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Grangeot : un moulin disparu (1721-1760).

 

Sur les 19 moulins construits sur la totalité de la Jalle de Blanquefort, certains ont disparu et il ne reste que des pierres, mais ils ont eu une histoire, parfois brève à l’exemple du moulin de Grangeot, projeté dès 1669, mais réalisé bien plus tardivement. Il a été à l’origine d’une longue série de procès : en effet, les conflits autour de l’eau ont marqué toutes les communes traversées par des cours d’eau à l’importance économique non négligeable.

À noter que sur la carte de Masse (1652-1737), on trouve l’orthographe suivante : « port du Grand Jau ».

Quelques procès-verbaux au sujet du moulin du Grangeot :

21.1.1665

3E29189

Réparation de la maison de l’écluse du marais de Blanquefort.

19.8.1714

3E28229

Jean Ponson est chargé de réparations à Landemoulin, François Boucher meunier de Plassan a détruit son batardeau.

22.4.1741

(ou 1751 ?)

3E28308

Le moulin du Grangeot a été construit. Les marais sont inondés. Duras fait constater que le Grangeot n’est pas la cause de cette inondation.

22 & 29.4.1751

3E28318

Inondations causées par le nouveau moulin du Grangeot.

18.2.1758

3E28243

Verbal du duc de Duras au sujet de la digue du Vermeney.

15.1.1760

3E28245

Verbal du duc de Duras au sujet de la digue du Vermeney.

23.3.1762

3E28247

Verbal du duc de Duras au sujet de la digue du Vermeney.

1.6.1770

3E28255

Rupture de la côte de la jalle. Majollan n’a plus d’eau ;

Texte de Michel Baron.

Le moulin du Grangeot, détruit en 1760, a continué à poser des problèmes quelques années après. En témoigne ce qui suit :

Texte extrait du registre des délibérations du Conseil municipal n°5.

M. le préfet, J’ai l’honneur de vous prévenir, monsieur le préfet, que la barrière que les habitants de la commune de Bruges ont posée aux limites de leurs possessions avec Blanquefort, n’a point été encore enlevée malgré l’ordre que vous avez donné, elle est cependant ouverte. Ces mêmes habitants viennent encore de se permettre de barrer notre navigation de la Jalle ayant fait poser sous le pont du Grangeot une pièce en bois de chêne doublée de quatre barres de fer. Cette pièce est posée à environ une toise d’élévation du lit de la Jalle ce qui empêche de passer sous le pont le moindre petit bateau, ces messieurs n’ont point le droit d’intercepter cette navigation ; et le droit qu’ils ont à exercer n’est autre chose que d’empêcher qu’il ne se construise des moulins sur cette jalle, ayant acheté au ci-devant maréchal de Duras le droit de démolir celui qui existait au même lieu où est le pont aujourd’hui, parce qu’il nuisait beaucoup à leur marais, ils achetèrent, dit-on, cette démolition une somme de 30 ou 40 milles francs, une fois payée et une somme de 3 000 francs de rente annuelle ; j’ignore la certitude de ces faits mais la transaction passée entre eux et Monsieur de Duras doit en faire mention et doivent tous la faire connaitre.

Je vous prie monsieur le préfet de vouloir ordonner que cette pièce de bois posée sous le pont soit provisoirement enlevée et leur demande en vertu de quel droit ils se permettent de [   ] de toute manière la commune de Blanquefort et les circonvoisins.

J’ay l’honneur de vous saluer bien respectueusement.

Texte extrait du registre des délibérations de l’administration du canton de Blanquefort, transcrit par Martine Le Barazer. Page 3 bis – 26 messidor an 13 (15/07/1805).

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