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Le moulin de Grangeot (1689-1760).

La jalle dessine des méandres, en particulier au lieu-dit Grangeot où le méandre forme un demi-cercle. En 1689, le seigneur de Blanquefort pense qu'il serait utile de creuser un canal suivant le diamètre de ce demi-cercle et d'y construire un moulin à quatre meules. Plusieurs moulins à blé et le moulin à poudre, qui appartient au roi, sont déjà construits sur la jalle. Sur chacune de ses branches, le duc de Durfort possède un moulin à deux meules :

- le moulin de Canteret sur la branche nord, près des terres hautes de Blanquefort.

- le moulin de Plassan sur la branche sud.

Les eaux qui sortent de ces deux moulins en prennent le nom jusqu'à leur jonction dans un bassin qui est environ à trois cents toises du moulin de Plassan (la toise est une ancienne mesure de longueur qui vaut six pieds, soit environ 1,949 m).

De là, elles se séparent encore en deux branches

- au midi, la jalle du sable.

- au nord, elle garde le nom de jalle de Canteret.

Ces deux bras se rejoignent enfin deux cents toises plus loin, pour former la grande jalle, navigable depuis le port de l'Isle. C'est donc sur une déviation de cette dernière que le seigneur de Blanquefort veut placer le moulin.

Deux obstacles retardent son entreprise :

- la jalle sert de déversoir au trop plein du marais de Bordeaux-Bruges.

- les limites des propriétés, les limites des paroisses dans ce « no mans land » entre la digue et la jalle, n'ont pas été clairement définies.

Le 29 juillet 1721, le duc s'adresse aux jurats de Bordeaux les sollicitant d'en terminer avec toutes les contestations au sujet des limites de sa terre de Blanquefort et celle d'Eysines et de la palus de Bordeaux. On lit sur le registre de la Jurade que « MM. les Jurats délibèrent en conséquence, que M. de Fonfrede, Jurat, M. le Procureur sindic et autres officiers a ce necessaire se transporteront sur les lieux pour y faire le piquetement suivant les titres de la Ville, qu'ensuite on y tiendra des assises dont on fera un procès-verbal, de meme que du plantement des bornes pour servir a l'avenir de preuve authentique de separation des dites jurisdictions » (AD 6J 74). Le duc use de toute son autorité pour que cette affaire soit réglée avec diligence. Le 6 août, il se rend avec Monsieur de Fonfrede et le Procureur syndic sur les bords de la jalle afin de fixer les limites des paroisses d'Eysines, de Bruges, de Saint-Rémy de Bordeaux et de Blanquefort. Antoine de Fonfrede et les personnes qui l'accompagnent partent de Bordeaux le 3 août, couchent à Blanquefort et, les 4, 5 et 6 août posent les limites des paroisses en compagnie du duc de Duras, en se référant à « l'Édit de sa majesté vulgairement appelé la philippine du mois de décembre mil deux cent nonante cinq » et en se déplaçant soit à pied soit en barque (AD 6J 74).

Ce procès-verbal mériterait une étude plus approfondie mais il nous éloignerait de notre sujet principal qu'est le marais. Le duc peut approuver et être satisfait : Monsieur l'avocat Fonfrede conclut ainsi son rapport : « la construction du canal serait très utile pour le dessèchement du marais et donnant cours aux eaux plus droit et plus facile… il ne pourrait jamais causer de defoulement ny d'inondation… » (AD 6J 74).

Malgré l'opposition des propriétaires riverains et de ceux du marais de Bordeaux, le duc reçoit les lettres patentes du roi autorisant la construction du moulin. Avec célérité, le canal est creusé ; une écluse est placée sur la jalle à l'extrémité supérieure du demi-cercle pour forcer l'eau à prendre la direction du canal, et au besoin à y maintenir un débit constant. Le moulin bâti à l'extrémité du canal joue le rôle d'un barrage de retenue d'eau, ce qui oblige les autres riverains à rehausser les digues. En période de faibles eaux, c'est le canal qui les récupère presque en totalité et la navigation n'est plus possible sur la jalle.

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Par contre, le seigneur de Blanquefort a installé une vanne juste avant le canal, pour, éventuellement, introduire l'eau de la jalle dans le marais. Malgré les plaintes des propriétaires, les procès dont on ne voit pas la fin, le moulin tourne.

Nous relevons, par exemple, un contrat de bail du moulin du Grangeot, contrat passé devant Collignon, notaire, le 23 octobre 1742 : « Les sieurs arnaud et andre Tanays, Pere et fils et Pierre Dumaux les Tous fermiers associés de Monseigneur le Maréchal de Duras, de son marquisat de Blanquefort et Terres en dependants, font bail et delaissent à titre de sousferme a antoine Royé, jacques Vallette, jean Vignal, jean Champé et Jean Renaud, les tous marchands boulangers aussi associés, du Moulin appellé le grangeot avec toutes ses appartenances et dependances composé de quatre meules chambre grenier jardin et le pré qui est en forme d'Eguiller au devant ledit moulin pour cinq années a commencer le 25 du mois de decembre a raison de 2 700 livres par an »

(AD Marais de Bordeaux V 42-43).

Le contrat précise quelques obligations des bailleurs : « Les bailleurs s'obligent de faire récurer la jalle neuve a vieux bords et la vieille jalle depuis le moulin jusqu'aux portes des écluses… S'obligent en outre de mettre un Rouet a la meule nommée la paresseuse, de faire raccommoder et entretenir le bac, les bâtiments et le moulin formant trois corps de bâtisse…

S'obligent encore de continuer a faire enlever la Tombée de terre qui se trouverait sur la jalle neuve… » (AD 6J 74).

Près de ce moulin, on a créé un passage sur la jalle et le bâtiment annexe a été aménagé en auberge, si bien qu'on évalue le revenu de l'ensemble : « On estime que le bâtiment autre que le corps du moulin où l'on tient auberge, le passage de la jalle, le jardin et le pré compris dans le Bail contenant 33 journaux et demy, une rege quelques carreaux valent un revenu annuel de 750 livres ».

Les propriétaires des marais de Bordeaux et de Bruges ne désarment pas et, pendant les années qui suivent, les vexations et les actions fleurissent de part et d'autre. Les Jurats de Bordeaux soutiennent les propriétaires mais le pouvoir royal est favorable au seigneur. Le 3 septembre 1746, Monsieur Coudol, syndic du marais de Bordeaux et de Bruges, hausse le ton : « On abuse du nom respectable de ce seigneur... car il est ignoré de personne que le refoulement des eaux de la jale n'a d'autre cause que la construction du Moulin du Grangeot, qui non seulement arrete par son Ecluse les eaux de la Riviere de la Jale, en les élevant de plus de trois pieds au dessus du sol du Marais du Vermeney, la Bassiole, Saulaise et les Vernieres ou Aubaredes et notamment ladite partie du Vermeney de la contenance de sept a huit cens journaux… » (AD Marais de Bordeaux portefeuille 35) et il ajoute que la construction du moulin est la cause d'une élévation de plus de huit pieds du niveau des eaux de la jalle. Ce bassin de Vermeney qui a été sacrifié au cours du dessèchement du marais de Bordeaux pour recevoir les excédents d'eau, a été à son tour desséché au cours du réaménagement du marais en 1650. Il est utilisable une grande partie de l'année. Les fermiers des barrails de Vermeney et de Saulaisse se plaignent au propriétaire Henry de Beringhen que les habitants de Blanquefort, d'Eysines et de Bruges ont construit un pont et conduisent leurs troupeaux dans les terres louées. Le 30 juin 1671, le Grand Conseil du Roi condamne « aux depens et dommages par eux faits et causés au dit marais les habitants de Blanquefort, Parempuyre, Eyzines et Bruges et que le pont qui a été bati pour faciliter l'entrée de leurs bestiaux dans ledit marais sera démoli ». Ce sont ces mêmes fermiers et les propriétaires du marais de Bordeaux qui, dès 1689, s'opposent au projet de construction du moulin. Ce sont ces mêmes fermiers et les propriétaires du marais de Bordeaux qui ont installé des pompes et fait des brêches dans les digues pour avoir l'eau suivant leur besoin. Depuis que le moulin et l'écluse sont construits, ils prétendent qu'ils ont trop d'eau en périodes pluvieuses et qu'ils en manquent en périodes de sécheresse.

En 1733, un arrêt du Conseil du Roi les enjoigne de supprimer les pompes et de boucher les brêches. Ils ne désarment pas. En 1734, ils essaient d'élever une nouvelle digue : nouvelle interdiction. C'est pourquoi, en 1746, ils entreprennent des travaux de grande envergure ; six cents ouvriers sont embauchés pour édifier une nouvelle digue et pour creuser un canal depuis la jalle du Sable « canal de 1600 toises qui conduit les eaux de la jalle de Blanquefort au port de L'Isle. Lors des crues dans la jalle du Sable, il reçoit celles que les atterrissements qui se sont formés sur cette jalle font refouler » (AD Marais de Bordeaux portefeuille 38). Le syndic des marais de Bordeaux se justifie : « Le maréchal Duc de Duras n'avait qu'à se prêter au curement du lit des jalles du Sable et de Plassan... » (AD 6J 74). A la requête du Très Haut et très puissant Seigneur Monseigneur Jean de Durfort de Duras, Duc de Duras, Marquis de Blanquefort, Maréchal de France », le Conseil du Roi, le 31 août 1746, interdit aux propriétaires du marais de Bordeaux de continuer les travaux. Cependant, les affrontements continuent jusqu'à ce que le Roi décide qu'une commission de trois experts soit constituée pour arbitrer le différend. Cette commission commence par la visite du moulin le 11 octobre 1749 puis, par celle du marais et enfin par l'audition de témoins. Le rapport des experts est signé du vendredi 31 octobre.

Ces experts sont : « Pierre Meunier, Ingénieur, Inspecteur des Turcies et Levées de la Loire, expert de Monsieur le Duc de Duras, Claude Vimar, Ingénieur des Ponts et Chaussées de la Généralité de Bordeaux, expert de Messieurs les Maire et Jurats et Messieurs les propriétaires du Marais de Bordeaux, Dié Gendrier, Ingénieur des Ponts et Chaussées de La Rochelle, tiers expert nommé par le Roi ». Ces experts ont pour mission de se pencher sur les marais desséchés de Bordeaux et de Blanquefort, sur le dessèchement du marais de Vermeney et sur la navigation sur la jalle. Le 11 octobre, après avoir passé la nuit à Bruges, ils se rendent au moulin et à l'écluse. Nous retiendrons les conclusions de Monsieur Gendrier : « L'établissement du moulin ne pouvoit etre concilié avec le dessèchemerrt des fonds riverains de la jalle, contenus entre la digue du Nord du marais de Bordeaux et celle de Blanquefort. Monsieur le Maréchal de Duras n'a pas été mieux servi dans la construction du moulin et des ouvrages qui en dependent, lesquels sont a present tres degradés et l'obligeront peut etre avant dix a douze ans a une demolition et reconstruction totale" (AD 6J 74).

Les jours suivants, ils sont auprès de la digue élevée par les propriétaires de Bordeaux pour protéger le bassin de Vermeney. Ils étudient le niveau des terrains, prennent des mesures en trois endroits et concluent que le terrain de Bordeaux est plus bas que celui de Blanquefort près du moulin et de l'Isle ; ils sont d'accord pour noter : « Si ce terrain de Vermeney etoit destiné au début a recevoir le trop plein d'eau, il est normal que l'on use de tous les moyens pour le dessecher et le mettre en pacages, preds ou saulays ». Malgré leurs divergences sur certains points, ils précisent : « Nous conservons néanmoins unaniment que les eaux retenues à l'écluse pour l'exploitation du moulin, occasionnent l'inondation et l'infertilité des parties basses des terrains contenus entre la digue Nord et celle de Blanquefort ». Le 18 octobre, ils se rendent à l'écluse pour juger si la construction de cette dernière a nui à la navigation ; il semble qu'il y ait un consensus sur les conclusions : « Nous avons remarqué que la marée à son plein le dix huit octobre à onze heures et demie du matin n'a pas été suffisante pour ouvrir les portes de ladite écluse, l'eau de la jalle surmontant alors de six pouces celle de la marée, ainsi tout autant que la marée ne sera pas assez forte pour faire ouvrir lesdites portes, la navigation y sera nécessairement interrompue... Lors des marées faibles entre les équinoxes, les portes des écluses doivent rester fermées et la navigation interdite sur cette petite riviere où elle n'est jamais parfaitement libre par la necessité où se trouvent les Bateliers de descendre l'écluse avant que le reflus ait refermé les portes ». Et ils soulignent : « Il resulte de là une contravention à l'Ordonnance de 1669 art 42 du titre de la Police et Conservation des Forêts, Eaux et Rivieres, portant que nul, soit propriétaire ou engagiste, ne pourra faire moulins, batardeaux, écluse, gords pertuis, murs, plants d'arbres, amas de pierre, de terre et de fascine, ni aucun edifice ou empêchemens nuisibles au cours de l'eau, dans les Fleuves et Rivieres navigables et flotables... Voilà sans difficulté le plus grand obstacle a la liberté de navigation : néanmoins nous avons reconnu que les encombremens et atterrissemens de cette Riviere depuis le point de sa rencontre avec l'Ecluse du moulin jusqu'à la Garonne, la genent considerablement ». Ils reconnaissent que l'écluse est une entrave à la navigation mais qu'il y a aussi un manque d'entretien de l'estey. Ils déplorent également l'insalubrité due à l'eau croupissante près de l'écluse et dans la jalle. Enfin, ils remarquent les pompes construites par les propriétaires du marais de Bordeaux, en dessous de la digue, dans le but « d’introduire plus facilement les eaux necessaires à la culture, au nettoyage des fossés, à abreuver les hommes et les bestiaux et pousser le bac ». Ainsi, ces pompes ou vannes réparties dans le marais permettent l'entrée ou la sortie de l'eau suivant les besoins du moment. On peut penser que le bac dont il est question est du même genre que celui utilisé dans les marais du Bas-Médoc. Si les fossés sont nettoyés et curés par les hommes, les jalles et les chenaux principaux le sont au moyen d'un bac récureur. Ce bac a la poupe formée d'un écran vertical composé d'un panneau central rectangulaire sur les côtés desquels s'articulent deux ailes trapézoïdales. On déploie les ailes dont les bords tranchants s'appuient sur les berges. L’ensemble forme un écran étanche ; une barre-râteau est fixée à la base du panneau central. Le principe consiste à créer à la hauteur du bac, deux niveaux de hauteurs différentes :

- un bief aval où l'eau s'écoule.

- un bief amont où l'eau ne peut s'échapper.

Il arrive un moment où l'eau de l'amont exerce une force suffisante pour pousser le bac dont les ailes nettoient les berges du chenal et dont le râteau drague le fond. Dans les chenaux importants ou dans la jalle, le bac, conduit par « le bacaïre » est amené le plus possible en amont. On déploie ses ailes et, au flot descendant, on ouvre les vannes de retenues de l'écluse alors que toutes celles des fossés secondaires restent fermées. Par la pression de l'eau de l'amont, le bac avance ; cette pression est de plus en plus forte au fur et à mesure que l'on ouvre les vannes de chenaux secondaires après le passage du bac. Au vingtième siècle, la pelle mécanique remplacera peu à peu ces bacs dont on peut voir encore un exemplaire en amont du chenal d'Ordonnac. Cependant, dans les Mattes du bas-médoc, les chenaux sont toujours dragués par un bac dévaseur avec un moteur qui lui permet de revenir en amont sans attendre la remontée de l'eau mais la méthode est la même : les dévasages s'effectuent suivant un coefficient de marée de 80 minimum.

Mais nous sommes le 24 octobre 1749 et les experts n'ont pas terminé leurs visites. Ce jour-là, accompagnés de deux greffiers et des représentants des différentes parties, ils se dirigent vers le moulin. Après avoir levé les sceaux apposés à la porte d'entrée, ils demandent à Antoine Reynier, meunier du moulin, de moudre « dans l'instant une certaine quantité de bled froment ... Une seule meule a dans l'espace de trois heures moins dix minutes moulu deux boisseaux un tiers dudit bled et comme les eaux n'étaient pas a la hauteur convenable pour faire moudre ledit moulin, il en est resulté que le bled a produit de la farine tres mal moulue, par consequent defectueuse... » (AD 6J 74). Les greffiers mettent du blé dans une poche, une « sache » comme ils l'appellent, et de la farine dans une autre. Ils retournent à l'écluse ; le meunier montre à quelle hauteur doivent être les eaux de la jalle au devant des portes de l'écluse pour que le moulin fonctionne normalement. Dans leur rapport, les greffiers consignent : « Antoine Reynier a dit que le bled fourni par le sieur Coudol, pour l'experience dont mention est ci-dessus, etoit d'une mediocre qualité ; Que la farine qui en etoit venue etoit mal moulue et que la cause en devoit etre attribuée a l'insuffisance de l'eau parvenue dans le canal du moulin, parce que pour pouvoir moudre en meme temps a quatre meules, il falloit que l'eau passat par dessus les venteaux des portes de l'ecluse : qu'a proportion que l'eau baissoit on arretoit une meule pour ne moudre que trois ; qu'ensuite on arretoit la troisieme pour ne moudre qu'a deux et ensuite la seconde pour ne moudre qu'a une et que si la farine tout presentement ensachée paroissoit mal moulue, c'est qu'il ne s'etoit pas trouvé assez d'eau dans le canal pour bien moudre, meme a une seule meule que finalement la raison de cette mauvaise mouture pouvoit etre attribuée au mauvais etat dans lequel se trouvoit le moulin. Signé Petit et Malineau, Greffier ». Les jours suivants, les experts enregistrent les dépositions des témoins. Les premiers interrogés sont de Blanquefort : « Pierre Eyquem, 74 ans, pêcheur de profession. Pierre Laroque, 50 ans, marchand de farine. Joseph Vacher, 50 ans, vigneron. Guillaume Mauger, 72 ans, vigneron. Pierre Ardouin, 50 ans, pêcheur. Pierre Ramars, 60 ans, vigneron. Arnaud Vacher, 80 ans, vigneron. Jean Tarengne, 74 ans, laboureur. » Il fallait qu'ils soient assez âgés pour avoir connu la jalle avant la construction du moulin. Tous défendent le seigneur de Blanquefort affirmant que la jalle est maintenant plus large et mieux entretenue. Les témoins du syndic du marais de Bordeaux, habitants des paroisses de Bruges, d'Eysines ou de Saint-Seurin de Bordeaux déclarent le contraire, que le niveau de la jalle est très irrégulier et que le bassin de Vermeney est souvent sous les eaux. Le 31 octobre, les experts remettent leurs rapports en faisant remarquer toutefois qu'au cours de leur visite, le 23 octobre, ils ont vu « des chaumes, des tiges de bled d'Espagne (le maïs) et des fèves » (AD Marais de Bordeaux portefeuille 38). Ceci prouve que les terres de Vermeney sont cultivées et donc, pas si stériles que les propriétaires le prétendent. Dix ans plus tard, le seigneur de Durfort et le syndic arrivent à un accord. Le 21 juillet 1760, a lieu une transaction : le maréchal de Duras consent à démolir le moulin. Le canal servira d'écoulement des eaux et un pont de treize pieds sera construit sur les fondations. La communauté du marais de Bordeaux devient propriétaire de l'écluse et doit payer au seigneur la somme de quarante mille livres en dédommagement.

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Échelle de 100 lattes. On remarque sur la Jalle Neuve l’emplacement du moulin qu’avait construit le Duc de Duras.

Extrait du plan du Bien National provenant de Durfort, émigré, 3 prairial an 3ème de la République. Archives Nationales F3 II Gironde IV.

Éléments extraits de l’étude d’André Guillocheau, Le Marais de Blanquefort et les terres environnantes, Publications du G.A.H.BLE, 1993, p.36-46.

[L’orthographe et l’accentuation des textes anciens sont respectées, lors des citations].

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