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Les premières vaccinations contre la variole.

En 1803 le docteur en médecine de Blanquefort, Pierre Caussade (1747-1818), vaccine plus de sept cent enfants dans tout le canton de Blanquefort. C’est ce qu’écrit le maire, Joseph Pepe, au préfet de la Gironde le 14 fructidor an 11 (01/09/1803):

« Les heureux succès de la vaccine sont connus dans l’arrondissement de Blanquefort, plus de sept cent enfants ont été vaccinés par les soins du citoyen Caussade, docteur en médecine, que nous avons le bonheur de posséder dans notre commune.

Les communes de Blanquefort, Le Pian, Parempuire et Ludon sont celles qui, en ont eu la plus grande confiance et qui en ont plus particulièrement fait usage. Je suis moi-même bien convaincu de l’efficacité de la vaccine, mon enfant ayant été vacciné et la vaccine bien prise, quelques jours après, ceux de mon métayer furent attaqués par la petite vérole qui était très maligne, mon enfant ne cessa de rester auprès d’eux et il ne s’est jamais rien manifesté.

Je profiterai de cette occasion pour vous présenter un mémoire que le citoyen Caussade désire envoyer à Paris, il vous prie par mon organe de vouloir le lire, l’apostiller et le signer. Le gouvernement n’hésitera pas un moment à lui rendre la justice qu’il mérite, soit par son zèle, ses talents et son désintéressement à soulager la classe indigente qui peut avoir besoin de son ministère. Le citoyen Grassy, duquel il a l’avantage d’être connu, pourra vous donner, citoyen préfet, des renseignements sur sa personne. J’ay l’honneur de vous saluer respectueusement. »

Le Docteur Caussade a adhéré aux campagnes de vaccination des enfants de chaque canton, préconisées par la circulaire de Napoléon Bonaparte du 6 prairial an XI (26 mai 1803) appliquée par les préfets.

Quelques années plus tôt un médecin de campagne anglais, Edward Jenner, observe que les fermières ayant contracté la vaccine, maladie contagieuse de la vache appelée aussi variole des vaches, ne sont pas atteintes par les épidémies de variole. Il suppose que la vaccine est une forme atténuée de la variole humaine et que son inoculation immunise contre cette maladie. Il le vérifie en 1796, il inocule à un jeune garçon, James Philipps, du pus extrait d’une pustule de vaccine d’une fermière infectée, aucun effet secondaire et le garçon ne contracte pas la variole lorsqu’il se trouve plus tard au contact de la maladie. En 1798 il publie un premier ouvrage sur l’inoculation de la vaccine (mot dont dérive vaccination). En dépit de nombreuses oppositions qu’elle rencontre, cette méthode d’immunisation se répand en Europe puis dans le monde entier.

De nos jours la variole humaine a disparu, la vaccination n'est plus obligatoire en France depuis 1979 et les rappels ne sont plus obligatoires depuis 1984.

Deux mois plus tard le 18 brumaire an 12 (10/11/1803) le maire, Joseph Pepe, relance le préfet au sujet du mémoire du Docteur Caussade pour lequel il n’a pas eu de réponse :

« Le 14 fructidor dernier j’ay eu l’honneur de vous écrire relativement aux heureux succès de la vaccine dans ce canton. Je vous remis le même jour un mémoire du citoyen Caussade docteur en médecine, domicilié de cette commune, signé de tous les membres du conseil. Ce mémoire vous était fourni et vous fûtes prié de vouloir l’apostiller et le signer afin que le citoyen Caussade peut l’envoyer à Paris revêtu de votre dire, pour obtenir du gouvernement une ou deux places au lycée de Bordeaux pour ses enfants. Vous êtes instamment prié de vouloir, citoyen préfet, me fixer sur ces trois objets. C’est un moyen sûr pour ranimer mon zèle pour tout ce qui peut tendre au bien public. J’ay l’honneur de vous saluer. »

Le 1er lycée public officiellement créé par le premier consul Bonaparte fut celui de Bordeaux par l’arrêté du 24 vendémiaire an XI (16/10/1802), d’autres ouvriront dans les jours et mois qui suivent. Sont admis au lycée public:

  • les élèves que le gouvernement place, choisis parmi les fils de militaires ou de fonctionnaires qui auront bien servi la république,

  • les élèves des écoles secondaires qui sont admis par un concours,

  • les élèves que les parents veulent mettre en pension,

  • les élèves externes.

Pierre Caussade souhaitait sans doute que ses enfants appartiennent à la 1ère catégorie et deviennent ainsi boursiers et pensionnaires. Nous ne savons si sa demande fut couronnée de succès.

Pierre Caussade a été également officier municipal de la commune de Blanquefort en 1795.

Texte rédigé par Martine Le Barazer, extrait de la correspondance an 11 – an 12 de la municipalité de Blanquefort.

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