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Les processions religieuses.

Les témoins Blanquefortais mentionnent les processions, parfois en les assimilant aux Rogations puisque celles-ci consistaient en processions au travers de la campagne.

La procession est un défilé religieux plus ou moins solennel effectué en chantant et en priant (le mot est issu du latin procedere, « s'avancer »). Les processions se faisaient en général aux Rameaux et à la Fête-Dieu.

La question qui se pose, pour un lecteur du XXIème siècle, est celle du sens social de ces processions : pourquoi l'Église organisait-elle ces rassemblements de fidèles, à l'extérieur des lieux de culte, il y a encore à peine cinquante ans ? La réponse peut être puisée dans un ouvrage récent, Histoire des curés, rédigé sous la direction de Nicole Lemaitre (éditions Fayard, 2002, pages 370-371) : « La procession participe, comme le quadrillage paroissial, d'une affirmation symbolique et physique de ce que la doctrine catholique appelle le Règne social de Jésus-Christ (encyclique Quas primas, 1925). Défiler avec des bannières, une statue de Marie ou le Saint-Sacrement, c'est marquer que le Christ règne partout et en particulier dans l'espace public dont la laïcité militante prétendait le chasser quelques lustres plus tôt. » Occuper la rue, c'était donc revendiquer comme étant toujours sien un territoire laïc dont l'Église se sentait exclue depuis les mesures prises par l'État au début du XXème siècle : 1er juillet 1901, loi sur les associations ; 6 juin 1902, fermeture des Écoles religieuses non autorisées ; 7 juillet 1904, loi interdisant l'enseignement à toutes les congrégations ; 9 décembre 1905, loi de séparation de l'Église et de l'État.

Procession.1 photo fonds privé Picquot.

La disparition des processions semble avoir coïncidé, à quelques années près, avec la tenue du concile Vatican II (1962-1965) ; une nouvelle Église était déjà… en marche.

Quelques témoignages de leur pratique :

« La Fête-Dieu, au moment de la communion : alors, là, c’était beau. Deux jours, on allait à Dulamon en procession chez M. Louit ; il y avait même la musique, il y avait l’harmonie à Blanquefort, moi, je jouais du trombone à coulisses. On jouait en marchant. Le prêtre était sous le dais, il y avait 4 hommes qui portaient le dais. Ce qu’il est devenu, c’est comme la musique, qui sait où c’est ?  Il y avait des beaux instruments qui appartenaient à la société, les grosses contrebasses qui coûtaient très cher, je ne sais pas où c’est parti. Ça durait deux dimanches. On faisait une jonchée avant d’arriver aux reposoirs, il y avait des fleurs sur les murs. Il y avait M. le curé avec le dais, il portait l'ostensoir, puis l'harmonie qui venait jouer gratuitement pour l’église. Le chef d'harmonie, c'était Léopold Carme, mon patron ; j’ai travaillé 34 ans chez lui, il m’en a fait voir. C’est son fils qui vient de mourir. Léopold Carme, quand ça n’allait pas, il disait : « Nom de Dieu, remuez-vous un peu. » Il était tellement passionné par sa musique, il savait plus où il était. Il y avait le sous-chef qui était M. Hourquebie à Cachac… Maintenant, ils grattent leur machin, avec leur mandoline… »

- « La Fête-Dieu : la procession circulait dans le village. Il y avait beaucoup de monde, toute la paroisse se déplaçait ; même les hommes non-pratiquants se relayaient pour porter le dais volumineux et assez lourd. La musique municipale de M. Carme ouvrait le chemin, suivie par les bannières de Saint-Martin, des Bérets Blancs, du patronage…

Des reposoirs jalonnaient l’itinéraire, couverts de fleurs, roses, lys… La procession avait lieu deux dimanches consécutifs et s’arrêtait à deux reposoirs par dimanche : devant chez Mlle Suzanne Vuillaume et à Montigny, chez Mme Gautier, ainsi qu’à Saint-Michel et le plus éloigné, au château Dulamon. On parle aussi d’un autre reposoir situé devant chez le docteur Castéra et de la procession le jeudi et le dimanche… Un salut au Saint-Sacrement ponctuait chaque arrêt, et les chants se succédaient tout au long. Évidemment pas de voitures dans les rues et pas de télé… Dernier souvenir de ces processions vers 1958… »

« Les processions : je ne me souviens pas des dates de ces processions. La croix portée par un enfant de chœur était en tête, avec les acolytes, puis le prêtre portant l'ostensoir contenant une hostie consacrée. Il se tenait sous un dais porté par quatre ou huit hommes ; venaient ensuite les communiants et les communiantes, suivis par l'orphéon sous les ordres de M. Léopold Carme. Derrière, suivaient les paroissiens.

Les maisons des gens pratiquants étaient décorées par des oriflammes et le sol était couvert de jonchées. On trouve encore des crochets servant à accrocher les décorations sur une maison de la rue du maréchal Leclerc. Sur le parcours, on trouvait deux ou trois reposoirs devant lesquels on s'arrêtait avec chants et prières et bénédiction du Saint-Sacrement. J'ai vu des reposoirs dans la propriété actuelle du docteur Veber, du château Dulamon, à Saint-Michel et chez Mme Gauthier au château Montigny. »

processionJean Picquot en 1945. fonds privé Picquot.

- « Les processions : pour la Fête-Dieu, grande procession avec les étendards, le Saint-Sacrement, sous un dais, et des petites filles habillées de blanc avec des couronnes de fleurs dans les cheveux. La veille, on ramassait des pétales de fleurs dans les jardins. Une corbeille habillée de tissu brodé blanc, passée autour du cou, nous servait pour jeter des fleurs dans les rues pendant les prières. Il y avait des reposoirs, un à Montigny, un rue Gambetta (?), un à Saint-Michel. »

Ces témoignages sont extraits du livre : La vie religieuse à Blanquefort au XX° siècle, Henri Bret, Publications du G.A.H.BLE, 2006.

Pour d’autres souvenirs sur la vie religieuse, cliquez ICI.


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