique et réservant largement l'avenir. La nouvelle base située aux portes mêmes de Bordeaux, permettrait, sans dépenses nouvelles, de trouver tous les logements nécessaires pour le personnel d'exploitation et d'offrir aux voyageurs de toutes conditions les avantages présentés par une grande ville d'art et de tourisme. Les usines d'aviation (construction et réparations) seraient tout naturellement amenées à s'installer dans le voisinage de la nouvelle base, où elles pourraient le faire aux meilleures conditions, et ainsi serait réalisée une décentralisation à laquelle le Gouvernement attache, à juste titre, un si haut prix.

Les travaux, compte tenu des conditions particulières de l'emplacement choisi, n'entraîneraient pas une dépense prohibitive puisque celle-ci peut être chiffrée à 200 000 000 F pour l'ensemble de la base, extensions ultérieures non comprises. Ces travaux, qui occuperaient un nombre considérable d'ouvriers, feraient cesser le chômage dans la région bordelaise et auraient, en outre, l'énorme avantage de réaliser l'assainissement d'une région de plus de 2 000 ha située dans le voisinage même de Bordeaux. Enfin, les facilités de 1iaisons de la nouvelle base avec la navigation maritime, la voie ferrée et la route seraient telles qu'il ne semble pas possible d'en trouver ailleurs de meilleures. Devant ces considérations, le Conseil Général de la Gironde, dans sa séance du 26 novembre 1936, a émis le vœu que l'État choisisse Bordeaux comme point d'aboutissement de la base transocéanique d'aviation, en raison des multiples avantages que présente pour cet objet la proximité immédiate d'un grand centre et des marais de Bordeaux qu'une telle opération assainirait d'ailleurs définitivement. À la suite de ce vœu, M. le Maire de Bordeaux a bien voulu insister auprès de M. le Président du Conseil et auprès de M. le Ministre de l'Économie Nationale pour que la question du choix de Bordeaux comme base transocéanique soit examinée d'une façon particu1ièrement attentive et reçoive une solution favorable. Ce choix de l'emplacement de la future base transocéanique présente pour le pays un intérêt si grand et doit engager si fortement l'avenir des lignes aériennes qu'il fera certainement l'objet de l'étude attentive demandée par M. le Maire de Bordeaux. Le projet de Bordeaux présente à tous égards de tels avantages qu'il n'a pas à craindre la comparaison avec tous les projets déjà étudiés et qu'il semble devoir finalement s'imposer.

Document réalisé par le Port Autonome de Bordeaux, vers 1936, transmis par Michel Baron.

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