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La mémoire du quartier Crabeyre-Pasteur.

Musicien et passionné de jardinage, Pierre Baillon a vu le quartier se construire. C’est parce que l'un de ses collègues musicien avait entendu une annonce à la radio que Pierre Baillon a quitté Prahecq, son village natal à 10 km de Niort, pour venir s'installer à Bruges. « C'était fin septembre 1944, je m'en souviens parfaitement. Il m'a dit « l'harmonie des gardiens de la paix à Bordeaux recrute des musiciens, comme tu joues du hautbois vas-y ». Et c'est ainsi que d'ouvrier agricole et le concours d'entrée dans la musique réussi, Pierre Baillon a quitté l'harmonie de Niort pour se retrouver musicien dans l'harmonie de la police. « À l'époque nous n'étions pas policiers, ça n'avait rien à voir. J'y ai joué pendant 10 à 15 ans, et ce n'est que dans les années 50 avec la dissolution de la musique et la réorganisation de la police que nous avons été mutés à police-secours ».

En parallèle du hautbois, la trompette d'harmonie et le bugle sont des instruments qu'il a pratiqués à l'Ardente de Bruges, une formation qu'il dirigeait lors des concours musicaux de l'époque. En 1948, il achète un terrain pour y construire une maison dans ce qui est aujourd'hui le quartier Crabeyre-Pasteur. Il y a vécu avec Paulette, son épouse, qu'il a connue à l'école primaire et y demeure encore même si leurs 3 garçons et 2 filles, qui leur ont donné 10 petits enfants, ont quitté Bruges. « Lorsque je suis arrivé, c'était le bout de monde. Il y avait des champs partout, un cheval que son propriétaire s'amusait à faire sauter. La place de la République actuelle était un dépôt de détritus, et le Limancet qui passe au fond du jardin était sec l'été et débordait l'hiver. J'ai vu construire tout le quartier ».

Du travail de la terre à la passion du jardinage il n'y a qu'une marge étroite qui a été vite franchie. « Mon voisin, M. Babineau, qui était aussi à l'harmonie, m'avait demandé de lui donner un coup de main pour son jardin. Alors, j'en ai profité pour faire le mien ». Un jardin qui aujourd'hui fait l'admiration du quartier. « J'y ai planté des arbres fruitiers et j'ai toujours deux pommiers et quatre poiriers qui donnent encore des fruits. Pour le reste, je plante les légumes tout au long de l'année selon les saisons, je fais pousser de tout mais je me refuse à utiliser un produit chimique. Juste un peu de bouillie bordelaise lorsque c'est vraiment nécessaire ». Un vrai maraîcher bio, tous les jours au jardin. « Mais je ne veux pas vendre parce que si on vend une fois, il faudra vendre à tout le monde ».

Aujourd'hui, à 94 ans, Pierre Baillon s'amuse d'une chose : « J'ai passé 35 ans dans la police et 30 ans à la retraite ».

Article du journal Sud-ouest du 23 septembre 2014, Bernard Gazeau.

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