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Les réquisitions au château Saint Ahon.

La gendarmerie de Blanquefort a dressé des procès-verbaux durant la Seconde Guerre mondiale ; voici le seul PV qui concerne le château saint Ahon, que nous avons trouvé dans la très nombreuse documentation des Archives nationales de la Gendarmerie, exploitée à 90 % environ ; mais il est possible qu’il y ait autre chose.

Saint-Ahon : PV 1161 du 17 novembre 1944. Renseignements judiciaires sur la nationalité et l’adresse de Stehmeyer et Bischoff. Déclaration de Madeleine Chabrol, épouse Labadie, 67 ans, sans profession, demeurant au Haras de Saint-Ahon à Cachac : « Au début de l’année 1944, j’ai eu quatre pièces de ma maison d’habitation, réquisitionnées pour les mettre à la disposition de l’organisation Todt au service des bureaux de la firme Stehmeyer et Bischoff. Ce personnel de bureau est parti quelques semaines avant la libération. Depuis, je n’ai plus rien su au sujet de la firme ». Les gendarmes cherchent des renseignements sur ces hommes, savent que c’était une firme allemande de transports, qu’avant la libération elle avait embarqué tout son matériel par voie ferrée à destination de l’Allemagne. « D’après certains bruits de la rumeur publique, ce matériel n’aurait pu arriver à destination, mais aucune confirmation à ce sujet n’a pu être recueillie… »

Voici d’autres documents tirés des archives municipales de Blanquefort (B6).

Il s’agit d’ordres de réquisitions :

- Dupuy Mme Veuve, Château Saint Ahon : 100 fagots de chêne réquisitionnés par les troupes françaises ainsi que 300 bottes de foin le 1 septembre 1939 (850 F), ainsi que le cantonnement de 170 hommes du 196° RAC du 2 septembre au 14 septembre 1939. Remboursement de dégâts pour un devis de 300 F. Signé Intendance FPM État français et mairie de Blanquefort le 26 février 1942.

- Labadie René, éleveur à Saint Ahon Haras de Saint Ahon Caychac : 1° : dans la maison d’habitation 2 chambres pour 2 s/off avec eau courante, chauffage central, électricité, 2° : puis 1 jumenterie, bâtiment de pierre de 40 m de long sur 8 de large aménagé en 14 boxes, 3° : 1 écurie en pierres de 36 m², dans ces 2 écuries 25 à 30 chevaux et la journée dans les pacages ci après, 4°: 1 prairie de 3 ha en rapport, réquisitionnée pour les chevaux des troupes d’occupation et située sur la route de Maurian et la ligne du chemin de fer, 5° : 1 prairie de 6 ha en rapport également même usage située à proximité de la 1°, du 18 juillet 1942 au 21 octobre 1942. Une autre prairie de 1 ha, 5 à dater du 11 août 1942.

Réquisition d’un terrain de 4 440 m² pour l’installation d’une ligne de chemin de fer traversant la propriété soit une ligne de 640 de long et 6 m de large : 3 840 m² et un embranchement de 150 m de long sur 4 m de large, 600 m² (sans date) confirmée par la mairie le 18 avril 1944 où la voie ferrée est encore en exploitation, puis 2 pièces vidées de leurs meubles pour 2 chefs d’exploitation de la firme Stehmeyer et Bischoff du 15 mai 1943 au 30 avril 1944.

Dans une lettre du 24 septembre 1943 au maire de Blanquefort, M. Labadie signale que « l’autorité allemande a disposé d’un espace de terrain traversant entièrement ma propriété est-ouest, coupant ainsi toutes mes prairies d’élevage sur une longueur de 900 m environ et d’une largeur avec un embranchement augmentant ainsi la superficie occupée. Cette occupation s’est effectuée au moment de la fenaison. À qui je dois m’adresser… ? ». Dans une autre lettre au maire, du 12 avril 1944, M. Labadie fournit le relevé exact des surfaces occupées depuis avril 1943 ; ce sont les mêmes chiffres que plus haut, mais il intitule la ligne de chemin de fer : Decauville, et que l’embranchement relie la ligne à la sablière de M. Cassagnet. Il se permet de « signaler que ces divers travaux ont nécessité des ruptures de mes clôtures qui m’obligeront à des frais onéreux pour les rétablir, de même que des nivellements de terrain seront également nécessaires pour l’exploitation de mes terres… » La firme confirme l’exactitude des renseignements fournis le 15 avril 1944. Signé : Stehmeyer et Bischoff.

Texte extrait du livre, « Années sombres à Blanquefort et ses environs 1939-1945 », Catherine Bret-Lépine et Henri Bret Publications du G.A.H.BLE, 2009.

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