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Les surfaces de vigne à Blanquefort.

« Aujourd’hui, il reste sur la commune quatre exploitations viti-vinicoles, toutes classées « Haut Médoc cru bourgeois » : Dillon (Lycée Agricole) avec 34 ha, Saint-Ahon (M. le comte de Colbert) avec 24 ha, Grand-Clapeau-Olivier (M. Baudinière) avec 16 ha, Magnol (société Barton & Guestier) avec 15,5 ha », soit 90 ha. [En fait, la 5ème exploitation, celle des vignes de Bel-Air, est gérée par la famille Tessandier, de Macau.]

Alain Tridant, Blanquefort, une histoire de 3 000 ans, Publications du G.A.H.BLE, 1988, p.37.

Et dans une belle envolée lyrique,  Raymond Valet conclut ainsi son chapitre « Feuilles d’automne » : « Il nous reste en définitive aux quatre points cardinaux, quatre propriétés produisant quatre vins type bourgeois, quatre vins différents de brillante qualité, ce qui conserve le renom de nos vins récoltés dans notre cité ».

Feuillets d’une mémoire, Publication du GA.H.BLE, 1984, p.70. Cet auteur rappelle que Blanquefort a été qualifiée de « première commune du Haut-Médoc » de part l’importance de sa surface viticole, au classement réalisé pour l’Exposition Universelle de Paris en 1855.

Rappelons l’importance de la production de vin dans la commune. « La tradition viticole est attestée à Bordeaux dès le 1er siècle ap. J.-C. Elle se développe dans le haut Moyen-âge ne serait-ce que pour les besoins du culte catholique. On peut penser que Blanquefort s’est fait connaître dès le VIème siècle pour ses vins blancs. Dans la deuxième moitié du Moyen-âge (XI-XVème siècle), les coteaux de la rive nord de la Jalle (terme gascon qui, en Médoc, désigne une petite rivière née dans la lande et se jetant dans la « rivière », Garonne ou Gironde) participèrent tout naturellement à la première expansion du vignoble bordelais (XIIème siècle), qui eut comme débouché les îles britanniques. Les vignes gagnèrent ensuite Macau et Ludon (XIIIème siècle) puis par la suite le Médoc central. Blanquefort peut donc être qualifié de « point de départ du vignoble médocain », selon les propres termes du Conseil des vins de Médoc. Une mutation économique importante sous Louis XIV provoqua la renaissance du vignoble qui fut replanté principalement en rouge afin de répondre à une nouvelle demande… Blanquefort semble avoir participé à cette « fureur de planter » qui a animé le pays bordelais au début du XVIIIème siècle : « les paroisses les plus considérables (en Médoc) sont Pauillac, Margaux, Macau, Blanquefort, Saint-Estèphe » disait le géographe Claude Masse dans son Mémoire de 1733. On constatait que tout avait été mis en vigne et, à près de dix lieues aux environs de Bordeaux, on ne voyait qu’un vignoble ».

Texte d'Alain Tridant Château Dillon, Publication du G.A.H.BLE, 1998, p 103.106.

S’il ne reste que cinq derniers crus bourgeois encore produits à Blanquefort, « la commune en a compté jusqu’à 33 en 1868. En effet, la densification du tissu urbain, les crises économiques du début de ce siècle et diverses maladies de la vigne ont privé peu à peu Blanquefort de ses ressources viticoles traditionnelles. Après l’oïdium des années 1850, c’est le phylloxéra, dû à un insecte s’attaquant de préférence aux racines des vignes, qui fit son apparition en 1869 dans le département de la Gironde (1877 à Blanquefort, 1880 pour tout le Médoc). La première parade - submersion hivernale des plants, ce qui empêchait l’éclosion des œufs de l’insecte - donna une impulsion exceptionnelle, bien que momentanée, aux vins de palus, élevés sur des terres basses et inondables ; la seconde parade, mise en place à partir de la fin du XIXème siècle - greffe de cépages français sur des pieds américains - fut plus durable, mais en raison de son coût, ne put être utilisée que par les exploitations d’une certaine envergure. Aussi le pourcentage du vignoble du canton de Blanquefort par rapport à celui de l’ensemble du vignoble médocain passa de 10 % en 1938 à 3,45 % en 1960 et 3,1 % en 1976. « Ici, depuis les années 1950, mais surtout à partir de 1960, la spéculation sur les terrains à bâtir l’a emporté sur l’économie viticole de ce secteur de banlieue urbaine ; et cette tendance s’est trouvée renforcée par l’installation récente de très grosses entreprises (notamment les deux usines Ford) dans la « zone industrielle » de Blanquefort ».

Texte extrait du livre Le Médoc, de Pijassou, Ed. Taillandier, Paris, 1980, p. 1006.

En 1811, la superficie occupée par les près est la plus importante (499 ha), viennent ensuite les marais (494 ha), la vigne (476 ha), les terres labourables (473 ha), les landes (369 ha), puis les pâtures (147 ha). Les jardins très nombreux ont une superficie de 46 ha. La superficie communale totale est de 3 260 ha (notons quelques différences avec le chiffre de 3 302 ha, chiffre officiel en 2007 ou de Guillon au XIXème siècle : 3 371 ha).

« Blanquefort est une grande commune de 3 371 hectares de superficie affectant la forme d'un rectangle s’étendant de l'est à l’ouest sur une plaine basse, sur une plaine haute et sur des coteaux ; elle est divisée en haut et bas-Blanquefort, est arrosée par la Jalle et traversée par la route de Bordeaux à Pauillac. Le sol tour à tour marneux, graveleux et sablonneux produit des prés, des oseraies, des pâturages, des potagers, des blés, des légumes, des vins, des bois taillis, des pins et des landes. Le haut plateau de Blanquefort est en partie planté de vignes rouges et blanches qui couvrent une superficie d’environ 600 hectares et qui fournissent 1 000 à 1 200 tonneaux de vins rouges et blancs, désignés sous le nom de vins de Graves ». [soit une production moyenne de 2 tonneaux à l’hectare…]. Edouard Guillon annonce 3 000 hectares de vin dans le canton, « Les châteaux historiques et viticoles de la Gironde avec la description des communes, la nature de leurs vins et la désignation des principaux crus ».

Extrait du livre d'Edouard Guillon « Les châteaux historiques et viticoles de la Gironde Bordeaux », 1867, chez Coderc, Degréteau et Poujol, Maison Lafargue, 28 rue du Pas Saint-Georges, Bordeaux.

« Aussi le pourcentage du vignoble du canton de Blanquefort par rapport à celui de l’ensemble du vignoble médocain passa de 10 % en 1938 à 3,45 % en 1960 et 3,1 % en 1976. « Ici, depuis les années 1950, mais surtout à partir de 1960, la spéculation sur les terrains à bâtir l’a emporté sur l’économie viticole de ce secteur de banlieue urbaine ; et cette tendance s’est trouvée renforcée par l’installation récente de très grosses entreprises (notamment les deux usines Ford) dans la « zone industrielle » de Blanquefort ».

Texte extrait du livre Le Médoc, de Pijassou, Ed. Taillandier, Paris, 1980, p. 1006.

« Heureusement une politique volontariste de maintien et de rénovation du vignoble local fut menée par chacune des cinq grandes propriétés viticoles qui subsistent à Blanquefort : Dillon (avec Breillan), Saint-Ahon, Magnol (Le Dehez), Grand-Clapeau et Dasvin-Bel Air. De nombreux hectares ont été replantés en jeunes vignes et la production locale qui était tombée à 320 tonneaux en 1980 (contre 1 400 en 1874 !) atteignait déjà 510 tonneaux en 1987 (y compris la quinzaine de tonneaux produits par douze exploitants indépendants) pour avoisiner les 700 tonneaux en 1993 (avec néanmoins une chute pour les exploiteurs indépendants : réduits à sept, ils ne produisaient plus que 8 tonneaux) ; en 1997, la production s’est encore accrue pour atteindre près de 810 tonneaux (dont 5,5 relevant des quatre derniers indépendants). Avec la plus grande exploitation viticole et le plus grand parc non bâti de la commune, le lycée agricole participe aujourd’hui au maintien d’un « poumon vert » dans la partie nord de la métropole bordelaise ».

Texte d'Alain Tridant, Château Dillon, Publication du GA.H.BLE, 1998, p.120.122.

Imaginons un instant Blanquefort et ses 600 hectares de vigne entourant le bourg et les villages, et réjouissons-nous qu’ait été préservé de nos jours une centaine d’hectares.

Henri Bret.

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