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Le Chantilly, hôtel restaurant du Vigean.

Le nom de l’établissement : Chantilly, en référence à l’hippodrome du Bouscat et le grand renom des courses à Chantilly ! Le Chantilly, un hôtel-restaurant du Vigean, sans doute le plus renommé du XXème siècle, a fermé en 1991. Son dernier propriétaire M. Simon Lacave l’a vendu dans les années 2000.

On peut encore voir ses 3 bâtiments mitoyens au 19 avenue du Médoc. Les rénovations du bâti et le parking pour les commerces installés nous font oublier la belle ordonnance des maisons cachées derrière de grands arbres, le tout fermé par un portail et des barrières de Gironde. À l’arrière, tout l’espace, jusqu’à la rue Gaston Saux, créait le charme de cet hôtel-restaurant avec son jardin, ses charmilles, sa piste de danse et les box pour les chevaux !

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Les bâtiments et leurs activités.

Félix, dit Gaston Saux, a acheté vers 1897 un terrain sur lequel était bâti un chai, peut-être contigu avec une maison. Il va transformer totalement cette petite construction entourée de vignes, par des constructions successives et de grands aménagements, et il va ainsi créer le Chantilly ! Sur cette parcelle plantée de vignes (d’après les matrices cadastrales des archives de la mairie), il n’y avait aucune construction en 1836 ; mais dès 1837, une partie bâtie est mentionnée, est-ce juste un chai ? Cette construction est répertoriée (toujours sur les matrices cadastrales) avec 2 ouvertures !

Cette petite propriété passera de propriétaires en propriétaires (11 entre 1824 et 1897, année de l’achat par Gaston Saux) sans changement important, une partie des vignes transformée en potager et jardins. Mais aucun écrit ne nous raconte en quel état était cette propriété lors de l’achat par Gaston Saux !

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Gaston Saux devant le Chantilly M. et Mme Saux et le personnel

Lors d’une vente en 1876, sur l’acte notarié, la propriété est mentionnée : « petit domaine situé au Vigean, commune d’Eysines, canton de Blanquefort, consistant en une maison d’habitation en mauvais état, chai, grenier au dessus, lieux d’aisances, caves voûtées, emplacement sur le devant de la maison, jardin potager sur le derrière, jardin anglais et vignes à la suite, le tout d’une contenance d’environ 63 ares. »

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Au bar du Chantilly, Mme Lacave                                                   Au bar du Chantilly, 1950.

C’est donc peu dire que Gaston Saux a fait preuve de beaucoup de détermination et d’enthousiasme pour faire de ce petit domaine un tel hôtel-restaurant, qui accueillait aussi les chevaux de ses clients ! Ses successeurs ont toujours continué à accueillir leurs clients vigeannais, eysinais, bordelais, habitués et amis, inconnus ou célèbres avec tant d’égards, et le Chantilly est devenu « Le Restaurant incontournable du Vigean » !

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Le-chantilly-M. Mme Lacave (Simon Lacave-enfant)-1935                   Le parc et les charmilles du Chantilly

Les travaux successifs des bâtiments à partir de 1897, par Gaston Saux, d’après les matrices cadastrales : le 20 septembre 1897, débutent des travaux de conversion d’un bâtiment rural en salle d’établissement pour restaurant. Le 30 septembre 1897, débutent des travaux de nouvelles constructions, écuries et remise. Le 30 juin 1904, débutent des travaux de reconstruction et agrandissement d’une maison (à cette date, Gaston Saux est nommé restaurateur).

chantilly-6 Le Chantilly

Les travaux successifs des bâtiments par les héritiers de Gaston Saux : le 3 juillet 1923, débutent des travaux de reconstruction et ajout de construction pour chai à vin et maison d’habitation, déclaration de Mme Veuve Saux. Dans les années 1970, Simon Lacave agrandit la partie hôtel pour un total de 14 chambres, en transformant le rez-de-chaussée de l’hôtel en nouvelles chambres.

Descriptif du Chantilly.

Dès 1910, M. et Mme Gaston Saux ne sont plus mentionnés sur les registres, habitants au Vigean, mais au Chantilly et soit restaurateurs soit aubergistes ! Le bâti existant en 1897 fut transformé et rehaussé d’un étage (en 1904 ?), uniquement sur la partie la plus au sud (côté Bordeaux) ; à l’étage, furent installées les chambres de l’hôtel et dans le bas la salle de bal et de spectacle. La partie centrale est toujours restée sans étage, et devint la salle de café et restaurant, salle de manille et de belote… La partie la plus au nord (coté Médoc) a été surélevée en 1923, pour leur appartement privé ; au rez-de-chaussée, la grande salle servait de salle de mariage. À l’arrière des bâtiments et perpendiculairement et en limite de propriété se trouvaient les box pour les chevaux, box en bois et pavé, et ceci dès 1897 ! Entre la rue et les box, le parc a été aménagé : 11 charmilles (sortes de gloriettes avec éclairage) qui portaient chacune un nom (Paquita, Manon, Carmen, Violetta, etc.) et où les repas étaient servis (les amoureux mangeaient à l’abri des regards, ajoute M. Simon Lacave en souriant !) Une piste de danse. Un grand pré, planté d’arbres et en dessous, des tables et chaises.

La vie du (et au) Chantilly.

Tout au fond du terrain, après les charmilles, se trouvait un potager, un puits et le bac à cochon, car on tuait le cochon une fois par an au Chantilly ! Près du puits, on lavait le linge de l’hôtel. Tous les dimanches après-midis d’hiver, il y avait le bal ; en même temps, c’était aussi le lieu de rendez-vous des Vigeanais qui jouaient à la manille dans une fumée incroyable ! Pour les fêtes de Pâques, un radio-crochet était organisé au Chantilly tandis que la fête battait son plein sur les places et dans les rues du Vigean ! Le cinéma se faisait dans la grande salle sous les chambres de l’hôtel. Cette même salle servait pour les vins d’honneur de toutes les manifestations vigeanaises qui étaient nombreuses à l’époque. Elle était aussi bureau de vote, salle de réunion pour le Comité des fêtes, pour l’Amicale Vigeanaise, pour les Anciens Combattants qui partaient ensuite en parade jusqu’au monument des époux Baudon, etc.

L’amicale Vigeanaise donnait des spectacles, des concerts au Chantilly.

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Les serveurs au Chantilly.

Les propriétaires et les employés.

Gaston Saux était né place Charleroi où ses parents tenaient l’Hôtel du Sport. Il était boulanger ; il s’est brouillé avec ses parents et a acheté un chai avenue du Médoc qu’il a transformé en hôtel-restaurant. Gaston Saux fut conseiller municipal et c’est grâce à sa ténacité que le tram arriva à Eysines. Pendant la guerre de 1914-1918, il est désigné par le conseil municipal comme trésorier du Comité de Secours. Gaston Saux et Louise Jeanne, son épouse n’avaient pas d’enfants, et on travaillait en famille à cette époque. Mme Saux a un neveu, Valmy Fourcet, marié à Jeanne Madeleine et père de Félicie, née en 1905. Ils sont jeunes, plein d’entrain et viennent travailler au Chantilly. Félicie se mariera avec M. Jean Marcel Lacave et ce sont donc M. et Mme Jean Marcel Lacave qui prendront la succession au Chantilly. Ils employaient un chef cuisinier (secondé efficacement par Mme Lacave) et 3 serveurs (vigeannais !) : Jean Romelosse, le grand-père, et le père de Pierre Perey ! il y en avait 2 à temps plein en 1932. Simon Lacave est né au Chantilly en 1926. Il seconda très vite sa maman, veuve en février 1946, en rentrant de son service militaire qu’il fit en Allemagne dès novembre 1946. M. S. Lacave se marie en 1950. M. et Mme Simon Lacave furent propriétaires au milieu des années 1960. Simon Lacave s’occupait du ravitaillement aux marchés des Capucins et des Grands Hommes, à Bordeaux. Le restaurant était ouvert 7 jours sur 7, midi et soir.

Dans les années 1970, Simon Lacave fait agrandir la partie hôtel pour un total de 14 chambres, en transformant la salle du rez-de-chaussée ; à partir de ces années là, M. et Mme Lacave se consacrent surtout à l’hôtel et au café, et abandonnent petit à petit la partie restaurant. À partir des années 1980, 15 jours de fermeture en été ont été institués.

Les clients et les habitués.

1- Fin de la guerre de 1914-1918 : M. Perey se souvient des récits d’André Andron, dit « Caraque » (qui avait été gazé pendant la guerre) ; il racontait alors que des soldats américains cantonnés au Vigean aimaient faire la fête au Chantilly.

2- Dans les années 1920 (avant la naissance de M. Lacave), le préfet venait manger au Chantilly.

3- Dans les années 1927-1930 : Georges Mandel vient au Chantilly plusieurs fois ; Simon Lacave se souvient que Georges Mandel était très gentil et le faisait sauter sur ses genoux.

4- La guerre de 1940 : le Chantilly a été réquisitionné par les Allemands pendant la 2ème guerre mondiale (sauf les appartements privés).

5- Dans les années 1944-1952 : Viviane Romance et Clément Duhourt firent un séjour d’une semaine au moins ; ils étaient charmants et très sympathiques se souvient Simon Lacave !

6- Dans les années 1960, des personnalités politiques : le général De Gaulle, Jacques Chaban-Delmas, Aymar Achille Fould.

7- Jusque au milieu des années 1970 : le champ de courses (actuellement hippodrome du Bouscat) était très actif et de nombreuses courses étaient organisées. Des entraîneurs, propriétaires d’écuries et des jockeys venaient alors loger au Chantilly pour participer aux compétitions et les box accueillaient tous leurs chevaux. Le matin, les jockeys partaient du Vigean pour rejoindre le champ de courses (par la rue du Champ de Course qui allait jusqu’à l’hippodrome, la rocade n’existait pas !)

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Les écuries du Chantilly

Sources : Archives municipales - Souvenirs de M. Simon Lacave et Sylvie, Christine et Thierry, ses filles et gendre – M. Mme Pierre Perey – M. Laroche.

Extrait du blog de l’association Connaissance d’Eysines, Élisabeth Roux, 7 janvier 2015.

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