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L'avenir se batit sur le passé.

Le patrimoine d’une commune est un sujet complexe et délicat ; sa définition ne présente pas le caractère essentiel de l’économie rurale ou industrielle, ou plus tendance, de la culture ou du tourisme, et donc en conséquence ses enjeux ne semblent pas toujours estimés prioritaires. Nous souhaitons toutefois présenter à la nouvelle équipe municipale quelques éléments de réflexion sur ce sujet.

Dans notre commune, nous bénéficions d’un héritage historique important et il faut saluer d’emblée tout ce qui a été entrepris de positif depuis longtemps en ce domaine pour le mettre en valeur. Blanquefort abrite en effet plus d’une trentaine de châteaux et demeures remarquables mais aussi un grand nombre de maisons du XIXème et du XVIIIème siècle, d’autres plus anciennes encore, sans négliger les moulins, les chais, les puits, les vieux murs de clôture, les arbres remarquables, le tracé sinueux des anciens chemins… et l’intérêt et la variété de son territoire, vignes, forêts, bassin de la Jalle et marais…

Les grands efforts des années récentes concernant le parc de Majolan, la vacherie, les lavoirs, témoignent d’un souci indiscutable de conservation du patrimoine existant qu’il faut en effet entretenir et remettre en valeur.

Cet effort de valorisation est à poursuivre et à compléter ; c’est dans ce sens que notre association souhaite attirer l’attention des élus et responsables municipaux sur les points suivants :

- La connaissance de l’histoire de notre patrimoine.

De nombreux habitants de Blanquefort disent ignorer l’histoire et l’existence de la plupart des châteaux ou autres lieux remarquables de leur commune.

Comment organiser une meilleure approche de cette question ?

Proposition : notre association vous suggère l’installation de plaques patrimoniales présentant succinctement l’histoire de tel édifice, en commençant par exemple par la boucle de randonnée locale parcs et châteaux, de plus en plus fréquentée, y compris par des randonneurs venus d’ailleurs. La réhabilitation du centre-ville pourrait également permettre des signalisations historiques portant sur l’église, l’ancien cimetière, les quatre rues d’accès au centre du bourg… et également le boulevard Alcide Lançon qui n’est autre que l’ancienne route du Médoc.

Nous suggérons aussi l’étude de la création d’un office du tourisme municipal pouvant être jumelé avec des communes voisines comme Eysines, Le Taillan, Parempuyre, et qui pourrait organiser des visites patrimoniales, ainsi que des circuits de découverte de nos anciens villages et de nos quartiers. On peut aussi souhaiter une meilleure visibilité de la présentation du patrimoine de notre commune sur Internet.

- La sauvegarde et l’entretien de l’existant.

Le vieux-château (forteresse médiévale) est un cas à part et mérite sans doute plus d’attention à une échelle qui dépasse la commune, mais c’est un fleuron tellement exceptionnel qu’il demande une prise en charge nationale, voire européenne, ainsi qu’une meilleure accessibilité.

Pour l’ensemble des châteaux, on a déjà beaucoup fait pour les sauver, mais n’oublions tout de même pas que la société Bardinet a pu détruire le château Fleurenne en 1974 ou l’abandon par le Ministère de l’Agriculture du château Dillon, devenue une belle ruine, de nos jours. Heureusement, Campot a été sauvé de justesse, mais il reste Cambon, bien menacé.

Dans la commune existent de belles maisons bourgeoises à un étage et des maisons basses de type médocain, maisons de paysans et d’artisans qui ont un joli cachet. Beaucoup datent du XIXème siècle, certaines plus anciennes encore puisqu’elles figurent au cadastre napoléonien de 1806.

Ces maisons sont-elles répertoriées par les services municipaux, en existe-t-il une liste, sont-elles protégées ? Ne serait-il pas utile de se pencher sur leur cas, sinon on risque de les voir démolies les unes après les autres, l’urbanisation aidant. Nous pensons en particulier aux menaces qui pèsent sur la maison Lacaze qui complète harmonieusement la place de l’église, ou les petites maisons les plus anciennes du boulevard Alcide Lançon (n°49-53).

Proposition : notre association suggère la création d’une commission municipale du patrimoine réunissant des acteurs publics, privés et associatifs, pour réfléchir à la sauvegarde du patrimoine bâti existant.

- Le petit patrimoine, le mobilier ancien.

Combien de puits ou de croix de carrefours ont disparu ? Que sont-ils devenus ? Nous en avons heureusement conservé quelques-uns, ainsi que certains murs anciens qui clôturaient les grands parcs des propriétés et qui donnent une idée du paysage d’autrefois.

Proposition : la commission du patrimoine pourrait établir un répertoire de ce petit mobilier patrimonial pour en assurer la protection.

- Le respect des toponymes.

Notre commune a connu une longue histoire et son territoire est le témoin d’une lente transformation due aux hommes qui y ont vécu. Les toponymes, noms des lieux, sont les traces laissées par nos ancêtres sur des centaines d’années ; ils ont un sens, donnent des indications, sont le résultat d’observations liées à la nature et à la vie quotidienne. Ils méritent d’être conservés et respectés, en particulier leur écriture et leur prononciation. Ils sont nombreux à Blanquefort, plus de 300 sont repérés et la commune en signale heureusement 80 sur son plan de ville. Continuons à les faire vivre car ils assurent la continuité avec tous ceux qui nous ont précédés sur ce territoire.

Proposition : notre association est disponible pour travailler avec la commission municipale de viographie pour la valorisation des noms de notre terre.

- Le respect de la prononciation gasconne.

Il s’agit de la prononciation locale, basée sur un parler ancestral et tout-à-fait légitime. Sans doute, les Parisiens et certains Bordelais disent Blaie au lieu de Blaye, ou Pont-de-la-maie au lieu de Pont-de-la-Maye, mais nous devrions respecter les mots d’origine gasconne qui désignent des parcelles de notre territoire (sans craindre de passer pour des paysans) : La Renney s’écrit avec un y qu’il ne faut pas avoir honte de prononcer, de même pour Peybois, Peyrestruc, Peyserin, Bigney, Gabarreyre, Peyrestruc, Peyseurin, Queyrac, Queyron,Soutey, Taste-Claouey, Trembley, Vivey, etc. Idem pour le son et dans Canteret, Carpinet, Galochet, Cournalet, Trabuchet… N’ayons pas peur non plus de faire entendre le y d’Eysines, notre commune voisine.

Il nous semble utile de faire le point sur ces prononciations de manière réfléchie et justifiée, et nous pensons que là aussi, ce sont à nos élus de donner l’exemple pour le respect du passé de notre terre.

Proposition : Organiser des conférences avec un intervenant occitan pour une sensibilisation auprès des élus, du personnel municipal, des membres des associations et de la population en général.

- La richesse de notre sous-sol.

La Drac a classé 6 zones de protection du sous-sol de la commune. Nous présumons que des éléments du passé celtique et gallo-romain sont enterrés sous nos pieds ; nous n’avons pas actuellement les moyens et le temps nécessaires pour fouiller ce sous-sol. Un jour sans doute nous saurons mieux que de lointains ancêtres ont vécu ici et que ce sera passionnant de les découvrir, mais laissons de la place au rêve !

- La nature.

Nous avons aussi la chance de posséder la grande richesse de la nature sauvegardée sur notre territoire, que nous devons protéger : bravo à la boucle de randonnée, aux différents sentiers botaniques, aux chemins ruraux réhabilités. Pour l’avenir proche, nous attendons beaucoup de la mise en valeur annoncée des gravières, des bois et des vignes, des zones vertes et des corridors pour la sauvegarde de la faune…

Proposition : notre association s’associerait volontiers à une réflexion pour la remise en valeur d’autres sentiers de randonnée et de découverte autour des jalles et de la coulée verte.

Nous souhaiterions que la municipalité 2014-2020 soit attentive aux problèmes soulevés ici :
par exemple, que l’élu municipal en charge du patrimoine soit clairement identifié et n’ait pas cette responsabilité noyée au milieu d’autres, qu’il puisse animer un groupe de travail sur ce thème, composé de gens compétents et intéressés, et assurer le suivi des dossiers.

Nous abordons une période de restrictions budgétaires, il faudra sans doute se tourner davantage vers les sponsors, mais dans ce domaine, la commune possède des atouts.

Proposition : nous suggérons d’inciter les habitants de Blanquefort à apprendre à mieux connaitre cet héritage et à l’aimer en mobilisant différents médias : le journal municipal, des articles de presse, des expositions, des journées « portes ouvertes », etc.

Choisir d’habiter Blanquefort, c’est un choix de qualité de vie à coup sur, mais c’est aussi choisir une terre, un passé, une histoire : apprenons ensemble à les découvrir et à les apprécier.

Cercle Historique Blanquefortais. Porte-parole, Henri Bret (2014).

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