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L'école du bourg en 1946...

L’école du bourg a été reconstruite dans les années 1950 ; on annonce sa reconstruction, je vais donc connaître une troisième structure… Au cours de l’année scolaire 1946-1947, j'habitais loin de l'école, mais ce fut l'âge d'aller s'inscrire. J'avais 4 ans et demi. Peu de circulation sur les routes et chemins ! Très tôt, j'ai eu un petit vélo, une occasion, il avait déjà été utilisé par 3 enfants. Il était souvent « crevé » ; alors, le laitier M. Biret me portait dans son camion jusqu'au croisement du chemin qui est devenu la rue de la gare et rue Jean Moulin sur la route de Parempuyre : presque la moitié du trajet ! La rue Amédée Tastet n'était également qu'un chemin, bordé de maisons et jardins : les Eyquem et deux familles Rondeau. En face, un long mur et, côté du parc de la mairie de l'époque (Carpinet), la maison à étage de la directrice de l'unique école. La mairie avait sa façade côté parc avec le monument aux Morts ; le logement du garde-champêtre Joseph Labat se trouvait en face de l'école et, lors de la sortie des classes, son épouse « surveillait », balai en paille de riz à la main, pour protéger son massif de fleurs si nous passions trop près des bordures ! Mais cela, c'était plus tard, dans les années 50.

Je reviens à mes débuts d'écolière.

ecole

Rang du haut : Raymond Berniard - Badetz - Christiane Daurat - Michèle Broustet - Simone Bret - Jacques Touroute - ? - Michèle Larralde ? - Louis - Pardon

Rang du milieu : Bernard Pujol – Yolande Abbeville - Benais - ? - Bernard Jean - ? - Jean Courbin - Denise Seguy - Annie Dulou – Jacqueline Pont

Rang du bas : ? - Imbert - André Bret - ? – Jacqueline Daurat – Philippe Rouillard - ? – Sylviane Perella – Labonne – Jacqueline Ruffast – Lamboley.

Le mur des bâtiments s'arrêtait au niveau de l'entrée actuelle des livraisons du restaurant scolaire. Là, un mur, plutôt haut, avec un portail étroit en fer. Donc, en franchissant ce portail, nous voilà dans la cour : à gauche, un robinet très apprécié en été lors de jeux mouvementés (des rondes, des « tresses », etc.) À droite, les classes au nombre de 4, je crois, et le logement à étage avec son jardin clôturé à la limite de la dernière classe, celle du « Certificat d'Études ». Les petits étaient près du petit portail et dans la cour, nous n'allions pas vers l'espace des plus grands... Sur la gauche, toujours côté est, un long bâtiment : la « cantine » avec 2 ou 3 marches et, dans le prolongement, les WC à la turque. Ces 2 constructions servaient de séparation avec la cour des garçons. Les leurs se trouvaient peut-être adossés à ceux des filles sous les grands arbres. De nombreux souvenirs dans ce fond de cour ; je me revois les jours de rentrée (le 1er octobre) foulant l'épaisse couche de feuilles sur le sol. Cette « cantine » était le domaine de Mme Esclamadon.

Quand les enfants sont allés à l'école un peu plus jeunes, une petite dame, Mme Corrnu, est venue aider Mme Chevrier. Ma première maîtresse s'appelait Mlle Alice, sœur de Mlle Renée Taudin, la directrice. Puis, Mesdames Rondeau, Michon, Gaudard et Mme Martineau, la directrice en 1950 ou 52. Je suis restée 4 ans avec elle, car pas de possibilités de transports pour aller « en sixième » au Bouscat. Je n'ai jamais eu Mlle Taris qui occupait la classe ajoutée lors des travaux de la première reconstruction (dans les années 1950).

bourg

Je passais la journée à l’école, car, le soir, avait lieu « l’étude » consacrée à faire les devoirs. Le jeudi, c’était le jour « repos ».

En prolongement de la cantine, côté est, une construction où personne ne circulait (c’est actuellement une classe), la morgue, ancienne classe de Mme Prévôt, pour les garçons, et, de là, l’alignement des classes, et le logement du directeur se trouvant en face de celui de la directrice, séparés par la mairie.

Un jour, tout le monde parlait d’un mort, qui ne l’était pas, et a vécu de nombreuses années, il s’agissait de M. Simpé, transporté là, suite à un accident de mobylette !

Après les travaux, cette classe a fait partie des filles puisque Mme Chevrier surveillait l’interclasse après le repas de midi. Une longue passerelle couverte rejoignait l’école des garçons, à l’emplacement de l’ancien mur. Je n’ai aucun souvenir du bâtiment ancien «  École des garçons ». Tout était bien séparé à l’époque. L’hiver, un cheval et sa charrette entrait dans la cour par le portail près du logement à étage ; M. Guilhem, de Maurian, apportait la provision de bois pour les poêles alimentés par les élèves de service. Les classes aux parquets en bois étaient balayées le soir par Mme Esclamadon, qui, avec un très long entonnoir, passait entre les rangées de bureaux, afin d’arroser : ainsi, un peu moins de poussière s’envolait !?

À la veille des vacances, nous apportions cire et chiffons pour lustrer nos pupitres bien alignés. Parfois, le directeur, M. Fournier, et la directrice échangeaient des courriers ; si M. Fournier envoyait porter une missive, le garçon entrait rouge jusqu’aux oreilles dans la classe des filles… Et le même phénomène se produisait dans l’autre sens, avec la fille qui apportait la lettre-réponse !

Le soir, avant l’étude, on allait poster le courrier de la directrice à la Poste (PTT postes Télégraphe Téléphone), rue de la République ; parfois, on s’arrêtait chez Dufour acheter une « bille » de chocolat pour notre pain du goûter. Jacqueline Pont avait la responsabilité des lettres.

Pendant la durée des travaux dans l’école, nous ne pouvions plus entrer dans la cour avec nos vélos, alors les voisins Rondeau permettaient de les ranger dans leur hangar. L’entrée à l’école se faisait par le couloir dont la porte était située à l’emplacement des planches, ajoutées plus tard : entrée actuelle du « Pôle Danse Musique ». Ce large couloir, il n’en reste plus que quelques mètres ; il longeait toutes les classes et aboutissait sous le préau où nous pendions nos vélos contre le mur de la classe de Mlle Taris. L’élève de service de la classe du certificat était chargée de « siffler » les heures de sortie et ouvrir la porte du couloir en la fixant au sol en appuyant sur une tige qui la maintenait. Cette même élève était aussi occupée à remplir les encriers pour les porte-plume ; le calcul mental s’écrivait à la craie sur les ardoises munies d’un petit chiffon fixée par un trou sur le côté ; certaines avaient une petite éponge ronde dans sa boîte. Au cours de l’année scolaire 1955-1956, chaque élève a tricoté un carré de 20 cm de côté afin de confectionner des couvertures pour les pauvres dont s’occupait l’abbé Pierre. A l’époque, nous apprenions le tricot et la couture, avec les principaux points de broderie. Tous les jours, nous avions une dictée ; les conjugaisons n’avaient aucun secret pour nous ! Quant aux trains qui se croisaient et bassins qui fuyaient, nous en étions entourés également. Notre lecture était fluide, notre capacité à tout retenir forte ; mais surtout, nous avions l’impression d’être au même niveau. Je pense qu’aller à l’école était la seule distraction des enfants.

La classe des grands allait au sport au stade, pré non clôturé à l’époque à Fongravey ; c’est là que se tirait le feu d’artifice du 14 juillet.

En écrivant ces lignes, de nombreux souvenirs s’éveillent… Des bons, comme les vacances de Noël : on nous disait d’apporter un bol et une petite cuillère, on nous offrait du chocolat au lait. M. le maire, Jean Duvert, entrait dans toutes les salles ; on nous donnait une orange, peut-être aussi des bonbons… En 1948, un matin, on nous avait annoncé que Simone Bret ne serait plus parmi nous car elle était morte dans la nuit. Quand on a six ans, on ne comprend pas bien cela ; pourquoi était-elle dans un cercueil blanc, sur une charrette-corbillard blanche tirée par un cheval blanc, avec des cordons blancs à tenir à l’arrière, je fus désignée pour en tenir un. Six ans plus tard, ce fut Jacques Touroute, qui est également sur la photo de classe, le fils de la secrétaire de mairie Mme Touroute, qui a quitté ses camarades de l’école de garçons.

Ainsi se sont écoulées mes jeunes années en attendant d’entrer en cinquième au collège du Bouscat, après avoir étudié l’anglais de 6ème en juillet 1956 avec la fille de Mme Martineau et en août avec la fille de M. Fournier, le matin : l’après-midi, je révisais en gardant les vaches de Jean et Hélène Martin, de la ferme de Saumos près du PN 14, dans le pré non clôturé (actuellement l’ex-usine pharmaceutique Labso).

J’espère être présente lors de l’inauguration de la reconstruction de l’école du bourg.

Texte et photographie de Yolande Schoenmakers, 9 octobre 2015.

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