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Le château Maurian.

« L’abbé Baurein parle longuement de ce petit château, situé au nord du bourg de Blanquefort, et s'appesantit surtout sur son nom de Maurian, qu'il attribue à des Maures fondateurs. « Cette maison noble, dit-il, paraît être d'une haute antiquité ; sa dénomination seule, qui dérive du mot Maure, suffirait pour le prouver. » On l'appelait la Tour de Maurian, et c'était un simple fief qui n'eut jamais droit de justice dans la paroisse ; mais son origine ne remonte pas au temps des invasions sarrazines, et l'on ne retrouve de ses seigneurs qu'à partir du XIVème siècle. En 1360, Bertrand de Noaillan était seigneur de Maurian.

En 1411, Bertrand-Andron se qualifiait « seigneur de la terre de Maurian, » et en 1425, le chevalier Jean Andron, probablement son fils, prenait le même titre. Après la conquête française, Jean Andron de Bourg est qualifié seigneur de Maurian dans un titre de 1482, et Jean Andron, écuyer, lui succéda vers 1501. Le château passa ensuite dans la famille de Lansac, qui était probablement la même que celle de Bourg, et Andron de Lansac en était seigneur en 1539. Cette seigneurie passa, pendant les guerres de religion, dans la famille de Fleix, et Jeanne de Fleix, dame de Maurian, épousa Nicolas de Bloys, écuyer, dont elle eut François de Bloys, qui était seigneur de Maurian en 1589. Jean de Bloys, qui en hérita, la possédait en 1606, puis elle passa dans la famille de Besse, où elle resta jusqu'à la Révolution.

En 1789, Jean-Jacques de Besse, seigneur de Maurian, comparut à l'assemblée de la noblesse bordelaise, ainsi que son frère, le chevalier de Maurian, puis ils disparurent dans la tourmente révolutionnaire. L'ex-seigneur de Maurian émigra, laissant à Bordeaux Élisabeth Andrieux, son épouse, qui divorça d’avec lui et abandonna le château ; il fut saisi par l'État et mis en vente comme propriété nationale. La tradition locale raconte que Maurian était un joli château avec des fossés, une cour et des tourelles ; cependant le rapport des experts chargés de l’estimer au moment de la vente n’en donne pas une semblable opinion. « La dite maison, porte ce rapport, consiste en un vestibule d’entrée, trois chambres, cabinet de toilette, cuisine, souillarde, chambre de paysans, écurie, cuvier, chai, grange, volières, bûcher et un colombier en dehors de la cour ; le tout de vieilles constructions susceptibles de réparations considérables. » La maison et la propriété furent mis en vente, et le tout fut acheté, le 19 prairial an IV de la République, par la citoyenne Élisabeth Andrieux, épouse divorcée du sieur Maurian, qui le paya 44.040 F.

Lorsque les émigrés rentrèrent, M. de Maurian revint mourir dans la propriété, qui passa ensuite à sa fille, devenue Mme Guille. Ce fut elle qui la vendit, en 1823, à M. Dégrange-Tauzin, dont elle est passée par transmission, à son fils, président à la Cour impériale, et propriétaire actuel. Maurian est aujourd’hui une petite maison basse qui ne mérite pas le nom de château ; elle est sur la limite des marais et des graves, et a donné son nom à un village de Blanquefort. Devant est une vaste cour plantée d'arbres et entourée de murailles, au Sud s'étend une garenne délicieuse rafraîchie par un ruisseau ; à l'Ouest est le vignoble, qui est sur des graves, et qui récolte 20 à 25 tonneaux de bons vins ». Texte d'Édouard Guillon.

D'après l'abbé Baurein, le nom de ce château provient de ce que les Maures, lors de leurs grandes conquêtes, s'y établirent (comme, du reste, en d'autres points du territoire de notre région) et l'abandonnèrent après la bataille de Poitiers (732). On l'appelait au Moyen-âge « la tour de Maurian ». À cette époque, le seigneur de ce château était un vassal du seigneur de Blanquefort. C'était un très joli bâtiment, avec une cour intérieure et des tourelles, le tout entouré par un fossé. Il fut entièrement rasé à une époque indéterminée et reconstruit il y a environ un siècle, sur les anciennes fondations. Nous ne possédons pas de renseignements sur Maurian depuis le départ des Arabes jusqu'en 1360 où le maître des lieux était Bertrand de Noailhan, seigneur de Maurian, de la Mothe de Ludon et de Cantenac. Il devait mourir dans les quelques années qui suivirent, car un acte de 1380 parle de sa femme Assalide de Ségur, dame de Cantenac, veuve de Bertrand de Noailhan.

Ses propriétaires successifs furent alors : en 1411, Bertrand Andron de Maurian ; 1425, Jean Andron, fils du précédent ; 1482, Jean Andron de Bourg ; 1501, Jean Andron, écuyer ; 1539, Andron de Lansac ; 1561, Jean de Loste, écuyer, seigneur de Cercins, du Temple, de Planquetorte et de Maurian. Puis, il devint la propriété de la famille de Fleix en la personne de Jeanne de Fleix, dame de Maurian, qui se maria avec Nicolas de Bloys. En 1589, leur fils François de Bloys hérita du château et, en 1606, ce fut le tour de Jean de Bloys. Puis la famille de Besse en devint maîtresse. En 1789, le château était habité par deux frères : Jean-Jacques de Maurian et le chevalier de Maurian, porte-drapeau du régiment patriotique de Blanquefort. Le 16 mai 1790, le chevalier se présenta à la maison curiale de Blanquefort où étaient assemblés les officiers municipaux. Il prit la parole et dit « qu'ignorant le jour où se devait prêter le serment patriotique par ledit régiment entre les mains des officiers municipaux, il venait en témoigner son regret et demandait à être reçu à prêter ledit serment, ce qui lui a été accordé. » Le 14 novembre 1790 ; il fut nommé premier scrutateur lors de l'élection partielle de la municipalité. Le 10 avril 1791, il fut élu lieutenant-colonel du régiment patriotique par 246 voix sur 264 suffrages émis.

Le 5 juillet 1792, devant la menace, Jean-Jacques de Maurian émigra avec la complicité de la municipalité qui lui délivra le passeport suivant : « La Nation, la Loy et le Roy. Département de la Gironde, District de Bordeaux, Municipalité de Blanquefort. Laisser passer Jean-Jacques Maurian, français, domicilié dans la municipalité de Blanquefort, district de Bordeaux, cultivateur, âgé de 45 ans, taille 5 pieds 4 pouces. Cheveux et sourcils châtain brun, yeux gris, nez gros, bouche grande, front évasé, visage rond, menton rond. Allant aux eaux de Cauterets en Bigorre. Et prêtez-lui aide et assistance en cas de besoin. » Il signa lui-même ce passeport sur le registre des délibérations, de Maurian, et non pas Maurian tout court. Il laissait à Bordeaux sa femme Élisabeth Andrieu qui divorça peu après. Son château fut saisi par l'Etat et déclaré propriété nationale. Mis en vente, il fut acheté par Elisabeth Andrieu moyennant 44 040 francs, le 19 prairial an IV, et le domaine pour 1 750 francs, le 5 ventôse an VI. J.J. de Maurian revint à Blanquefort sous l'Empire et acheta une partie du Domaine de Terrefort (1806) où il mourut. Il fut enterré au cimetière de Blanquefort où son caveau existe toujours. C'est sa fille, Mme Guille, qui hérita du château Maurian. Celui-ci fut vendu en 1823 à M. Desgrange-Tauzin, qui le laissa ensuite à son fils, président de cour sous le Second Empire. Ce dernier était, par sa mère, neveu de M. de Martignac. » Texte de Guy Dabadie.

« Nous y trouvons une plantation sur sol graveleux dont le vin rouge, assez moyen, laissait au palais un léger goût de terroir, qui s’estompait par la suite, dû au sous-sol de l’alios. » Texte de Raymond Valet.

Le château actuel est le dernier château construit à Blanquefort vers 1870 pour M. Gustave Tastet, par les frères Pellot, entrepreneurs de maçonnerie à Blanquefort. De cette propriété d’agrément de M. et Mme Gustave Tastet, la partie haute des vignes fut acheté pour le Collège agricole féminin et du côté de Saumos où un vin de graves était très moyen avec un parc à vaches donnant peu de rapport, la parcelle a été absorbée par la zone industrielle. Ces généreux donateurs de la commune sont honorés par une rue portant leur nom. Une rubrique leur est réservée dans la série des personnalités de la commune (chapitre : population).

Durant la Seconde Guerre mondiale, une partie du château est réquisitionnée au service de la poudrerie de Saint-Médard-en-Jalles, pour loger les réfugiés. Ce château n’était pas prêt pour accueillir une formation allemande en 1940 : il n’y avait pas d’eau, ni pour la cuisine, ni pour les lavabos ; les toilettes étaient à faire ; l’eau du puits était non potable. Les travaux sont donc engagés. La municipalité demande un devis le 20 mars 1940 pour la pose de 3 poteaux électriques ; ce logement était-il aussi sans électricité ? La solution proposée par la mairie est de faire une canalisation d’eau d’environ 250 m, de la route au bassin, et d’aménager des latrines portatives, en urgence. Dans le parc du château, en 1944, les troupes allemandes firent édifier un blockhaus qui avait une situation stratégique car il contrôlait les routes vers Parempuyre et les marais.

À la Libération, le groupe FFI « Albert » investit, de façon symbolique, les lieux occupés par les Allemands, sans doute aussi pour neutraliser les locaux et récupérer les armes. Ce groupe de FFI deviendra le 123ème RI, 1er Bataillon, 4ème Compagnie. Le château fut acquis par la commune en 1976 et abrite aujourd’hui le CESI (Centre d’Etudes Supérieures Industrielles).

Le blockhaus de Maurian est le seul à avoir été « recyclé » pour la vie citoyenne : il sert en effet de salle de répétition pour les groupes musicaux locaux, l’épaisseur des murs contient les décibels sonores ! Au nord, le socle d’un kiosque d’agrément est resté en souvenir d’un certain style de vie. Une résidence, Suzanne Lacorre, pour les jeunes, vient d’être aménagée dans une partie du parc de Maurian. Texte d'Henri Bret.

Pour lire la bibliographie du château, cliquez ICI.

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