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1918-1919, l’aérodrome de Blanquefort.

Les archives municipales de la commune de Blanquefort possèdent un dossier important concernant la réquisition de terres autour du château Fleurennes (aujourd’hui détruit et devenu le siège social de l’entreprise Bardinet dans la zone industrielle créée à partir des années 1970.)

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Chaque chemise de ce dossier contient un état de prise de possession, la plupart les 29 septembre et 1er octobre 1918, ainsi qu’un état des lieux, un PV de remise, une indemnisation le 12 novembre 1919, et en général une durée de réquisition autour de 13 mois et 14 jours.

C’est le chef de Bataillon Osterman, du 18° corps d’armée, Génie, Chefferie de Bordeaux, 7 rue de Cursol, qui signifie par lettre du 28 septembre 1918 à M. le maire de Blanquefort, Gironde 7 ordres de réquisition concernant des terrains de la commune, qui sont réquisitionnés pour les besoins de l’armée française, et c’est le même officier qui, le 29 octobre 1919 demande au maire de la commune de procéder à la date du 10 novembre 1919 à la mainlevée de la plupart des réquisition des terrains le 28 septembre 1918 et qui forment l’aérodrome de Blanquefort.

- Les propriétaires concernés sont : Camille Bardeau : parcelles 948 et 949 - Mme Veuve Caussade : parcelle 947 - Bernard Lançon propriétaire, Pierre Elies, locataire : parcelles 923, 924P, 925, 926, 927, 928, 945, 946 - Conrad Jameson : parcelles 901 à 908 - Jean Maurey : parcelle 946. - Florent de Montbel et Mme Tastet-Girard : 929P et 930P, superficie de 27 ha 65 a 31.

Société Commerciale des Stocks de l’Aviation : toutefois, le même chef de Bataillon ne lève la réquisition de deux parcelles appartenant à Mme Tastet-Girard que le 24 mai 1921. Sur ces parcelles se trouvent édifiés des hangars Bessonneau appartenant au service de l’aviation. Il sera procédé à l’état des lieux à la remise.

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Mais d’autre part et « conformément aux indications qui me sont données par le Ministre, la Société Commerciale des Stocks de l’Aviation prendra à sa charge la location du terrain à partir du 24 avril 1921. Dans la prairie constituant ce restant de parcelles se trouvent encore 4 hangars Bessonneau de 28 m sur 20 m chacun dont le sol est en terre battue. Une entente aura lieu entre le représentant de cette société et vous-même au sujet des conditions dans lesquelles cette location sera continuée. J’ajoute que momentanément je ne puis vous fournir d’autres indications sur la Société Commerciale dont j’ignore notamment l’adresse du siège social. Veuillez agréer… » Signé : Osterman.

Nous ignorons la fin de la prolongation de cette location Service des marchés d’aviation : Hubert Bonin, professeur émérite et chercheur en histoire économique à Sciences Po Bordeaux et au GRETHA - Université de Bordeaux, a étudié la place du département de la Gironde dans le développement du système aéronautique en France pendant les cinq années de guerre 1914-1919, les balbutiements et la montée en puissance de la production d’avions, mais aussi l’arrêt presque total durant l’année 1919. L’aviation militaire s’est développée et structurée pendant la Grande Guerre, s’imposant progressivement comme un acteur majeur qui a provoqué l’essor de notre industrie aéronautique. À la fin de la guerre, l’aviation et l’industrie aéronautique de la France dépassaient celles des autres nations. L’Aquitaine a pris part activement à ce chapitre de notre histoire. Si l’aventure de l’aviation passionnait nombre de Girondins à la Belle Epoque, l’industrie était alors surtout parisienne. Or la guerre suscite un mouvement de déconcentration important ; des entreprises installent dans la région des usines aptes à faire face à la montée des commandes. Les sous-traitants se multiplient car l’industrie locale dispose de solides capacités de production et d’innovation dans les domaines de la mécanique et du travail du bois. Mais quand les commandes cessent brutalement, cette armature s’effondre d’un bloc. Un temps de latence s’impose, que suspend la reprise des investissements publics au tournant des années 1930, véritable décollage de l’industrie aéronautique girondine.

Deux articles illustrent ces observations, l’un intitulé « La machine de guerre aéronautique en 1914-1919 » et l’autre « Bordeaux, nouveau pôle de l’aéronautique en 1914-1919 », dans lequel M. Bonin suggère que les avions fabriqués en Gironde, une fois terminés étaient transportés à Blanquefort ou Mérignac-Teynac pour être livrés aux Américains. « On apprend en effet que Bordeaux-Aviation loue deux hangars, le 9 janvier 1919, au centre de l’aérodrome de Blanquefort dépendant du Service des marchés d’aviation, qui a succédé au Service des fabrications aériennes. »

Pour en savoir plus sur un terrain d’aviation à Blanquefort durant la Première Guerre mondiale, cliquez ICI.

Pour en savoir plus sur les 7 réquisitions, le 28 septembre 1918, cliquez ICI.

Sur le dossier des ordres de réquisitions, cliquez ICI.

C’est tout ce que les différentes archives nous apprennent aujourd’hui sur le terrain d’aviation de Blanquefort, pourtant demeuré longtemps présent, mais de façon confuse, dans la mémoire des Blanquefortais.

Henri Bret.

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