Accueil
Le Canton
Blanquefort
Eysines
Parempuyre
Le Pian-Médoc
Ludon-Médoc
Macau
Saint-Médard-en-Jalles
Le Haillan
Le Taillan-Médoc
Saint-Aubin-de-Médoc
Bruges
-------------------------------
-------------------------------
Mode d'emploi
-------------------------------

Lettre d'information




Joomla : Porte du Médoc

Rechercher sur le site

La peste, 1590-1652.

(orthographe d'origine respectée)

Il paroit par la déclaration du Roy Henri quatrième de l’année 1599, par laquelle il est ordonné que tous les Marais de France seront dessechez, que le principal motif de sa Majesté a été la santé des Lieux voisins de ces Marais, et par exprès de la Guyenne par rapport à la Ville de Bordeaux et à son Marais, parce qu’alors depuis longtemps la Ville de Bordeaux étoit affligée de la Peste.

En effet, la Peste étoit à Bordeaux depuis l’an 1590, et y dura jusqu’en l’année 1610. Son commencement fut terrible et elle persévéra avec beaucoup de chaleur jusqu’en l’année 1600. Mais Conrad Gaussen ayant, en conséquence de la Déclaration du Roy et qu’un Traité qu’il fit avec Messieurs les Maire et Jurats de Bordeaux, commencé le desséchement du Marais en l’année 1600, la Ville commença aussi d’avoir quelque soulagement ; et comme Gaussen trouva de grandes contradictions à son entreprise de la part de plusieurs Particuliers, dont les uns prétendoient dans certains lieux du Marais un Droit de propriété, les autres de directité et d’autres encore de directité et de propriété tout ensemble, il continua son desséchement fort lentement ; de sorte qu’à mesure que Gaussen l’avançoit, la Peste diminua aussi à Bordeaux, et elle cessa en 1610, parce qu’alors Gaussen avoit donné quelque forme à son desséchement.

Mais Gaussen étant venu à décéder vers l’an 1625, le Marais n’étant pas encore bien desséché, parce que, sans en avoir pû achever le desséchement et terminé les Procès qu’il avoit avec ces particuliers, il avoit consumé tout son bien et tout son crédit, le Marais tomba en ruine, et revint presque à son premier état, ce qui fut cause que la Peste revint à Bordeaux en 1628, qu’elle emporta le tiers des Habitants pendant quatre ans qu’elle dura et qu’il y resta peu de maisons qui en fussent atteintes.

Néanmoins comme Monsieur Pierre de Beringhen, Premier Valet de Chambre du Roy, Créancier du dit Gaussen, eut fait décréter les portions qu’il avoit dans le Marais, la Dame Magdelaine de Bruneau, son épouse, vint en Province en l’an 1629 pour en prendre possession au nom de son mari ; elle convint avec les anciens Propriétaires du Marais pour en continuer le desséchement ; il en fut dressé des articles qui furent homologuez au Parlement de Bordeaux. Quelques travaux anciens furent réparez, il en fut fait de nouveaux et par là la Peste cessa en 1632.

Ce travail fut pourtant continué lentement par le Sieur Curahy que la Dame de Beringhen avoit laissé en Province pour en procurer l’avancement et la vente des portions qui avoient appartenu à Gaussen et à Salomon, Banquier de Paris, qui avoit une part des le Marais, laquelle aussi avoit été adjugée par décret audit Sieur Beringhen. Mais Curahy se rebutant de la dépense et de ce qu’il ne trouvoit aucun Acheteur, abandonna tout et se retira à Paris, si bien que le Marais retomba dans son premier état de ruine, et que la Ville de Bordeaux fut encore affligée de la Peste en 1648, laquelle persévéra jusques en 1652.

Enfin, Monsieur Henri de Beringhen, Premier Ecuyer du Roy, ayant vendu ses Marais à différents Habitans de Bordeaux par l’intrigue du Sieur David Lhermite son procureur constitué, les nouveaux Acquéreurs s’unirent avec les anciens Propriétaires. Il en fut fait entre eux de nouveaux Règlements qui furent aussi homologuez au Parlement ; et tous ensemble travaillèrent si vigoureusement qu’en l’année 1652, une grande partie du Marais fut mise en état de culture auquel il n’avoit jamais été. Pour lors la Peste cessa, et par la grâce de Dieu depuis ce temps-là on n’a point vû du tout de peste à Bordeaux, ni que très peu de maladies populaires, à cause que toujours le Marais a été assez bien entretenu ; tant il est vrai que du desséchement du Marais dépend la santé de la Ville de Bordeaux et de son territoire.

Texte extrait d’un document d’origine inconnue qui tend à s’opposer à la construction du moulin de Grangeot à Blanquefort qui sera cependant construit dans la période révolutionnaire. L’écriture est, pour la plus grande part, respectée. Cet article est signé : Puylausy, Sindic de la Communauté des Marais de Bordeaux et nous renseigne sur la peste à Bordeaux et ses environs, et le lien affiché avec la présence des marais....

joomla template