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Le village-paroisse avant la Révolution.

Ce texte a été rédigé par l 'Abbé Baurein en 1784 et nous respectons sa présentation.

« Quoique cette Paroisse soit très belle et très-considérable, on se trouve néanmoins dans le cas, à défaut de renseignements locaux, de ne pouvoir entrer dans tout le détail dont elle est susceptible. On préfère pourtant de n'en dire que le peu qu'on en fait, que de la passer sous silence. Son Eglise est placée au milieu d'un Bourg qui annonce que cette Paroisse est peuplée. En effet, M. l'Abbé Expilly, qui parle de cette Paroisse dans son Dictionnaire Géographique de la France, lui attribue trois cents feux ; ce qui formerait, selon lui, une population de quinze cents habitants. Cet Ecrivain ajoute qu'elle est située sur la petite rivière de sale (il a sans doute voulu dire de Jale), mais celle-ci n'a jamais passé pour une rivière dans l'opinion des gens du pays ; elle n'a jamais été réputée que pour un simple ruisseau qui reçoit les eaux de la lande, et qui les conduit à la rivière de Garonne. La Cure de Blanquefort est séculière, et à la collation de l'Abbé de Sainte-Croix de Bordeaux. On ignore s'il est gros Décimateur dans la Paroisse, en tout cas il ne perçoit pas la totalité de la dîme. On sait que la Communauté des Religieuses de l'Annonciade de cette Ville perçoit une portion de la dîme de Blanquefort. Le territoire de cette Paroisse se divise naturellement en deux parties, dont une et située dans la grave, et l'autre dans le palu. Celle-ci, qui est placée vers le levant, est d'une étendue considérable, qui est bordée par la rivière de Garonne ; elle s'étend depuis la Jalle qui coule à son midi, jusqu’à la Paroisse de Parempuyre, qui borne Blanquefort vers le nord. La majeure partie de ce palu est en pacages ou en prairies, qui produisent du foin très estimé. L'autre partie, placée au couchant de cette première, est en vignobles, en terres labourables, en bois ou en landes. En général, cette Paroisse est très-bien cultivée, ce qui annonce qu'il n'y manque pas de bras. Il y existe d'ailleurs quantité de Maisons nobles ou bourgeoises, très bien entretenues, et qui appartiennent à différents particuliers, qui n'y habitent que pendant un certain temps de l'année, ainsi qu'il et d'usage ; ce qui n'empêche pas que le séjour dans cette Paroisse ne soit très agréable.

Elle est située dans la contrée du haut Médoc et dans le district de l'Archiprêtré de Moulis, à la distance de deux lieues de Bordeaux, et à quatre de Castelnau. Elle est séparée, par le ruisseau de la Jale, de la banlieue de cette Ville, qui est à son midi, et elle est bornée de ce même côté, soit par le palu ou marais de Bordeaux, soit par les Paroisses de Bruges et d’Eysines. On a déjà dit qu'elle était bornée vers le levant par la rivière de Garonne. Elle est bornée vers le nord par les Paroisses du Pian et de Parempuyre, et vers le couchant par celle du Taillan. Il existe dans le village de CaySSac, dépendant de la Paroisse de Blanquefort, une Chapelle publique appelle de St.Aon. On observera que ce nom n'est  pas celui du Saint, sous l'invocation duquel cette Chapelle est érigée, mais celui de son Fondateur. Il existait, en effet, dans l'étendue de l'ancienne Juridiction de la Châtellenie de Blanquefort, des Seigneurs qui portaient le nom de Saint-Aon. Il est fait mention, dans un titre du 10 Août 1343, d’un Giraud de Saint-Aon, et dans un autre titre du 10 Juin 1302, d'un Wilhem de Sent-Aon, tous deux qualifiés Donzet, c'est à-dire Damoiseaux. Il y a lieu de penser que c'est un Seigneur de cette ancienne famille qui a fondé cette Chapelle, et qui l'a pourvue d'une honnête dotation. Cette Chapelle est du patronage de M. de Secondât, Seigneur de Labrède.

M. Aubert de Tourny, Intendant de la Généralité de Bordeaux, obtint un Arrêt du Conseil d'Etat, en date du 13 octobre 1710, pour la formation de la levée ou chaussée au travers du marais de Blanquefort. Ce marais, qui était souvent couvert par les débordements des eaux de la Jale, était alors impraticable, et il y avait des circonstances où on ne pouvait le traverser sans danger. M. de Tourny ne fut pas plutôt autorisé à former cette chaussée, qu'il s'en occupa sérieusement, et qu'il ne l'abandonna pas qu'il ne l'eût mise en état de servir à l'usage du Public. Il faut en convenir, c'est un service essentiel que ce Seigneur rendit à la contrée du Médoc, qui, joint à tant d'autres avantages qu'il a procuré à cette Province, doit y éterniser sa mémoire, et la rendre chère à tous ceux qui en éprouvent l'utilité. Blanquefort est le chef-lieu d'une très  ancienne Seigneurie ; c'est dans son territoire qu'on voit les restes d'un château qui défendait une partie du Médoc, et qui était très fort pour le temps où il fut construit. Le temps, qui détruit tout, ne l'a point épargné ; mais il parait que la main d'homme a contribué en partie à sa destruction. Il semble néanmoins que les restes subsistants d'un ancien château sont, en quelque sorte, des titres qui devraient être d'autant plus précieux pour une Seigneurie, qu'ils sont la preuve de son antiquité ; que d'ailleurs ils sont très propres à faire impression sur l'esprit des censitaires, et à leur faire respecter les droits qui en dépendent. On ne saurait donc approuver, pour cette raison, cet esprit destructeur des restes de ces anciens monuments, qui, quoiqu'à demi détruits, nous mettent à portée de juger de la différence des temps passés, où les habitants d'une contrée étaient obligés de pourvoir à leur conservation contre les irruptions auxquelles ils étaient exposés, d'avec le temps présent, où c'est l'Etat qui se charge de pourvoir à notre propre défense.

L'ancien château de Blanquefort, placé auprès d'un marais, est entièrement abandonné ; le chef-lieu de la Seigneurie est actuellement une maison fort simple reconstruite à la moderne, dans un local appelé Curgan, et qui, pour cette raison, est appelée la maison noble de Curgan. Elle est bâtie dans les dépendances de l'ancien château, dont elle est assez voisine. Ce n'est pas la seule Maison noble qui existe dans cette Paroisse. Une des plus anciennes, et qui mérite quelque attention de notre part, est celle de Maurian. »

Texte extrait du livre "des Variétés Bordelaises" de l'Abbé Baurein (1784).

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