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La circulation automobile en 1904.

La lecture du registre des délibérations du conseil municipal de Blanquefort nous apporte parfois des informations ne manquant pas d'intérêt, sur le mode de vie et les préoccupations des Blanquefortais et nous montre que cent ans après, les problèmes qui se posaient en 1904 sont toujours d'actualité... C'est le cas de la circulation automobile et du non-respect de la limitation de vitesse qui inquiétaient déjà nos élus il y a cent ans et qui, aujourd'hui, font l'objet d'une attention particulière de la part du gouvernement.

« Sur la demande d'un membre du Conseil, au sujet de la circulation des automobiles dans la commune, il est convenu que Monsieur le Maire devra prendre s'il y a lieu un arrêté pour fixer la vitesse des autos, dans le bourg de la commune et lieux agglomérés en vue d'éviter des accidents.» (Conseil municipal, délibération n°669 du 4 septembre 1904. Archives municipales de Blanquefort). En 1904, certaines voitures pouvaient déjà atteindre les 100 km à l'heure et le législateur avait pris des dispositions réglementaires dés 1899, notamment pour limiter la vitesse sur les voies publiques ; il s'agit du décret du 10 mars 1899 modifié par celui du 10 septembre 1901. La vitesse était un problème qui affolait les populations. Les usagers « traditionnels » des routes reprochaient aux automobilistes, d'être non seulement dangereux, mais aussi de rouler bien trop vite, et de faire peu de cas des piétons. Cela d'autant plus que l'automobilisme avait alors l'image d'une activité d'oisifs, tandis que les routes étaient surtout utilisées par des travailleurs de toutes sortes (rouliers, charretiers...).

Le décret de 1899 fixe des limitations de vitesse strictes : « La vitesse devra être ramenée à celle d'un homme au pas dans les passages étroits ou encombrés. En aucun cas, elle n'excédera les 30 km/h en rase campagne et les 20 km/h dans les agglomérations ». Pour les courses d'automobiles, la vitesse était illimitée en rase campagne, mais ne devait pas être de plus de 20 km/h en ville. En ce qui concerne les « convois » ou « trains », c'est à dire les automobiles qui remorquent d'autres véhicules, ils ne devaient pas dépasser 20 km/h en rase campagne et 10 km/h en agglomération. Par ailleurs, « le conducteur devait rester constamment maître de sa vitesse ». Dans un rapport du ministre des Travaux publics au président de la République en date du 11 septembre 1901, il est dit que l'opinion publique s'est émue des nombreux accidents causés par les automobilistes roulant à des vitesses exagérées. Il apparaît ici clairement, d'ailleurs les pouvoirs publics de l'époque le reconnaissent volontiers, que les limitations de vitesse de 1899 ne sont plus respectées. Pour autant, il semble bien que les contrevenants n'étaient pas davantage sanctionnés, loin de là. Aux yeux du ministre, les automobilistes sont doublement coupables : ils ne sont pas soucieux de sécurité, et surtout, ils s'enfuient ou ne s'arrêtent pas après avoir causé des accidents. Les sages réglementations de vitesse de 1899 (30 km/h en rase campagne, 20 km/h en ville) ont été perdues de vue.

Comme on ne pouvait interdire la mise en service de véhicules allant à plus de 30 km/h, il fallait donc faciliter aux agents l'identification des automobilistes délinquants. Pour ce faire, on décida d'immatriculer les véhicules « capables de marcher en palier à une vitesse supérieure à 30 km/h ». C'est la naissance des plaques d'immatriculation. À compter de cette date, le pays compte alors deux catégories d'automobiles : celles qui peuvent dépasser les 30 km/h sont portées au registre de l'ingénieur des mines avec leur numéro d'immatriculation, les autres avec la mention « néant ». Ces deux décrets pouvaient prêter le flanc à la critique, ou tout du moins pouvaient ne pas être totalement satisfaisants pour les maires soucieux du bien-être de leurs administrés notamment. Il n'est donc pas étonnant de constater que certaines autorités locales prennent l'initiative de réglementer elles-mêmes la conduite. (L'apparition de l'automobile en Anjou, le cadre réglementaire par Tristan Poulain. Editions Anovi).

Texte de Jean Lafitte, extrait du Bulletin du G.A.H.BLE n°46, octobre 2004.

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