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Les hôpitaux militaires de Blanquefort en 1914-1918.

Dès le début de la guerre, les blessés sont évacués sur les hôpitaux auxiliaires et temporaires ouverts en toute hâte dans toute la France pour pallier l'insuffisance des structures d'accueil des hôpitaux militaires existants comme l'hôpital du Bequet pour notre région.

Blanquefort accueillera deux établissements de ce type : l'hôpital russe pour les blessés militaires français, placé sous l'auguste patronage de S.M. l'impératrice Marie Fédorowna de Russie, et l'hôpital auxiliaire n° 12.

- L’hôpital russe du château Dulamon: l’hôpital Dulamon, hôpital auxiliaire n° 115, était un établissement relativement important puisqu'il comptait 70 lits ; créé dès le début de la guerre, il dut fermer vraisemblablement au début de l'année 1917 au moment de la Révolution de Russie. L’hebdomadaire « l'Illustration » indique : « Notre grande alliée russe, quoique surprise comme nous par la soudaineté de l'agression allemande, fut des premières à se prodiguer magnifiquement au chevet de nos blessés.

En quinze jours, le château Dulamon, près Blanquefort, obligeamment mis par son propriétaire à la disposition de M. l'ambassadeur Iswolsky, était transformé en hôpital et, le 27 septembre 1914, recevait ses 70 premiers blessés. Le 31 décembre, cette formation rentrait à Paris avec le gouvernement, s'installait, avec l'aide de Mme Poliakof à l'hôtel Carlton et, pendant les trois premiers mois, au cours même de son improvisation, enregistrait 7 400 journées d'hospitalisation ».

hop.2 Messe à Dulamon.

De son coté, la Petite Gironde relate la visite du président de la République à Blanquefort en octobre 1914. « Bordeaux, 14 octobre. M. Poincaré, président de la République, accompagné du ministre de la guerre et du général Duparge, est allé visiter, cet après-midi, l'hôpital installé dans la banlieue de Bordeaux à Blanquefort, par l'ambassade de Russie et Mme Iswolsky. MM. Poincaré et Millerand ont été reçus à leur arrivée, par SE. l'ambassadeur de Russie, accompagné de Mme Iswolsky et des administrateurs, chirurgiens et médecins russes attachés à cet établissement. Cette formation sanitaire, qui comprend plus d'une centaine de lits, est installée, suivant toutes les règles de l'hygiène moderne, au milieu d'un vaste parc ombragé et fleuri. Le président de la République et le ministre ont admiré ce bel établissement, et après avoir visité les blessés, ont exprimé à SE. l'ambassadeur de Russie et à Mme Iswolsky leurs félicitations et leur gratitude.»

Le livre d’or de Blanquefort, hommage aux morts pour la France, Publications du G.A.H.BLE, 2005, p 113-114.

Une autre présentation de l'hôpital de Dulamon installé à Dulamon, appelé parfois hôpital russe, décrit ainsi par Dominique Jay : «  Pendant la guerre de 1914-1918, un hôpital militaire franco-russe s'y installe, patronné par la tsarine Alexandra (épouse de Nicolas II). Le professeur Voronoff y pratique pour la première fois la greffe osseuse qui évite l'amputation à bien des blessés. Le château logeait de 80 à 90 grands blessés. La propriété est vendue en février 1920 à M. Jean-Marie Joseph Louit,chocolatier, pour 480 000 francs, dont l'épouse née Charlotte Marie de Montaigut, est très fière de l'achat. Mais M. Louit n'a pas les moyens d'entretenir une telle propriété : le parc est à l'abandon, le lac s'ensable. Une turbine fabriquant du courant électrique est quand même installée pour moderniser le château. Un long procès opposa M. Louit aux maraîchers voisins privés d'eau à cause d'un fossé non curé dans les années 30.»

Dominique Jay, historique du château Dulamon, Editions du G.A.HBLE, 1994, p.22.

On trouve aux archives municipales (boîte 6-1939-1945) cette note sur le château Dulamon : « Pendant la guerre 1914.18, le château, propriété de la famille Louit, a été occupé par un hôpital militaire de 100 lits, plus les infirmiers et les habitants au nombre de 10 personnes ».

- L'hôpital auxiliaire n° 12 : l’ancienne école libre Saint Michel, rachetée en 1907 par Mme Tastet-Girard après la séparation de l'Eglise et de l'Etat, servit d'hôpital militaire auxiliaire au moins à partir de 1916. Il comptait une vingtaine de lits, le mobilier provenant des dons de familles de Blanquefort et de communes voisines.

st.michel1

Le personnel bénévole comptait notamment Mme Gautier Lacaze, Mlle Amélie Martin, Mme Poissant et Mme Henri Cruze du Taillan à qui le conseil Municipal rendit hommage en 1919 pour leur dévouement (délibération n° 698). Les médecins étaient vraisemblablement ceux, non mobilisés, exerçant à Blanquefort et dans le canton. Compte tenu de l'éloignement du front, les blessés étaient parfois acheminés par voie aérienne jusqu'à Blanquefort où un terrain militaire d'aviation avait été ouvert à Fleurennes, propriété d'Amédée Tastet (actuellement établissements Bardinet dans la zone industrielle). De là, c'était au moyen de charrettes que les blessés étaient transportés à Saint Michel. Une décision ministérielle de janvier 1919 mit un terme au fonctionnement de l'hôpital et une partie du mobilier et des objets qui s'y trouvaient fut donnée à l'hospice cantonal ouvert dans l'établissement. Deux ans plus tard, en 1921, l'autorité militaire levait la réquisition frappant les parcelles de Fleurennes qui retrouvèrent leur destination agricole.

Le livre d’or de Blanquefort, hommage aux morts pour la France, Publications du G.A.H.BLE, 2005, p 115-116.

Ce texte figure dans l'article général sur Saint-Michel. Pour le lire, cliquez ICI.

hop.3

De gauche à droite : Mlle Martin, Mme Gautier Lacaze, Lucia. Carte postale datée de novembre 1914. .

La Première Guerre mondiale allait en effet priver Madame Tastet de voir se réaliser, de son vivant, l'œuvre qu'elle avait projetée. Afin de faire face aux besoins immédiats de la guerre, la Maison fut transformée en « hôpital temporaire », géré par la Croix-Rouge avec 125 lits, puis, en 1919 et 1920, la Maison fut affectée à une section de l'École des Mutilés de Bordeaux. « Pendant la durée de la guerre 14-18, la maison fonctionna comme hôpital suburbain, on y a soigné de nombreux blessés avec le concours bénévole de dames dévouées de notre commune ». N'ayant pas été entretenus pendant six années, les locaux exigeaient de grosses réparations auxquelles la commune ne pouvait faire face. Divers projets de cession à un autre organisme furent alors élaborés, notamment au département de la Gironde ou à la ville de Bordeaux. Il fut même envisagé, en 1923, que les Petits Frères de Marie redeviennent propriétaires. La Croix-Rouge fut aussi sollicitée en 1925, mais aucun projet ne put aboutir et Mme Tastet s'éteignit le 24 septembre 1926, à l'âge de 81 ans.

hop.4

Aujourd’hui, les hôpitaux militaires à Blanquefort sont recensés sur des sites  étudiant la Première Guerre mondiale, dont celui de Hopitaux militaire 18ème RM  où nous trouvons les précisions suivantes :

HA n° 40  Blanquefort - Hôpital russe - SSBM - Fonctionne du 20 septembre 1914 au 31 décembre 1914.

HA n° 12  Blanquefort - Local municipal - 115 lits - SSBM - Fonctionne du 20 août 1914 au 1er janvier 1916, « Blanquefort – Hôpital 12 dans l’ancien collège (hôpital cantonal, Gironde. Ouvert du 15 août 1914 au 16 janvier 1919 – 40 à 115 lits ».

D’autres renseignements concernant ces hôpitaux apparaissent dans les textes au dos de cartes postales;  [orthographe respectée] :

Par exemple :  carte de 1916… « Je viens d'apprendre que chez M. Louit on va faire venir des blessés, il y en a depuis quelques jours déjà aux Frères… ».

Lettre de Marcel Béreau adressée à Joseph Bret, son beau-frère. [M. Louit était le propriétaire du château Dulamon et les Frères tenaient la maison Saint-Michel.]

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carte postale du château Gilamon.

carte du château Fleurenne (sans date) confirme la présence à Blanquefort d’un hôpital auxiliaire : « Hôpital auxilhère (sic) n°12, sale (sic) 3 à Blanquefort, Gironde. Chère sœur. Je t’envoie cette carte de l’hôpital où je suis en traitement depuis ce matin pour te donner d’aussi bonnes nouvelles et envoyer mes meilleurs souvenirs. Ton frère qui pense à toi. Adrien ».

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Plus mystérieuse cette carte…

carte postale du château du Béchon de Blanquefort ; au premier plan devant le château, un groupe de 25 personnes dont beaucoup de jeunes filles. Blanquefort le 31 mai 1916. Rajouté sur le côté : cette carte représente une colonie de midinettes que nous avions ici en 1914-1915. Cher monsieur André. J’ai été bien content de recevoir votre lettre du 21 qui m’est parvenue le 24 et d’apprendre qu’en attendant une réponse à votre demande, vous êtes occupé à instruire les engagés et les hommes des vieilles classes. Je comprends que cela soit plus difficultueux avec ceux-ci qu’avec les jeunes ; ça, c’est comme pour apprendre à aller à bicyclette : les jeunes roulent tout de suite, tandis que les vieux ont peine à réussir. En ce qui concerne votre demande, comme elle n’est pas revenue, je suppose qu’elle est toujours à l’examen et qu’il y a par conséquent chance qu’elle aboutisse selon vos désirs. Je ne puis que vous féliciter encore de votre beau courage et de faire des vœux pour votre succès. En attendant, je vous souhaite bonne santé et je vous serre bien cordialement la main. JHX. [Au verso d’une photo : Marcel Jay, caporal secrétaire à l’Etat-major de la 10ème division d’Infanterie. Caserne de Reuilly. Paris 1913-1914].

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Ou ce texte : « Blanquefort le 1er mai 1918. Bien cher oncle et tante. Ayant appris par mon père que vous étiez de retour, j’aurai du vous écrire de suite, mais je n’en ai pas eu le temps, car j’avais mes examens à passer et il m’a fallu revoir tout ce que j’avais appris depuis 2 mois. Je m’en suis très bien sorti, j’ai répondu facilement à toutes les questions et si je ne connais pas mes notes, je sais qu’elles sont bonnes. Je suis maintenant à la compagnie de départ à Blanquefort mais je partirai peut-être pas avant un mois car tous ceux qui sont mécanos sur avions de bombardement ne partent pas très vite. Ici, c’est la barbe, nous sommes logés dans la remise d’un château et pas trop bien nourris, mais le plus moche, c’est qu’on nous a tous coupés les cheveux ras et qu’on nous fait faire l’exercice toute la journée comme de simples bleus.

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Aussi, je fais tout ce que je peux pour y échapper, car cela ne me convient guère. Le pays n’est pas trop mal, c’est la campagne, des vignes à perte de vue et de beaux châteaux qui pour la plupart appartiennent à de gros industriels ou commerçants de Bordeaux qui est à 10 km. Enfin, je ne m’en fais pas trop car je suis bien philosophe, mais il y en aurait la place car je n’ai pas de perm avant 3 ou 4 semaines au moins. Je ne vais pas trop mal et souhaite que ma carte vous trouve en parfaite santé ainsi que la tante de Maucourt à qui vous ferez part de ma carte. Je vous embrasse. M Thellevoux. 3° groupe d’aviation, 3° Cie, 30° escouade, Blanquefort, Gironde (en marge : vous me donnerez des nouvelles de Gilbert. Mes amitiés à M. et Mme Ducseau.) »

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cartes postales transmises par Marie-Françoise Jay.

Article d’Henri Bret.

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